Espace [IM]Média reprend ses aises

Suspendu en 2015 à la suite de la... (Spectre Média, Maxime Picard)

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Suspendu en 2015 à la suite de la disparition de deux programmes de soutien régionaux, le festival biennal d'art numérique Espace [IM] Média a trouvé de nouveaux fonds pour présenter sa cinquième édition. Devant : Jean Dubois, artiste invité, et Éric Desmarais, directeur général du Centre d'art actuel Sporobole. Derrière : Line Dezainde, directrice artistique de Sporobole, ainsi que Tanya Saint-Pierre et Philippe-Aubert Gauthier, artistes invités.

Spectre Média, Maxime Picard

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<p>Steve Bergeron</p>
Steve Bergeron
La Tribune

(Sherbrooke) Après une pause forcée en 2015 (à cause d'un trou budgétaire de 60 000 $ découlant de la disparition de deux programmes de subvention régionaux), le festival d'art numérique Espace [IM]Média peut enfin reprendre ses aises, ayant retrouvé des bailleurs de fonds pour lui permettre d'offrir sa cinquième édition le mois prochain.

« L'essentiel de notre soutien financier nous vient désormais du Conseil des arts du Canada [CAC] et du Conseil des arts et lettres du Québec [CALQ] », rapporte Éric Desmarais, directeur général du Centre d'art actuel Sporobole. « Les autres partenaires sont Destination Sherbrooke et quelques partenaires privés », ajoute-t-il à propos de l'enveloppe globale dont le budget oscille entre 125 000 $ et 140 000 $.

D'où vient cette réponse positive des instances gouvernementales? L'art numérique, c'est-à-dire la création artistique à partir des technologies numériques (audiovisuel, informatique, internet, téléphonie cellulaire, réalité virtuelle, photographie, etc.), est une nouvelle priorité tant au CAC qu'au CALQ. « Le passage vers le numérique est une des préoccupations actuelles et un événement comme Espace [IM]Média touche à plusieurs problématiques. »

Notamment en matière de visibilité des oeuvres et de développement technologique, car soutenir l'art numérique équivaut, en quelque sorte, à soutenir l'innovation.

Éric Desmarais donne comme exemple les projections extérieures sur les façades d'édifices. « Les premières personnes à avoir utilisé cette technologie, ce sont des artistes, à qui on avait donné les moyens pour la développer. »

Cerveau et techno

Du 10 au 25 septembre (mais plus intensément lors du week-end des 10 et 11 septembre), la population sera donc invitée à découvrir les créations d'une vingtaine d'artistes. Plusieurs seront installées dans des espaces publics : gorge de la rivière Magog, promenade du Lac-des-Nations, stationnement Webster... Sporobole en accueillera également quelques-unes. La Petite Boîte noire sera l'hôte des performances sonores (dont une de Herri Kopter, alias Jérôme Minière) le 10 septembre. Les oeuvres vidéos seront présentées à la Maison du cinéma le 11 septembre.

Line Dezainde, directrice artistique de Sporobole et commissaire de l'événement, a réuni et commandé des oeuvres sur le thème des effets de la technologie sur le corps humain.

« Par exemple, on a découvert que, lorsqu'une personne amputée portait un casque de réalité virtuelle lui permettant de superposer un nouveau membre, cela confortait son schéma corporel et ses douleurs disparaissaient. C'est un exemple de technologie ayant un effet direct sur le cerveau. Nous aurons d'ailleurs une table ronde sur ce sujet le 11 septembre. »

Pour la première fois, la Galerie d'art de l'Université de Sherbrooke s'associe à l'événement, en accueillant Tourmente, une création de l'artiste Jean Dubois, projetée, le soir, sur la façade de la galerie. La participation du public y jouera un rôle important, grâce à la magie du cellulaire.

« Les gens verront différents visages en détresse. Ils pourront composer un numéro pour connaître la raison de cette détresse. Et lorsqu'ils souffleront dans leur cellulaire, le visage recevra une bourrasque de 200 km/h. Comme si le visiteur devenait soudainement responsable du bouleversement des personnages », explique Jean Dubois à propos de cette oeuvre qui s'est déjà promenée un peu partout dans le monde.

Sans Pokemons

Installée rue Wellington Sud, Production fantôme de Tanya Saint-Pierre et Philippe-Aubert Gauthier est un diptyque vidéo qui exploite la technique du canal tracking, laquelle permet d'extraire le mouvement d'une caméra pour l'appliquer à des images numériques. Le tandem s'est inspiré d'images de voyage de Tanya Saint-Pierre à Terre-Neuve pour transférer les mouvements de caméra à des images de synthèse, telle une quête de perfection numérique à partir... de l'imperfection humaine.

Dans la gorge de la rivière Magog, La chute et la fontaine III, création de Julie Tremble et de Philippe Hamelin, comportera des animations d'images de synthèse et s'amusera avec les éclairages nocturnes des lieux. Quant à Ensemble, autre part, autrement, oeuvre de réalité augmentée de Jean-Ambroise Vesac exploitant le stationnement Webster, il faudra apporter sa tablette ou son cellulaire pour interagir avec l'oeuvre. « Les gens pourront jouer à un jeu... qui ne sera pas Pokemon Go ! » conclut Line Dezainde.

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