Catherine Durand: majeure en musique

Alors qu'elle franchit le cap de ce qu'elle... (Photo LePigeon)

Agrandir

Alors qu'elle franchit le cap de ce qu'elle appelle sa « majorité artistique », avec un sixième album en carrière, Catherine Durand s'offre un petit recommencement.

Photo LePigeon

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
<p>Steve Bergeron</p>
Steve Bergeron
La Tribune

S'asseoir sur 18 ans de métier? Tellement pas Catherine Durand comme attitude! Alors qu'elle franchit le cap de ce qu'elle appelle sa « majorité artistique », avec un sixième album en carrière, la musicienne s'offre plutôt un petit recommencement.

« En fait, j'avais envie de surprendre un peu, sans dénaturer ce que je suis ni me rendre à des années-lumière. Je souhaitais un regard neuf, venant de quelqu'un qui me connaît peu, et réciproquement. Quitte à ne pas trop savoir où je m'en vais à la première journée de studio », résume l'auteure-compositrice-interprète, dont l'opus 6, La pluie entre nous, vient tout juste de paraître.

Ces ouïes vierges de musique durandienne, ce sont celles d'Emmanuel Éthier. « J'ai vraiment accroché sur sa réalisation de Maladie d'amour de Jimmy Hunt. J'ai aimé son côté moderne et branché, propice à emmener mes chansons là où je n'aurais pu les emmener moi-même. »

Mais cela impliquait, parfois, de laisser l'ego au placard. « Honnêtement, j'ai dû digérer longtemps certaines de ses propositions, comme avec Marcher droit, le premier extrait. Ma très douce ballade à trois temps a été ramenée à quatre, avec un petit beat à la Fleetwood Mac. Je trouvais ça trop pop, même si Manu me disait que ça marchait. Comme il a beaucoup de goût, je me suis fiée à lui. Aujourd'hui, ça va : je réécoute Marcher droit et je la trouve cool », raconte l'artiste... qui n'a quand même pas démordu pour le refrain, réussissant à le garder en mesures ternaires.

Quand ça ne va pas bien

La pluie entre nous se situe à cheval sur deux univers. La mélancolie, la guitare ouatée, les atmosphères planantes, le pedal steel typiques de Catherine y sont toujours. Mais il y a cette pesante guitare rock sur Tant que le vent me lance. Un passage techno après le refrain de Première gelée. Des successions d'accords inquiétants sertis dans les couplets de Toit de pierre. Cette finale pinkfloydienne de La pluie entre nous, sur un long decrescendo instrumental...

« J'ai toujours trouvé qu'un fade out était une façon un peu bête de finir une chanson. J'en étais allergique. Et là, on y va à fond, pour laisser les gens surfer sur une longue vague planante. »

Catherine Durand est la première à reconnaître que La pluie entre nous est un album tourmenté, nourri par des moments difficiles, dans sa vie comme celle des autres. « Ça ne change pas : je ressens le besoin d'écrire quand ça ne va pas bien. Je prends ma guitare quand les émotions sont douloureuses, torturées. L'album est construit sur la difficulté de deux êtres à cheminer ensemble, qu'il s'agisse d'amoureux, d'amis, de famille... C'est l'histoire de bien des gens : on s'aime beaucoup, mais maudit qu'on a de la misère à cohabiter! »

La musicienne est consciente qu'elle détonne en cette époque de chansons gaies. « On s'est fait dire par les radios que Marcher droit ne l'est pas assez, alors que c'est la plus up tempo du disque! Mais que veux-tu? L'up tempo, ce n'est vraiment pas moi. On dirait que ça ne marche pas, ni avec ma voix ni avec ma vision de la musique. »

Les 18 ans de métier de Catherine Durand s'accompagnent aussi d'une nouvelle indépendance : la création de sa propre étiquette de disques. Confortée par l'aide du fonds Musicaction qu'elle a pu obtenir pour un quatrième album (alors que le programme se limitait à trois auparavant), l'artiste a décidé de se lancer, après ses collaborations avec Tandem et Spectra.

« Le risque financier est plus grand et je dois piger davantage dans mes propres ressources financières, mais j'ai vraiment une super bonne équipe autour de moi. C'était le meilleur move à faire pour garder ma liberté et rester maître à bord.

De précieuses collaborations

Ariane Moffatt

« Ariane est venue passer une journée avec nous en studio... et on l'a vraiment fait travailler (rires)! Elle n'a vraiment pas perdu son temps! Manu et moi avions nos limites quant aux claviers et j'avais envie du regard d'une musicienne qui est aussi compositrice, arrangeuse, réalisatrice... Bref, qui a une vision beaucoup plus large. Elle est arrivée avec plein d'idées pour les arrangements. C'est une fille super le fun en studio. C'était notre première collaboration... excepté en 2001, avant qu'elle sorte Aquanaute. Je l'avais engagée comme guitariste pour mon show des FrancoFolies, peux-tu le croire? »

Salomé Leclerc

Salomé Leclerc avait déjà cosigné trois musiques sur Les murs blancs du Nord. Cette concluante collaboration, Catherine Durand souhaitait la répéter. « Ça doit faire une dizaine d'années qu'on se connaît. Je la voyais à mes spectacles avant même qu'elle commence à écrire des chansons. J'étais dans le jury lorsqu'elle a fait Granby. Je l'ai vue évoluer et je trouve qu'elle a vraiment beaucoup de talent. Nous venons du même univers, même si sa façon d'écrire est différente. En studio, elle a toujours des idées pertinentes. J'aime beaucoup sa façon de voir et de comprendre la musique. »

Gaële

« Je n'ai jamais eu d'aide pour les textes. Toujours dans ce désir d'atteindre un autre niveau, j'ai trouvé pertinent d'avoir un autre regard. Je connais Gaële depuis la tournée Toutes les filles. Elle a relu mes textes et m'a posé beaucoup de questions. Elle a mis le doigt sur un paquet de trucs qui étaient flous, pour que je précise mon propos. Elle a été sans pitié... et c'était parfait comme ça! »

Discographie

1998 Flou

2001 Catherine Durand

2005 Diaporama

2008 Coeurs migratoires

2012 Les murs blancs du Nord

2016 La pluie entre nous

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer