• La Tribune > 
  • Arts 
  • > Luc De Larochellière : par la bouche de ses chansons 

Luc De Larochellière : par la bouche de ses chansons

Luc De Larochellière... (La Presse, François Roy)

Agrandir

Luc De Larochellière

La Presse, François Roy

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
<p>Steve Bergeron</p>
Steve Bergeron
La Tribune

(Sherbrooke) Voilà bientôt 30 ans que Luc de Larochellière nous a habitués à ses regards tournés vers l'extérieur. En cette époque où la tendance est plutôt à se zieuter le nombril, l'artiste a persisté à chanter l'exploitation des peuples du Sud (Amère America), les abus de la religion (Sauvez mon âme), les dures conditions de vie des immigrants (La route est longue), le désarroi de la génération X (Ma génération)... D'un point de vue bien intime et intérieur, se défend-il. Et avec quand même quelques chansons d'amour à travers tout ça.

Puis est arrivé Un Toi dans ma tête (2009), album de rupture amoureuse qui lui a valu un Félix d'auteur-compositeur et révélant un Luc jamais entendu auparavant. Trois ans plus tard, la pluie fait place aux arcs-en-ciel avec C'est d'l'amour ou c'est comme (2012), réalisé en tandem avec sa nouvelle amoureuse Andrea Lindsay.

« C'était une période où le sentiment amoureux était au centre de ma vie », constate simplement celui qui vient de faire paraître Autre monde, son huitième album de chansons originales en solo.

« Je dirais même que j'ai été chanceux d'explorer ainsi la peine et le renouveau amoureux sur deux albums successifs. Mais quand je commence à écrire de nouvelles chansons, je ne sais jamais d'avance ce que je vais dire. Je note des bouts de phrases, et à un moment donné, il y a un fil qui émerge. Même qu'à l'époque où sont apparus les premiers textes d'Un Toi dans ma tête, c'était la dernière chose dont j'avais alors envie d'entendre parler. »

Tout ça pour expliquer que, si Luc de Larochellière retourne aujourd'hui à des chanson davantage orientées vers les autres, c'est surtout le fruit du hasard plutôt qu'un désir volontaire d'interrompre un cycle. Dans ses nouveaux textes, l'artiste vient nous parler des réfugiés (Naître personne), de l'obsession des Américains pour les armes à feu (Suicide américain), des univers virtuels qui occupent désormais une grande partie de nos vies (Autre monde). Mais les crocs et les sarcasmes ont pris congé. L'auteur-compositeur-interprète porte un regard plus philosophique et plus lumineux sur l'humain.

Haine empoisonnée

« Plus tendre, même, je dirais. Je trouvais qu'il y avait déjà assez de cynisme ambiant comme ça. En ce moment, le discours haineux semble avoir la cote : sur les réseaux sociaux, dans les radios populistes, aux élections américaines, en Irak et en Syrie, aux Philippines où le président tient un discours qui incite au meurtre... C'est comme un poison : il y a un effet de contagion qui finit par diviser les gens et conduit au repli sur soi. J'ai donc eu envie de parler d'autre chose. »

La première chanson à naître, celle qui a donné l'élan, s'intitule Voyageurs et ouvre le disque. Luc de Larochellière a récupéré une de ses chansons inédites du début des années 2000 et n'en a gardé que l'ouverture et le refrain. Il en a fait une pièce où il présente carrément sa vision du sens de la vie.

« C'est une chanson sur l'ouverture au monde. Pour moi, la vie, c'est ça : un voyage. »

Faut-il passer par-dessus une certaine pudeur pour dévoiler ainsi ses croyances intimes?

« Oui, mais il y a peut-être un aspect d'héritage là-dedans, car j'ai dédié l'album à mes deux enfants : ma fille Claudel, qui a maintenant 21 ans, et mon fils Louis, qui vient d'avoir trois mois. C'est un disque qui dit où je suis rendu, aujourd'hui, à 50 ans. »

Désormais sage, le Luc?

« Si la sagesse veut dire moins angoissé, oui. Mais même si je fais ça depuis 30 ans, je sais que ça peut finir demain, surtout que le métier est plutôt en péril pour l'instant. J'aurais beau être le meilleur, ça ne vaut plus grand-chose si plus personne n'est intéressé de payer pour ce que je fais. Je ne tiens donc rien pour acquis, mais mon expérience a quelque chose d'apaisant. »

Quitter son mentor

Pour la toute première fois de sa vie, Luc de Larochellière a travaillé un de ses albums avec un réalisateur autre que Marc Pérusse. Autant la durée d'une telle collaboration suscite l'admiration, autant sa fin, après plus de 25 ans, étonne.

« Marc Pérusse, c'est mon mentor, mon ami, mon frère. Nous avons grandi ensemble dans ce métier-là. Je suis le seul qui lui a été fidèle aussi longtemps. C'est d'ailleurs parce que les deux derniers albums que j'ai faits avec lui sont probablement mes meilleurs que j'ai décidé de changer, Où pouvions-nous aller ensemble après ça? Nous avons discuté, il a très bien compris. »

Le choix de Luc de Larochellière s'est arrêté sur Philippe Brault. « Il avait cette réputation de savoir s'adapter parfaitement aux artistes avec qui il travaille. Je suis allé enregistrer deux chansons dans son studio, seulement en guitare-voix, en lui disant de les habiller selon son intuition. Le résultat m'a plu tout de suite. Philippe est aussi allé chercher Guido Del Fabbro pour les arrangements orchestraux. »

Musicalement, Autre monde est la suite logique d'Un Toi dans ma tête : l'orchestration y est encore plus poussée, avec la présence accentuée d'un quatuor à cordes, d'une flûte et d'un hautbois, dont Luc adore l'élégance.

« J'ai toujours aimé le rock orchestral, que ce soit celui des Beatles ou de Simon & Garfunkel. Je réalise un peu un fantasme en ramenant ces couleurs-là. »

Vous voulez y aller ?

Luc de Larochellière

Samedi 28 janvier 2017, 20 h

Centre d'art de Richmond

Entrée : 35 $

jeudi 2 novembre 2017, 20 h

Salle Maurice-O'Bready

Entrée : 45 $

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer