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Les 4 haïssables : dire les quatre vérités

Mathieu Gratton, auteur et coproducteur du spectacle Les... (Spectre Média, René Marquis)

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Mathieu Gratton, auteur et coproducteur du spectacle Les 4 haïssables, auquel participe Rose Adam. ­

Spectre Média, René Marquis

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<p>Steve Bergeron</p>
Steve Bergeron
La Tribune

(Sherbrooke) C'est quand, la dernière fois que vous êtes resté bouche bée à la suite d'une remarque de votre enfant à votre sujet? Qu'il vienne à peine de mettre le pied à la maternelle ou qu'il s'apprête à quitter les bancs du secondaire, votre moussaillon ou votre grande ado vous ont sûrement déjà dit, volontairement ou non, vos quatre vérités, non? Et c'est parce qu'elles peuvent être franchement drôles que ces situations se retrouvent maintenant dans un spectacle d'humour, livré par des adolescents, mais délicieusement destiné aux adultes.

« C'est lorsque mon fils de 14 ans a commencé à s'affirmer et à me remettre en question que j'ai eu l'idée de ce spectacle », rapporte l'humoriste Mathieu Gratton, celui qui a imaginé, écrit et coproduit Les 4 haïssables, un spectacle d'humour livré par quatre adolescents et qui commence à faire son petit bonhomme de chemin sur les scènes du Québec.

« Les remarques de mon garçon m'ont rappelé mes imperfections d'adulte, mais elles m'ont surtout fait réaliser que la plupart des jeunes avaient probablement plein d'idées du même genre... et que ce pourrait être très intéressant de leur donner le droit de s'exprimer sur scène, dans leur langage, sur des sujets à propos desquels on n'est pas habitué de les entendre. »

Aujourd'hui, Philippe Scrive, Jadé Hébert, Victor Boudreault (le fils de Jeff Boudreault) et Rose Adam (une jeune Magogoise que l'on a déjà pu voir dans 30 vies, La galère et les films 1981 et 1987) haranguent leur public avec la plus grande aisance. Ils leur jasent de leur conduite automobile, des aléas de la garde partagée, des rendez-vous galants de papa et maman redevenus célibataires, de leurs surconsommation, de leurs excès dans les arénas ou au terrain de soccer...

« J'ai d'ailleurs un frère assez intense là-dessus », souligne Mathieu Gratton.

« Mais ce n'est pas parce que tu n'es pas un parent que ça ne s'adresse pas à toi. Le spectacle s'inspire aussi de l'actualité et plusieurs des textes de Mathieu ont un deuxième sens, qui fait réfléchir », insiste Rose Adam, qui vient d'amorcer des études en chants jazz au Cégep Saint-Laurent de Montréal.

« On arrive aussi à rire de nous-mêmes, ajoute-t-elle. Par exemple, notre incapacité à lâcher notre cellulaire. »

Et la sexualité?

« Oui, notamment la dépendance de certains adultes. Mais il a fallu faire un peu d'éducation pendant les répétitions... Surtout avec Philippe. Disons que, sur scène, il joue bien son personnage d'inculte en la matière », commentent Rose et Mathieu en riant.

Dénicher un carré d'as

Créant sa propre compagnie de production pour faire naître le spectacle, Mathieu Gratton et la metteure en scène Sophie Caron ont fait passer une soixantaine d'auditions pour dénicher leur carré d'as.

« En fait, il devait n'y avoir que trois ados, mais ils étaient tellement bons que nous avons décidé d'en garder un quatrième. Je leur ai posé beaucoup de questions lors des auditions et c'est à partir de ce matériel que j'ai commencé à écrire », raconte l'ex-Crampe en masse.

« C'est drôle, parce que certaines de nos réponses en audition se retrouvent aujourd'hui dans le spectacle », rapporte la jeune comédienne, qui s'est initiée aux rudiments du stand up comic avec joie et qui joue un peu aussi le rôle de grande soeur auprès de ses coéquipiers, qui ont 12 ou 13 ans.

« Sur scène, je suis souvent la modératrice. Mais cette différence d'âge est intéressante pour le spectacle. Ça donne des perceptions variées. »

Difficile de conjuguer l'horaire de tournée avec les heures de classes?

« Jusqu'à maintenant, de toutes mes expériences, c'est probablement celle où l'équipe fait le plus attention à ça. Les répétitions, les spectacles et les tournages [ils ont réalisé plusieurs capsules web] ont toujours lieu la fin de semaine, ou les jours de semaine en été », rapporte Rose, avouant qu'il a fallu aussi une bonne discipline aux quatre haïssables. « Aux premières rencontres, il y avait parfois des retards, parfois des textes non appris, mais plus aujourd'hui, parce que tout le monde a pu voir sur scène que toutes les heures de répétition en valaient la peine. Ce n'est plus un simple loisir. »

« Si le spectacle ne marchait pas, on aurait arrêté il y a longtemps, poursuit Mathieu Gratton. Et je ne suis pas du genre à faire 30 shows de rodage. Quand on travaille très fort en amont, on n'en a pas besoin. »

Vous voulez y aller?

Les 4 haïssables

Vendredi 14 octobre, 20 h 30

Vieux Clocher de Magog

Entrée : 30 $

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