Les racines de Cindy Bédard

Nouvelle maman d'un petit garçon de trois mois... (Spectre Média, Jessica Garneau)

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Nouvelle maman d'un petit garçon de trois mois prénommé Lou, la chanteuse country Cindy Bédard vient de vivre un autre accouchement : celui de son deuxième album, Coeur sédentaire, sur lequel les valeurs plus traditionnelles, tels la famille, la maternité, la communauté, l'attachement à la terre, à la nature et aux racines, ont inspiré plusieurs chansons.

Spectre Média, Jessica Garneau

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(Sherbrooke) Écrire, chanter et jouer du country quand on est né et que l'on vit à Saint-Tite, est-ce une bénédiction ou une difficulté supplémentaire? On pourrait croire que, lorsqu'on habite la Mecque québécoise des Stetsons et des bottes Boulet, se démarquer est un défi permanent. Mais ce serait oublier que le country est, d'abord et avant tout, une grande famille. C'est ce que vit Cindy Bédard depuis qu'elle s'est lancée dans une carrière à son image, sans jamais être obligée de s'arracher à son coin de Mauricie. La chanteuse de 29 ans lançait d'ailleurs son deuxième album solo, Coeur sédentaire, lors de la dernière édition du Festival western. Elle nous en parle... pas encore complètement redescendue de son nuage.

Comment s'est passé ton lancement?

C'était vraiment émouvant, parce que c'est là que j'ai fait mes débuts : dans les concours amateurs à la Countrythèque (la grosse tente au milieu du village), quand j'avais 12 ans. Il y avait quelque chose de très symbolique. La tente était pleine et beaucoup de monde qui me suit depuis le début était présent. Je suis très heureuse de ce lancement.

Est-ce plus facile ou plus difficile de se lancer dans le country quand on vient de Saint-Tite et que l'on y vit toujours?

Il y a plus de positif que de négatif. Même si ma maison de disques [Audiogram] est à Montréal, je suis plus souvent en tournée dans l'est du Québec ou autour de Montréal qu'à Montréal même. Dans mon cas, ç'aurait été difficile de sortir la fille de la campagne. Pour moi, le country, c'est d'abord une façon de vivre... et je ne me verrais pas vivre ailleurs, sans mes chèvres ni mes poules. C'est là aussi que je suis inspirée, alors c'est plus facile pour écrire. Sinon, faire de la route ne me fait pas peur.

Mais est-ce qu'au beau milieu d'un bassin de musiciens country, il faut travailler plus fort pour sortir du lot?

Pas vraiment, parce que les artistes country, même les Paul Daraîche et Patrick Norman, sont des personnes tellement humbles, simples, gentilles et authentiques! Il y a une connexion très humaine qui se crée. Tu fais partie de la famille! Ça te fait retomber amoureuse du country (rires)! Je n'ai jamais senti de pression, mais il faut dire que c'est tellement naturel chez moi! Quand j'ai commencé à faire de la musique, je ne savais même pas que c'était du country, parce que j'avais toujours baigné là-dedans.

Le retour à la nature et aux valeurs plus traditionnelles de même qu'une certaine nostalgie teintent fortement ton album. As-tu vraiment fracassé ton cellulaire comme dans ta chanson 155 Nord?

Presque! Je me suis retenue (rires)! Cette chanson est née lors d'un trajet entre chez moi et La Tuque. Quand on arrive à Mattawin, on perd tous les signaux, tant radio que cellulaire. Ça m'a tellement fait du bien! Tout à coup, je redécouvrais le paysage de cette route que je faisais souvent avec mon père camionneur quand j'étais petite. J'ai retrouvé la même émotion. Je me suis mise à chantonner. Arrivée à La Tuque, la chanson était composée.

T'ennuies-tu d'une certaine époque?

Oui, je suis un peu nostalgique. Tout le monde devrait régulièrement mettre tous ces réseaux-là de côté pour prendre un peu de recul. Pour prendre le temps d'être et de penser. Des fois, je trouve que notre époque n'a aucun bon sens. Tout va tellement vite! Je me rappelle encore les dimanches, de cette journée-là qui était sacrée, du temps réservé pour bruncher en famille. Aujourd'hui, on ne sort plus de son divan et on regarde des écrans. J'essaie de vivre un peu plus au ralenti, et je pense que c'est partagé par plusieurs jeunes de ma génération. Il y en a beaucoup qui veulent revenir aux racines.

Est-ce que la chanson Kapibouska, où tu parles d'une petite fille de 5 ou 6 ans qui chantait du Patsy Cline dans un bar pour les amis de son père, est autobiographique?

Je n'ai pas vécu l'époque du Kapi (c'était le bar au coeur du village, où travaillait mon père et où tout le monde se rassemblait, mais il était déjà fermé quand j'ai commencé à chanter). Cette histoire est celle que m'a racontée une amie qui a connu l'époque du Kapi, et je trouvais que son histoire ressemblait beaucoup à la mienne, à mon enfance (moi aussi j'ai commencé à chanter très jeune, dans d'autres bars). Elle me racontait surtout comment tout le monde dans l'établissement s'occupait d'elle. À l'époque, la gardienne, c'était le village (rires)!

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