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ZAP 21 : un siècle jeune... mais avec du vécu

Avec leurs collègues Brigitte Poupart, Nadine Vincent, François... (Spectre Média, Jessica Garneau)

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Avec leurs collègues Brigitte Poupart, Nadine Vincent, François Patenaude et Vincent Bolduc, les Zapartistes Christian Vanasse et Jean-François Nadeau ont préparé une revue des 15 premières années du XXIe siècle, lequel leur a donné ample matière à critique et à humour.

Spectre Média, Jessica Garneau

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Denis Dufresne
La Tribune

(Sherbrooke) Les Zapartistes nous ont habitués, depuis plusieurs années, à leurs revues de l'année décapantes, où tous (ou presque) en prenaient pour leur rhume, dans une forme de thérapie collective. Ils proposent cette fois-ci une revue du XXIe siècle inspirée des événements tragiques, comiques et exaltants des 15 dernières années et promettent de n'épargner personne : gauchistes, tenants de la droite, bien-pensants, grandes gueules, tristes sires ou personnages rassembleurs.

« Dans nos revues annuelles, on s'attardait plus aux conséquences qu'aux causes de certains problèmes. Là, on va remonter presque à la racine : on dit que le siècle est jeune, mais, en même temps, on ne se souvient de rien. On est l'antithèse de la devise du Québec », livre Jean-François Nadeau, membre de ce groupe d'auteurs et de comédiens indépendantistes et de gauche, tous dans la quarantaine,

« Il fallait rappeler les faits, mais sans dire plus sur ce qui s'était passé. Par exemple, comment se fait-il qu'on ne soit pas capable de se débarrasser des libéraux provinciaux? Charest est rentré en 2003 », demande pour sa part Nadine Vincent, qui participe aux textes mais qu'on ne voit pas sur scène. « Dans notre revue, on recule juste assez pour que les gens se souviennent encore de tout. On va essayer de faire des liens entre les événements pour ne pas avoir l'impression de toujours subir l'actualité, mais de la comprendre », ajoute-t-elle.

« Avec l'info en continu, on a de la difficulté à créer des liens et à aller plus loin. Notre travail, c'est de créer ces liens, lesquels sont souvent assez comiques. Par exemple, quand on remonte le fil des subventions à Bombardier... Wow! On se rend compte qu'on a contribué pas mal et que plus on investit dans l'aviation, plus les emplois s'envolent! » illustre Jean-François Nadeau.

La dérive sécuritaire, les années Harper au fédéral, la crise financière de 2008, le Printemps érable, la Commission Bouchard-Taylor et la Charte des valeurs, mais aussi la majorité silencieuse et les luttes sociales, notamment l'opposition aux gaz de schiste et à Énergie Est, font partie de leurs thèmes de prédilection. Le spectacle s'attarde surtout à la réalité québécoise et canadienne, mais aussi à des événements incontournables comme le 11 septembre 2001.

Gauche amochée

Composé également de François Patenaude, de Brigitte Poupart et de Vincent Bolduc, les Zapartistes avouent être un peu en réaction par rapport à la façon dont les idées de gauche et la souveraineté ont été malmenées depuis l'an 2000. « En 15 ans, la gauche s'est complexifiée et complexée, tandis que la droite s'est décomplexée. Pour l'indépendance, c'est la même chose : c'est devenu naïf, raciste et ringard. Nous-mêmes, nous avons besoin de faire le point : comment se fait-il qu'on s'inscrive tant en porte-à-faux avec les courants principaux? » s'interroge Christian Vanasse.

« Il y a des choses qui étaient plus générationnelles qui sont maintenant plus individuelles. Chez les jeunes, il y en a encore qui sont très indépendantistes, mais quand on voit les débats du Parti québécois, est-ce que ça donne l'envie de s'intéresser à l'indépendance? » demande Nadine Vincent.

À l'heure où l'engagement social se résume souvent à émettre une opinion sur Facebook ou à signer une pétition en ligne pour se donner bonne conscience, les Zapartistes opposent un espace de réflexion... dans le rire collectif.

« On se moque du pouvoir. On va aussi célébrer la prise de conscience et l'énorme mouvement citoyen des dernières années. Les gens n'ont plus envie de suivre les partis. Cause par cause, ils se lèvent », affirme Nadine Vincent. « Ce sont des choses qui ne font pas les manchettes, mais qui ont quand même marqué le siècle. Il faut célébrer ça », appuie Jean-François Nadeau.

« Le Québec est un des endroits au monde où il se crée le plus de coopératives. L'économie sociale, c'est plus lourd que Bombardier, les minières et les gazières. Ça coûte moins cher et ça fait travailler pas mal plus de gens. Il faut être fier de ça! On est là pour rire, mais aussi pour s'encourager et comprendre », lance Christian Vanasse.

Démissions personnelles

« Ce sera avant tout drôle, on ne rira pas toujours jaune... Il y aura des rires victorieux et des rires coupables... pour nos démissions personnelles », résume Nadine Vincent

Pour ce spectacle, les Zapartistes se sont entourés de musiciens. Il y aura même quelques chansons.

« Avoir de vrais musiciens avec de vrais instruments, qui vont être vraiment payés pour leurs prestations, c'est quand même politique en 2016! Dans un show d'humour, l'humoriste est seul sur scène avec une trame sonore, alors c'est quand même hors norme », signale Jean-François Nadeau.

Vous voulea y aller ?

ZAP 21 - La revue du XXIe siècle

Les Zapartistes

4 et 5 novembre, 20 h 30

Vieux Clocher de Magog

Entrée : 34 $

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