Pag, l'infatigable

Michel Pagliaro... (Archives, La Presse)

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Michel Pagliaro

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Karine Tremblay
La Tribune

On sait d'avance que la conversation ne sera pas banale. Michel Pagliaro n'est pas du genre à multiplier les entrevues. Et lorsqu'il en accorde, il n'est pas de ceux qui enfilent les idées reçues et les réponses convenues. On ne s'étonne donc pas : la discussion part d'emblée dans plusieurs directions.

On parle autant de ses débuts dans le milieu que des écueils sur lesquels achoppe l'industrie de la musique. On évoque autant la belle époque révolutionnaire qui a vu naître les Beatles que l'évolution technologique qui transforme notre société. On cause autant de l'art avec un grand A que de ce disque qu'il prépare et de ce spectacle qu'il vient présenter à Eastman samedi. On parle de tout, on parle d'une époque révolue, d'une autre à venir, mais au final, on revient toujours à la musique, l'épicentre de Pag depuis quoi, 50 ans?

« Plus que ça. Mon père m'a acheté ma première guitare à 11 ans. Pas parce que ça m'attirait particulièrement, mais parce que je m'ennuyais. Il y avait d'autres jeunes dans le quartier qui faisaient de la musique. Ça a commencé comme ça. »

D'accord en accord sur sa six cordes, le jeune Michel s'est fait des ampoules. Il s'est surtout découvert musicien. « Il y avait une innocence, là-dedans. C'était une autre époque. »

Une époque où les chaînes stéréo n'existaient pas encore.

« Ce sont des musiciens qui faisaient danser les gens dans les salles », se souvient celui qui a gagné les rangs du groupe Les Chanceliers avant de faire chemin solo et de devenir la vedette rock qu'on connaît, celui qui a collectionné les succès autant en français qu'en anglais. Il a touché au sommet. Il a connu aussi les lendemains moins reluisants.

« La vie d'artiste, elle est faite de hauts et de bas. Tu ne peux pas être hot tout le temps. Moi, j'avais assez d'expérience en studio pour pouvoir travailler sur différents projets dans les creux de vague. Ça m'a permis d'exister quand même dans le milieu musical quand j'étais moins présent à l'avant-scène. »

Il évoque l'hier de sa carrière sans nostalgie. « Je ne suis pas du genre à avoir des photos de moi partout chez moi. Les moments du passé appartiennent au passé. Je ne vis pas là-dedans. Je regarde ce qui se passe maintenant. Et ce qui s'en vient », exprime le père des succès J'entends frapper, Les bombes et Dangereux.

Habiter les chansons sans demi-mesures

Ceux qui l'ont déjà vu sur scène savent qu'il habite chaque chanson. Complètement. Du premier couplet jusqu'au dernier refrain.

« Dans un show, toutes les notes comptent. Tu ne peux pas être ''presque'' juste. Tu sonnes faux ou tu sonnes juste, il n'y a pas de demi-mesures. Alors chaque chanson, il faut la jouer avec rigueur. Il faut la faire vivre », résume l'énergique rockeur qui ne se lasse pas du métier.

« Je travaille tout le temps. J'aime ça. Moi, plus je travaille, plus je suis content. »

L'écriture de nouvelles chansons, là-dedans?

« Je suis davantage un musicien qu'un poète. Je ne peux pas dire que j'écris des chansons. Tout part d'abord de la musique. Il y a une mélodie qui donne le ton. Je pourrais te donner comme exemple un alpiniste qui pose le pied sur le premier clou. Il monte un pas à la fois. Et il finit par terminer son ascension. Une toune, c'est un peu ça. Quand tu trouves la bonne phrase qui va à la bonne place, ton ancrage est solide. Tu peux bâtir là-dessus. »

Et il bâtit. Il a un bouquet de chansons neuves dans sa manche. Du matériel qui devrait voir le jour sur disque au cours des prochains mois.

« Il y aura des trucs en français et d'autres en anglais. J'enregistre ça avec le groupe de ma femme. Ce sont de bons musiciens, on a ben du fun. »

Ne vous attendez pas à entendre ces nouvelles créations samedi, au Cabaret Eastman. Ce qu'il mitonne pour la soirée, c'est autre chose, « c'est un spectacle difficile à décrire parce qu'il change tout le temps ».

« C'est un voyage dans l'ensemble de mon répertoire, en fait. On est deux musiciens sur scène [il est accompagné de Jeff Smallwood], on a chacun notre guitare, on fait des chansons. Il n'y a pas de fer forgé, pas de dorures, pas de paillettes, mais il y a de la musique et de l'intégrité », résume le vétéran.

Parfois, il pousse quelques anecdotes entre deux notes.

« Mais ça, ça dépend. Je n'ai pas scripté le show, je ne l'ai pas planifié. C'est plutôt organique. Les gens ne savent jamais trop à quoi s'attendre et j'aime ça comme ça. Ce que je peux dire, c'est que ce sera convivial. Ce sera un peu comme si des musiciens s'installaient dans votre salon. »

Des musiciens pour qui chaque note compte.

Vous voulez y aller?

Michel Pagliaro

Cabaret Eastman

20 août, 20 h

Entrée : 41 $

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