Valaire: la Oobopopop attitude

Il y a du groove, du funk et du fun dans... (Le Soleil, Yan Doublet)

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Le Soleil, Yan Doublet

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Karine Tremblay
La Tribune

Il y a du groove, du funk et du fun dans Oobopopop, neuve galette de Valaire offerte en magasin depuis vendredi. C'est un « feel good disque », sans aucune ambiguïté.

« C'est vraiment ce qu'on cherchait à créer. Avant de se lancer dans la composition, on s'est demandé de quoi on avait envie pour le cinquième album, la prochaine tournée. On a réalisé qu'on avait le goût de faire du bien aux gens », explique Louis-Pierre Phaneuf, alias Luis Clavis.

Avec cette idée en poche, le quintette originaire de Sherbrooke et formé aussi de Thomas Hébert, Julien Harbec, François-Simon Déziel et Jonathan Drouin, a mis le cap vers la Louisiane. Pendant tout un mois, dans la maison qu'ils louaient à Lafayette, les cinq amis musiciens ont alterné entre création et soirs de fête en Nouvelle-Orléans, berceau du jazz et pôle musical de renom.

« Au départ, on devait profiter d'une tournée au Mexique pour séjourner plus longtemps au soleil et composer de nouvelles chansons loin de l'hiver québécois. Le Mexique étant ce qu'il est, le projet de tournée est tombé à l'eau. On avait quand même envie de créer sous un climat plus clément. On n'avait jamais fait ça et on se disait que ça allait nécessairement apporter une touche ensoleillée à nos chansons. On a donc loué une minifourgonnette, on a mis nos instruments dans une remorque, et on a filé vers NOLA. »

Au pays des Cajuns, février était chaud. Et le Mardi gras battait son plein.

« On a vraiment vécu toute l'intensité de la Nouvelle-Orléans. On se promenait et on entendait de grands musiciens à tous les coins de rue. »

Au cours de ses excursions dans l'emblématique quartier français, le groupe a récolté des extraits musicaux. Au final, l'échantillonnage ne se retrouve pas tant que ça dans le bouquet de dix chansons. Il a quand même servi à trouver le Oobopopop, titre tout sourire qui coiffe le disque. J'ose à peine le prononcer. Luis Clavis rigole de mon hésitation.

« Le titre fait peur à tout le monde... mais il fait aussi sourire tout le monde. Le nom d'un album, c'est habituellement toujours ce qu'on trouve en dernier. Là, on avait ce Oobopopop dans un extrait recueilli sur la rue. Les gars se demandaient c'était quoi, cette affaire-là. Ça sonnait joyeux, un peu comme une philosophie non dite, un néo Hakuna Matata. On a greffé l'idée aux chansons. Ça a contribué à donner une direction. »

De la danse et des collabos

Une fois de retour au pays, le groupe électro-jazz a profité de séjours au Studio B-12 de Valcourt pour compléter sa plaquette dansante aux mélodies mâtinées de soul et de soleil.

« On a écrit les paroles et les mélodies vocales, qu'on a ensuite confiées à des artistes dont on aimait le grain et la texture de voix. »

Dans l'éventail, il y avait notamment Camille Poliquin (Milk & Bone), Pierre Kwenders, Fanny Bloom, Fredy V, Kahli Abdu (rappeur nigérien établi à New York) et, surtout, Alan Prater, légende funk qui a accompagné au trombone nul autre que les Jackson dans les années 1980. Avec Michael, oui.

« Alan est très présent sur le disque. Il va d'ailleurs être avec nous le plus possible pendant la tournée de lancement. »

Ce qui veut dire qu'il sera à Sherbrooke, mardi soir, tout comme Kahli Abdu. Ça fera beaucoup de monde sur la scène de La Petite Boîte noire, où se déroule le spectacle-lancement.

« On a choisi une petite salle parce qu'on souhaitait cette proximité avec le public. Musicalement, tout est en place. C'est encore Brigitte Poupart qui signe la mise en scène de ce show très dansant. On a refait des arrangements un peu plus funky pour que les chansons soient plus longues, question de garder les gens dans le rythme. Il y aura des jeux d'éclairage et des costumes pour jazzer l'aspect visuel. »

L'ambiance sera Oobopopop. Sans l'ombre d'un doute.

Valaire, sans le misteur

Il y a déjà quelques mois que les cinq de Valaire ont laissé tomber le Misteur.

« Il était devenu superflu. Certains l'écrivaient mal, d'autres pensaient que c'était Mystère Valaire. Entre nous, on disait déjà Valaire. On avait envie de précision, de simplicité. Biffer Misteur, c'était le choix logique. »

Dans la foulée, le groupe a rejoint l'écurie d'Indica. Une première pour les cinq copains.

« En dix ans, on a toujours tout fait nous-mêmes. Ça grugeait nécessairement notre temps de création. Pendant qu'on préparait Bellevue, avant même de se mettre à faire de la musique, le matin, il fallait consacrer deux heures à la paperasse. L'arrivée de la compagnie de disques a eu un effet libérateur. Ils nous ont dit : ''Concentrez-vous, faites la meilleure musique possible, nous, on s'occupe du reste.'' Ça nous a permis de revenir aux sources, de retrouver notre mojo. »

La formation, qui a raflé le Félix du meilleur album électronique avec ses deux derniers opus (Bellevue et Golden Bombay), constate que les règles de l'industrie musicale changent. L'intuition des débuts à propos de la dématérialisation de la musique s'est concrétisée.

« C'est particulier. Lorsqu'on a lancé notre premier album (Mr. Brian) en le donnant, il y a 11 ans, on voyait venir la tendance, on se disait qu'on ne pouvait pas se battre contre le piratage et la musique gratuite. »

On les regardait quand même comme de drôles de zigues, à l'époque. Maintenant, la musique gratuite qui circule sur différentes plateformes est plus que répandue.

« Ce n'est pas qu'on se fout de Spotify et du fait que l'argent qu'on fait avec cette vitrine, c'est plutôt rien. Mais on ne peut pas vraiment lever le nez sur ça, parce que ça permet à notre musique d'être écoutée. Et ça, ensuite, ça mène à autre chose, à des tournées, à des shows. Le truc, c'est de trouver des façons créatives de faire naître du buzz, de piquer l'intérêt des gens. »

Un été tout cirque

À la veille d'entamer une petite tournée, les cinq complices de Valaire n'ont pas à renouer avec le rythme de la scène. Ils n'ont pas davantage à mettre leurs nouvelles chansons à leur main. C'est qu'ils ont enchaîné les spectacles tout l'été, un pied dans l'univers de la troupe FlipFabrique, l'autre pied dans leur nouveau répertoire. Chaque soir, sur la scène de l'Agora du port de Québec, ils avaient le ludique mandat d'habiller de musique les numéros de la troupe circassienne.

« C'était super, on était sur les planches, dans l'action. Tout se passait autour de nous, il y avait des acrobaties partout. »

Le groupe a proposé au metteur en scène, Olivier Normand, de tisser une trame musicale avec ses nouvelles chansons. Feu vert a été donné.

« C'était un bel exercice, qui nous a permis de jouer nos tounes tout l'été. Et c'était agréable de performer chaque soir sans faire huit heures de route et sans avoir de tests de sons. On pouvait se faire un barbecue à côté de la scène! » dit Luis Clavis avec un sourire.

Au total, le spectacle Crépuscule a été présenté une quarantaine de fois, devant plus de 3000 personnes chaque soir.

L'amour est un monstre... et un hit!

Tube de l'été signé Valaire et porté par la voix de Karim Ouellet, L'amour est un monstre avait au départ été écrite pour le disque Bellevue. Sauf qu'elle ne cadrait pas avec le reste de l'album.

Un an plus tard, l'idée de l'enregistrer et de la propulser en extrait radio semblait bonne.

« On a contacté notre ami Karim, on a enregistré. »

Et la chanson a cartonné.

Tellement qu'elle s'est classée parmi les dix « chansons populaires francophones de l'année », dévoilées par la Socan en début de semaine.

Vous voulez y aller?

Valaire

Spectacle-lancement du disque Oobopopop

Mardi 20 septembre, 21 h (ouverture des portes à 19 h 30)

La Petite Boîte noire

Entrée : 20 $ en prévente, 22 $ à la porte

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