• La Tribune > 
  • Arts 
  • > Kino Kab' : de jeunes cinéastes plongent 

Kino Kab' : de jeunes cinéastes plongent

Alec O'Reilly, un réalisateur en herbe âgé de... (Spectre Média, René Marquis)

Agrandir

Alec O'Reilly, un réalisateur en herbe âgé de 17 ans, en était à sa deuxième participation à l'événement cinématographique Kino Kab' jeunesse.

Spectre Média, René Marquis

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Sherbrooke) Écrire, tourner et monter un court-métrage inspiré d'une contrainte thématique, le tout en moins de 48 heures : voilà l'imposant défi qu'ont dû relever une trentaine de jeunes âgés de 13 à 19 ans ce week-end, dans le cadre de l'événement Kino Kab' jeunesse, organisé par Kino Estrie.

Alec O'Reilly, 17 ans, faisait partie de ces courageux participants rassemblés à la salle du Tremplin, sur la rue Wellington Sud. Depuis qu'il a suivi un cours de vidéo à l'école secondaire Mitchell-Montcalm, ce cinéaste amateur ne rêve que d'une chose : devenir réalisateur.

« C'est en secondaire 4 que j'ai réalisé que c'était vraiment ma passion. Depuis ce temps-là, je fais des courts-métrages quand j'ai le temps : je suis constamment en train d'en écrire », raconte celui qui en était déjà à sa deuxième participation au Kino Kab' jeunesse et qui a remporté, en avril dernier, le Pocket film, un concours de cinéma s'adressant aux élèves du secondaire de l'Estrie.

« Kino Kab', c'est une expérience extraordinaire. Tu commences la fin de semaine, tu n'as pas de film, et seulement deux jours plus tard, tu en as un : c'est malade. »

Pour cette seconde édition de l'événement, les jeunes participants avaient comme mission de produire un film sous le thème « Lance-toi dans le vide », décliné en trois sous-thèmes : « Lance-toi et accroche-toi », « Lance-toi et déploie tes ailes » et « Lance-toi en chute libre ». Les cinéastes étaient libres d'interpréter l'un d'entre eux comme bon leur semblait, au propre ou au figuré.

« Moi, j'ai vraiment un style un peu fou dans mes films, j'expérimente beaucoup, explique Alec. En fin de semaine, j'ai décidé de faire un drame psychologique sur la dégradation d'un schizophrène. »

En s'inscrivant à l'événement, les adolescents avaient le choix entre trois rôles : celui de réalisateur, d'acteur ou d'aide au plateau. Une des contraintes techniques imposées par les organisateurs était le jumelage au hasard des acteurs avec chaque réalisateur.

« Nous, on formait juste une petite équipe de quatre, je n'avais même pas d'aide de plateau, raconte Alec. Mais je suis content de ce qu'on a fait, donc c'est signe que mes acteurs étaient vraiment bons! »

« Un drame psychologique comme ça, c'est difficile à jouer, mais l'acteur principal, Alexandre Bergeron, il me l'a donné comme ça », ajoute-t-il en claquant des doigts.

Au terme de la fin de semaine, les six courts-métrages produits ont été diffusés devant familles et amis à la Maison du cinéma. Une belle occasion pour les participants de voir leur travail sur grand écran, ce à quoi Alec aspire dans sa future carrière.

« J'adorerais être réalisateur dans la vie... mais avec le système qu'on a en ce moment au niveau des arts, c'est plus difficile, fait-il remarquer. Donc ça va dépendre de si je suis capable, si ça se débloque pour moi, si je suis assez talentueux pour ça. Mais si j'ai l'opportunité de devenir réalisateur, je le suis à cent miles à l'heure. »

Mentorat

Apparu à Montréal en 1999, alors que quelques jeunes cinéastes indépendants décident de produire

un film par mois jusqu'à la fin du monde en 2000, le mouvement Kino existe aujourd'hui à travers le monde. Son objectif : soutenir la production de courts-métrages, en diffuser dans un climat non compétitif et favoriser les rencontres entre les créateurs émergents.

« Nous, on est une gang de jeunes qui a décidé de reprendre ça ici, dans la région, cette année », indique Jérémy Poulin, l'un des membres de Kino Estrie.

« On a fait un premier Kino Kab' destiné aux jeunes en mars, et c'est notre deuxième ce week-end. Le Kino Kab' jeunesse, c'est un peu notre bébé : on essaie de rassembler le plus de jeunes possible qui ont un intérêt pour le cinéma. Ils ne sont pas obligés d'avoir de l'expérience : certains en ont, d'autres pas. »

En plus de mettre à la disposition des participants une salle où cogiter et des collations pour nourrir leur créativité, Kino Estrie fait appel à des experts du cinéma, qui agissent comme mentors et viennent donner de courtes formations aux jeunes tout au long de la fin de semaine sur différents aspects de ce domaine.

Mathieu Gagnon a offert un cours sur la direction photo, alors que Jordane Houle et Anh Minh Truong ont enseigné la direction d'acteurs et la scénarisation et que William Levasseur et William Blanchet ont partagé leurs connaissances en montage.

« Avec les classes de pros, on essaie de pousser nos jeunes et de leur donner un peu de bagage, sans que ça coûte trop cher pour s'inscrire non plus, mentionne M. Poulin. On veut rendre ça très accessible, pour que les jeunes voient surtout le cinéma en tant qu'art plutôt qu'en tant que business. »

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer