Répandre la morsure du théâtre

C'est avec fierté que Mario Trépanier, directeur artistique... (Spectre Média, René Marquis)

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C'est avec fierté que Mario Trépanier, directeur artistique du Centre culturel de l'Université de Sherbrooke, souligne la 20e saison des Mordus du théâtre cette année, une formule qu'il a contribué à mettre sur pied pour rendre le théâtre plus accessible aux jeunes.

Spectre Média, René Marquis

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<p>Steve Bergeron</p>
Steve Bergeron
La Tribune

(Sherbrooke) Vingt ans de « morsures », ça laisse des marques. Dans le cas de Mario Trépanier, directeur du Centre culturel de l'Université de Sherbrooke, ces marques sont des abonnés aux séries de théâtre, des jeunes qui lui parlent de leur coup de coeur théâtral, des acteurs et actrices qui ont hâte de venir jouer à Sherbrooke...

Ces 20 ans de morsures sont en fait la 20e année des Mordus du théâtre, une formule que Mario Trépanier a contribué à mettre sur pied il y a maintenant deux décennies, pour faciliter l'accès des 25 ans et moins à cette forme d'art et ainsi en renouveler le public. Aujourd'hui, force est d'admettre que c'est un succès.

« Pour plusieurs des dernières années, nous avons eu, annuellement, environ 1000 membres, qui ont vu en moyenne quatre spectacles chacun. C'est énorme quand on multiplie ça par 19 saisons! Là-dedans, il y en a qui n'assistent qu'à deux pièces par saison, mais il y en a d'autres qui vont en voir six, sept ou huit! »

La formule des Mordus du théâtre est simple. L'abonnement est de 30 $ par année et il donne deux entrées gratuites dans un corpus de pièces qui ne sont pas choisies au hasard.

« Nous voulons que les jeunes découvrent des formes théâtrales vers lesquelles ils ne seraient pas allés naturellement, dans l'espoir de leur donner la piqûre, de les surprendre, de les allumer, sans forcément être dans la cuisine de Michel Tremblay. »

Toutes les autres pièces présentées au Centre culturel durant la saison, qu'il s'agisse des classiques de Molière ou des comédies populaires comme Le dîner de cons, sont offertes aux Mordus à seulement 15 $ le billet. Cette année, la danse et le cirque se sont ajoutés, pour un total de 23 spectacles inclus dans la formule.

À part l'argent...

À l'époque de la création des Mordus, Mario Trépanier n'était pas encore directeur artistique du Centre culturel et dirigeait sa compagnie de communications baptisée Summum. Avec son prédécesseur Jacques Labrecque ainsi que Patrick Quintal et Lilie Bergeron du Théâtre du Double Signe, il a eu l'idée de créer une formule pour rapprocher les jeunes du théâtre, lorsque la ministre de la Culture de l'époque, Liza Frulla, a mis sur pied un programme triennal de soutien à la diffusion.

« Nous avons alors constitué des groupes de jeunes, pour leur demander quel était leur principal obstacle pour aller au théâtre. L'argent a évidemment été la première réponse, mais il y avait aussi la méconnaissance de cette forme d'art. On a donc eu l'idée d'établir un coût d'entrée pas très loin de celui d'un billet de cinéma et d'organiser des actions auprès des jeunes. »

En effet, lors des premières saisons, des acteurs, des auteurs et des metteurs en scène sont allés rencontrer les jeunes, surtout en milieu scolaire. Les subventions ayant disparu, ce type d'intervention est devenu plus rare aujourd'hui, mais les Mordus ont eu assez de temps pour faire leurs preuves et pour que le Centre culturel supporte aujourd'hui l'initiative à lui seul.

« Mais nous avons eu d'excellents partenaires au fil des ans pour nous appuyer : des professeurs, des directeurs, des parents, des employés de commission scolaire. Par exemple, à l'école secondaire Mont-Notre-Dame, toutes les élèves de 4e et de 5e secondaire sont membres d'office. »

Combien de Mordus dans la salle?

Aujourd'hui, Mario Trépanier reconnaît certains anciens Mordus du théâtre parmi ses abonnés du Centre culturel. « J'ai aussi vu des anciens Mordus devenus enseignants et aujourd'hui partenaires de la formule. Au fil des ans, plusieurs jeunes m'ont confié leurs coups de coeur, voire leur meilleur spectacle à vie. »

Et les comédiens et comédiennes, qu'en disent-ils?

« Ce qui me rend le plus heureux, c'est lorsque je rencontre un acteur en coulisses avant le spectacle qui me demande combien il y a de Mordus ce soir, rapporte Mario Trépanier. Les compagnies de théâtre savent qu'il y a une qualité d'écoute ici. Ils sentent notre travail de développement. Ce n'est pas comme ça partout. »

On ne peut pas dire que les Mordus ont été directement copiés par d'autres diffuseurs du Québec. « La plupart n'ont pas une aussi grosse offre théâtrale que la nôtre (de 12 à 15 pièces par année). Mais on a vu apparaître des cartes d'accès pour les jeunes dans d'autres salles. »

Il n'est pas encore trop tard pour s'abonner aux Mordus cette année, puisqu'une seule des cinq pièces de l'offre principale est passée (la deuxième, Tribus, est présentée ce soir). Les autres choix Mordus de cette année sont Le long voyage de Pierre-Guy B. (le 22 février), La souricière d'Agatha Christie (5 avril) et Le tour du monde en 80 jours de Jules Verne (3 mai).

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