Perreau donne des ailes

Yann Perreau a fait trembler quelques fondations du... (Spectre Média, Maxime Picard)

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Yann Perreau a fait trembler quelques fondations du Granada samedi soir avec son nouveau spectacle mettant à l'honneur les chansons de son plus récent disque, Le fantastique des astres.

Spectre Média, Maxime Picard

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<p>Steve Bergeron</p>
Steve Bergeron
La Tribune

(Sherbrooke) CRITIQUE / Honnêtement, on s'attendait à un peu plus de monde au spectacle de Yann Perreau samedi soir au Granada. Environ 250 personnes, c'est peu pour celui qui a fait danser tout le monde durant la belle saison avec J'aime les oiseaux (d'ailleurs en lice pour la chanson de l'année à l'ADISQ). Tant pis pour les absents : ils ont manqué une excellente soirée.

Ils ont même raté l'apparition surprise de Patrice Michaud, venu faire un couplet de Beau comme on s'aime (le musicien habite la région depuis huit mois), la dernière chanson du rappel. Perreau, qui a contribué à la mise en scène du dernier spectacle de Michaud, a d'ailleurs présenté ce dernier comme un grand ami.

Était-ce parce que le précédent spectacle de Yann Perreau, suivant le poétique opus 4 À genoux dans le désir, était plus tranquille? Toujours est-il que le chanteur a donné toute la gomme, revenu à ses irrésistibles prestations qui donnent des ailes à tous les talons, avec une indéfectible intensité, autant dans la danse que dans les ballades.

À preuve cette rupture de tempo à la quatrième chanson, qui aurait pu faire mal à la courbe du spectacle. Après avoir lancé le bal avec Babyboom et Barcelone, poussant sur-le-champ l'auditoire à se lever, le nouveau quadragénaire a subitement coupé court avec la très lente Mon amour est un loup. La piste de danse aurait pu se vider. Mais, non, la grande force d'interprétation du chanteur faire s'agripper l'assistance à ses yeux.

Même coup de poing lors de l'ouverture inattendue du spectacle, alors que Perreau est apparu au balcon de gauche, dans la lumière d'un seul projecteur, un micro suspendu au-dessus de lui, pour interpréter quasi a cappella Qu'avez-vous fait de mon pays? Du rentre-dedans bien mesuré, rappelant toute la profondeur de l'artiste sous les dehors pop.

Et, oui, on a envie de le croire lorsqu'il affirme que le Granada est sa salle préférée.

Gin Tonic

Descendant dans la foule dès la deuxième chanson, improvisant déjà un solo à l'harmonica lors de la suivante, le chanteur tisse un contact presque immédiat. « J'ai renversé un verre tout à l'heure en descendant. C'était quoi? Un gin tonic? Pouvez-vous nous en rapporter deux? »

Il mettra plus tard la salle au défi lorsqu'au vers « viens donc t'baigner tout nu » (T'embellis ma vie), il ôtera son t-shirt. « On est à Sherbrooke, on va rester professionnel, mais je vous avoue qu'aux Îles-de-la-Madeleine, le monde était pas mal willing, avec la mer juste à côté! »

Pratiquement tout le Fantastique des astres, son plus récent disque, est passé sur scène (il ne manquait que Sexofutur), avec en prime quelques excursions sur les trois précédentes galettes, surtout Le serpent sous les fleurs, dont Conduis-moi (celle-là devenue un peu reggae, avec même un extrait d'Exodus de Bob Marley), Le président danse autrement et Le bruit des bottes.

Le chanteur est aussi resté assez proche des arrangements originaux, s'appuyant sur quelques bandes pour la trompette, le hibou et quelques passages électro. Il aurait d'ailleurs pu impunément étirer la sauce de J'aime les oiseaux, la chanson que tous attendaient.

Sinon, son quatuor de musiciens a été d'une redoutable efficacité... quoiqu'il sera toujours difficile de briller à côté d'un artiste aussi infatigable.

C'est si bon, Justin Trudeau

La seule chose qui manquait vraiment, c'est une présence féminine sur scène. Il sera toujours plus ardu de dénicher des musiciennes que des musiciens. Mais la femme occupe une place tellement importante dans l'oeuvre de Perreau que cela aurait valu la peine de fouiller davantage.

Les gars ont quand même bien fait au moment de remplacer les choeurs féminins et la voix de Laurence Nerbonne dans Barcelone. Quant à Inès Talbi, celle qui chante « c'est si bon » dans la « stromaeienne » Faut pas se fier aux apparences, Perreau s'est chargé de la personnifier lui-même, changeant son timbre de voix, déhanchements à l'appui... avec, en prime, une petite flèche envoyée à Justin Trudeau en lien avec le titre de la chanson.

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