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Mon ami Dino : fausse réalité, vraie fiction

Avec Mon ami Dino, le cinéaste Jimmy Larouche et le comédien Dino... (Alma films)

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Alma films

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<p>Steve Bergeron</p>
Steve Bergeron
La Tribune

(Sherbrooke) Avec Mon ami Dino, le cinéaste Jimmy Larouche et le comédien Dino Tavarone ont imposé un défi de taille aux journalistes chargés de couvrir la sortie du film. En fait, la meilleure façon de préserver la chute de l'histoire pour les cinéphiles serait de demander à ces derniers d'arrêter de lire ici et d'aller voir le long métrage, soit lors de la première mondiale lundi au tout nouveau Festival CinéVue de Magog, soit à sa sortie en salles le 5 août.

Jimmy Larouche est très conscient que les médias (du moins ceux qui ne souhaitent pas divulgâcher le scénario) marchent sur des oeufs. « Surtout que nous avons fait plusieurs projections tests qui nous ont confirmé que le film fonctionnait très bien », mentionne le réalisateur d'origine jeannoise, qui a fait ses études universitaires à Sherbrooke et livre ici son troisième long métrage, après La cicatrice (2013) et Antoine et Marie (2015).

On pourrait qualifier Mon ami Dino d'ovni cinématographique. Tourné en seulement 14 jours, le long métrage est un mélange de documentaire et de fiction. Il est joué par des acteurs professionnels (Michel Côté, Joëlle Morin, Manuel Tadros...) et non professionnels (famille et amis de Dino Tavarone, personnel médical...). Tous les dialogues sont improvisés.

Pour Jimmy Larouche, c'était une façon d'aller chercher un réalisme plus grand. À tel point que les acteurs eux-mêmes se sont demandé, par moments, si la fiction n'était pas réelle...

Douleur et panique

« C'est le film où j'ai le plus souffert, autant physiquement que mentalement », confirme Dino Tavarone, qui joue son propre rôle dans Mon ami Dino, et qui s'est lui-même fait prendre à ce jeu de chat et de la souris entre vérité et fiction, téléphonant jusqu'à trois fois par soir à son réalisateur, en état de panique.

« Je me sentais même coupable d'avoir emmené mes amis dans ce truc. Je sentais qu'à certains moments, ils ne savaient plus trop quoi penser. Je percevais leurs émotions et je les ai vus verser quelques larmes. »

Mais c'est aussi le prix à payer qui vient avec le métier d'acteur, fait-il comprendre.

« C'est un métier qui porte à mentir, mais, au contraire, c'est lorsque tu mens de façon extrêmement sincère que tu deviens vrai. Si on ne réussit pas ça, on est mauvais acteur. »

Les cinéphiles aussi risquent d'être embrouillés entre le vrai et le faux, fait-on remarquer à Jimmy Larouche.

« J'ai abordé ce film-là comme un tour de magie, répond-il. Le but n'est pas de connaître le truc, mais de vivre les émotions du spectacle. Pour moi, l'important n'est pas ce qui est vrai ou faux, mais l'émotion que le film va générer. Les gens qui ont vu le film jusqu'à maintenant rient, pleurent, s'étonnent. Pour moi, c'est ça, la magie du cinéma. »

« Jimmy voulait faire quelque chose qui n'avait encore jamais été fait, et je crois qu'il a réussi. C'est un film qu'il ne faut vraiment pas voir avec sa tête, mais avec son coeur » , appuie Dino Tavarone.

Douze ans de paroles

Mon ami Dino est construit comme un documentaire sur Dino Tavarone, avec qui Jimmy Larouche est ami depuis une douzaine d'années. Tous deux se sont connus alors que le cinéaste, débutant et sans le sou, devait réaliser un film éducatif pour le centre jeunesse de Granby et se cherchait des comédiens bénévoles.

« J'ai envoyé plein d'invitations à des acteurs connus et Dino est le seul qui a répondu. Je suis allé le chercher moi-même en voiture et il ne m'a pas parlé jusqu'à Granby... Mais soudainement, il s'est comme réveillé, et ça fait douze ans maintenant qu'il me parle. J'ai eu l'idée d'un film sur lui parce que je trouve qu'il a eu une vie assez exceptionnelle : il est passé d'un gars qui a fait de la prison à celui qui jouait le parrain de la mafia dans Omertà, une série qui a eu un succès immense. »

« Mais plus que raconter sa vie, je voulais rendre hommage à son talent de comédien. Je trouve que c'est un talent brut incroyable. Indirectement, je me suis servi de lui pour célébrer la vie, la famille, l'amitié. »

Le projet de film, avouent les deux compères, s'est décidé par une soirée bien arrosée. Dino Tavarone admet qu'il a accepté sans y avoir vraiment réfléchi. « Moi, une personnalité? Oui, j'ai eu une vie mouvementée et intéressante, mais je ne suis pas un éminent scientifique ni un grand artiste! J'étais un peu craintif. Mais Jimmy a monté son équipe tellement vite que je ne pouvais plus me retirer. »

Les 84 minutes que les gens verront à l'écran ne sont qu'une infime parcelle des 40 heures filmées par Jimmy Larouche. Encore une fois, il n'a reçu aucuns fonds publics pour la réalisation de son long métrage, au budget évalué à 70 000 $ environ. Mais il a à nouveau réussi à rallier des forces autour de lui pour trouver fonds et équipements.

« J'ai annoncé sur Facebook que je faisais un film et, dès le lendemain, j'avais plein d'offres de soutien. C'est une oeuvre que je voulais un peu anarchiste, c'est-à-dire la réaliser en dehors des institutions, mais aussi retrouver le plaisir de faire un film juste pour faire un film. »

Dino Tavarone... (Alma Films) - image 2.0

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Dino Tavarone

Alma Films

Première mondiale à Magog

Si Jimmy Larouche a choisi le tout nouveau Festival CinéVue de Magog pour la première mondiale de Mon ami Dino, c'est qu'il a été contaminé par l'énergie de la directrice Vanessa Beerli. « Je la connaissais déjà parce qu'elle a réalisé plusieurs projections un peu partout dans le monde. Quand elle m'a présenté l'idée d'une première sur un bateau de croisière au centre du Memphrémagog, elle m'a fait penser à moi : hyper déterminée, fonceuse, avec des idées innovatrices et différentes. Dans ces cas-là, moi, j'arrête de me poser des questions et j'embarque. »

Vous voulez y aller ?

Première mondiale de

Mon ami Dino

Séance précédée de deux courts métrages

Bateau de croisière Le Grand Cru

Lundi 1er août, 19 h 30

Embarquement à 19 h

Entrée (incluant croisière et cocktail) : 68,99 $

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