Saratoga : Fine fleur

Michel-Olivier Gasse et Chantal Archambault transportent avec eux... (Spectre Média, Maxime Picard)

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Michel-Olivier Gasse et Chantal Archambault transportent avec eux cet éclat franc, sans artifices ni faux semblant, qui teinte la musique qu'ils font sous l'égide de Saratoga.

Spectre Média, Maxime Picard

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Karine Tremblay
La Tribune

(Sherbrooke) Leurs voix à l'unisson sont une douceur pour l'oreille. Presque un poème. C'est pareil en entrevue. Michel-Olivier Gasse et Chantal Archambault transportent avec eux cet éclat franc, sans artifices ni faux semblant, qui teinte la musique qu'ils font sous l'égide de Saratoga. Ce côté vrai, formidable de sincérité, est à la fois touchant et rafraîchissant. On jase, on jase, on réalise qu'une heure vient de passer. On pourrait rester attablés là tout l'après-midi, il y aurait encore à dire.

Après s'être fait connaître avec un microalbum salué au GAMIQ (EP folk de l'année), après avoir raflé la moitié des prix à la dernière édition de la Bourse Rideau, après avoir récemment fait un petit saut en Europe, le duo formé il y a moins de deux ans lance vendredi un disque complet. Première écoute, pas d'ambiguïté : Fleur est un CD cocon. On l'écoute comme on se laisse bercer par le mouvant de la vague.

« Cette idée-là de prendre le temps, de ne pas se laisser avaler par le flot de la vie moderne, elle est partout dans le disque. On tend vers ça. On cherche à avoir une vie équilibrée, on cherche à être de ceux qui font du bien autour d'eux. C'est vrai dans notre quotidien, c'est vrai en musique aussi. »

En quatre phrases, le coeur du projet musical est dit. Au tout début de l'aventure, les deux amoureux avaient le désir tout simple de se donner les moyens de jouer ensemble. Dans le bonheur. Et sans lourdeur. Chacun avait mené sa barque avant. Lui avec les Vincent Vallières et Dany Placard. Elle avec ses cd en solo. L'univers qu'ils ont créé à deux a produit son effet. Saratoga a tourné partout au cours de la nouvelle année. De spectacle en spectacle, en salles comme lors de shows de salon, le couple s'est bâti un public attentif, qui espérait le disque depuis plusieurs mois, déjà.

« Ça fait 20 ans que je fais de la musique. C'est la première fois que je suis dans cette situation, la première fois où on m'attend. Ça m'excite autant que ça me fait peur », résume Michel-Olivier.  

Tous deux se laissent porter par la vague, ils regardent devant, mais ils n'oublient pas le plus précieux, dans cette aventure : « On chérit ce qui nous arrive autant qu'on veut préserver la vie qu'on a, tous les deux. L'ancrage, il est là. On est amoureux, on a une sacrée chance de travailler l'un avec l'autre. »

Trouver son rythme

Fleur est né dans le bonheur, mais pas nécessairement dans l'évidence. Il fallait trouver un rythme commun. Une façon de faire. L'idée d'écrire à quatre mains était une avenue plus que tentante, mais le chemin pour y arriver n'allait pas de soi. Elle souhaitait des matinées productives, des séances d'écriture sans temps morts. Il avait besoin de pauses-vaisselle et de moments à contempler le dehors pour nourrir la boîte à idées.

 « On n'avait pas du tout la même méthode, dit Chantal. On a fini par admettre que tout n'avait pas besoin d'être partagé 50-50. Dans notre dynamique créative, je suis la petite bougie d'allumage, la machine qui lance les choses. Michel-Olivier est celui qui, ensuite, polit le tout et peaufine la patente. Sur scène, c'est aussi beaucoup lui qui fait vivre tout ça. Et c'est très bien comme ça. »

La contrebasse de Gasse et la guitare d'Archambault offrent un écrin soyeux aux très jolis textes ainsi bricolés. Piano, banjo, hautbois, clarinette et cor anglais ajoutent de la texture aux dix chansons sur le disque. Il est question d'amour (hors des clichés), du rythme qui toujours s'accélère (et qui nous avale), de la faucheuse qui s'invite trop tôt, de vies traversées de houle.

« On n'écrit pas forcément sur nous et notre petit bonheur. Le fait de piloter ce projet à deux nous éloigne du ''je'', on dirait », exprime celui qui a grandi à Sherbrooke.

Les prochains mois seront tissés de spectacles. Un bonheur pour le duo qui goûte chacune de ces soirées où il promène sans flafla son bouquet de chansons.

« On ne joue pas de game, résume Chantal. Gilles Vignault m'a dit un jour : ce que tu fais en tant qu'artiste, c'est important. Je garde cette phrase précieusement. Je ne me prends pas au sérieux, mais ce que j'offre, c'est ça. Quelque chose de vrai. Et j'ai l'impression que les gens ont besoin de cette vérité, de ce contact sincère. On propose un show de rencontre, dans une société où tout est souvent axé sur les apparences et la réussite. »

Cette façon de faire est peut-être à contre-courant, mais elle est pleine de sens. Et les lendemains qui en fleurissent sont beaux.

L'engagement sensé

Leur tournée est écoresponsable, ils sont porte-voix pour l'Action boréale et ils ont adopté un mode de vie zéro déchet, à la maison comme en tournée. Aucun doute possible : Saratoga est un groupe engagé.

« Ça m'étonne tout le temps qu'en 2016, on puisse dire d'un groupe qu'il est engagé. Tout le monde devrait l'être, ça me semble aller de soi. Il y a quelque chose d'insensé, par exemple, à pouvoir acheter n'importe quoi sans se soucier du fait qu'on le jettera dans trois mois. Collectivement, on offre à nos enfants un mode de vie complètement futile. On ne prend pas conscience de la portée de chacune de nos actions quand on n'en voit pas les conséquences dans notre cour... », note Chantal.

Pas de morale ni de prêchi-prêcha dans son discours. Seulement un constat : il est possible de vivre autrement. Sans refaire le décor de sa cuisine aux cinq ans. En réfléchissant un peu plus à chaque geste posé. C'est tout bête, mais c'est déjà beaucoup.

Vous voulez y aller?

Spectacle-lancement de Saratoga

Samedi 22 octobre, 20 h

Le Parvis

Entrée : 23 $

Vous voulez écouter ?

Fleur

Saratoga

FOLK FRANCO

DuPrince

Disponible dès le 14 octobre

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