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Heureuse rencontre de la nature et de l'imaginaire

Les artistes Lorraine Dagenais, Stéphanie Morissette et Sandra... (Spectre Média, Jessica Garneau)

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Les artistes Lorraine Dagenais, Stéphanie Morissette et Sandra Tremblay (du duo Alicia Burton) se partagent l'espace de la Maison des arts et de la culture de Brompton jusqu'au 13 novembre.

Spectre Média, Jessica Garneau

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(Sherbrooke) Il y a quelque chose avec la nature sur les rives du Saint-François. Pas qu'au-dehors, pas qu'en déambulant dans les sentes et entre les sculptures dispersées aux abords de la Maison des arts et de la culture de Brompton. Ça se passe aussi dans la chaleur du lieu-dit de l'expérience et des rencontres, là où la directrice Maude Charland-Lallier a réuni deux duos pour accueillir curieux et visiteurs.

Précision d'abord sur le duo du haut, celui d'Alicia Burton, installé en mezzanine, et formé de Sandra Tremblay et Daniel Coulombe, couple à la ville comme à l'atelier. L'un et l'autre cogitent et créent, chacun de son côté, elle dans une certaine douceur, lui plus enclin à botter le derrière des gens dans les différentes sphères de sa vie. Lorsqu'ils se retrouvent pour Alicia Burton, ils se lancent et se relancent pour aller dans un ailleurs invitant et toujours engagé. Cette fois-ci, ils y ont aussi entraîné leurs amis, s'inspirant tour à tour de l'oeuvre en tout ou en partie de chacun d'entre eux afin de lui offrir une autre vie, une autre vision.

« C'est un processus d'échange vraiment intéressant qui demande à chacun de mettre son égo de côté, d'accepter les propositions et les interprétations de l'autre », remarque d'entrée de jeu Sandra Tremblay.

Daniel Coulombe et elle ont ainsi revisité le travail de poésie de David Goudreault, les messages citoyens d'Ultra Nan, les mises en scène photographique d'Yves Harnois et les jeux d'ombres de la marionnettiste Marcelle Hudon. Au gré de premières versions et de quelques échanges sont nées des oeuvres nouvelles où s'entremêlent approches et interprétations. Le visiteur au fait du travail des artistes interpellés se délectera de l'écho donné par Alicia Burton. Celui auquel échappe peut-être le travail de l'un ou l'autre artiste n'y perdra pas tant au change non plus : le voilà orienté vers des univers à découvrir.

Pleine nature

De retour sur le plancher des loups, des cerfs, des lapins, des arbres et des fleurs, de la nature toute grande ou toute menacée, la MACB fait place jusqu'à la mi-novembre aux artistes Stéphanie Morissette et Lorraine Dagenais.

Arrivée à Sherbrooke il y a deux ans, la Montréalaise Stéphanie Morissette s'interroge non seulement sur les effets de l'étalement urbain, mais aussi sur le rapport de l'Homme à la nature, à l'exploitation des ressources naturelles et à la gestion des déchets qu'il produit. Dans L'inquiète forêt sculptée dans le papier noir, les oiseaux fuient une cage construite à même leurs plumes, le cerf se noie sous le pipeline d'actualité, chaque animal se retrouve un brin dénaturé.

« Ce sont des réalités et des problématiques qui me touchent particulièrement, et la fragilité du papier parle bien de la fragilité de la nature », explique celle dont les animations vidéos viennent ajouter une autre dimension à l'installation.

En longeant le corridor, on change d'environnement, mais la place de la nature demeure. Depuis trente ans que l'artiste Lorraine Dagenais explore différents médiums et matières, chaque projet semble s'inscrire dans la continuité du précédent. « Il faut un peu de recul pour saisir que le travail actuel prend sa source dans ce qu'on a fait précédemment », expose celle qui est passée de l'univers bidimensionnel de la sérigraphie et de la gravure vers une occupation plus sculpturale des matières et des espaces. Par un concours de circonstances, au moment où elle cherchait à faire éclater l'espace restreint du papier, le bois est entré dans sa vie et son atelier.

« Avec cette matière tridimensionnelle, j'ai pu exploiter les jeux d'espace », confie l'artiste qui propose à la MACB non seulement une série de dessins sur graphite, mais aussi trois installations murales inspirées à la fois de la musique et de textes poétiques pour en tirer des paysages énigmatiques.

Vous voulez y aller

Nature de l'imaginaire

Stéphanie Morissette, Lorraine Dagenais et Alicia Burton

Maison des arts et de la culture de Brompton

Jusqu'au 13 novembre

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