Action, jeunesse et ajustements

Des chorégraphies, le metteur en scène Olivier Loubry... (Photo fournie par Benoît Guérin)

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Des chorégraphies, le metteur en scène Olivier Loubry en a mis beaucoup dans Backstage. Il pourrait en retrancher une ou deux, mais toutes sont très bien exécutées et contribuent au plaisir des sens, avec le fabuleux travail d'éclairage.

Photo fournie par Benoît Guérin

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<p>Steve Bergeron</p>
Steve Bergeron
La Tribune

(Eastman) Même s'il reste quelques petits et gros défauts à corriger, Backstage ou le jour du 50e est une production éminemment sympathique, qui dégage beaucoup d'ardeur, de jeunesse, de charisme et de belles trouvailles. Avec ajustements bien serrés, le spectacle pourra aller loin.

Comprendre que cette création, née dans l'esprit de faire revivre les belles années du théâtre musical à la Marjolaine, part de beaucoup de bonnes intentions (notamment l'investissement financier des comédiens dans la production) et qu'on ne sabote pas d'emblée un beau projet comme celui-là. Mais il faudra assurément retourner à la table de travail si Backstage, comme le souhaitent les artisans, veut avoir une durée de vie plus longue qu'un été.

Cela étant, le spectacle est loin d'être une catastrophe. On ne s'ennuie pas, l'énergie et la qualité des prestations d'acteur tiennent en alerte malgré la complexité des intrigues, plusieurs personnages créent un attachement immédiat, les chansons, bien que souvent verbeuses, sont bien construites, avec des textes travaillés et beaucoup d'entrain dans la musique.

En fait, les deux principales lacunes du spectacle sont l'humour qui tombe le plus souvent à plat et une confusion certaine dans le scénario, confusion qui a contaminé indirectement la mise en scène. Mais comme on se prend d'affection pour cette très agréable troupe de jeunes acteurs, au plaisir visible et contagieux, on veut assurément connaître la fin.

Joquoi?

Tout se passe dans les coulisses d'un spectacle préparé en l'honneur des 50 ans de la firme d'avocats Petitclerc et Petitclerc. Malheureusement, la productrice du spectacle (Pascale Montreuil) doit jouer avec toutes sortes d'imprévus, dont une diva (Émilie Josset) qui, quelques semaines auparavant, s'est cassé la gueule lors d'un gala télévisé et, surtout, un trio musical imposé par son mari (Jean Petitclerc), qui se trouve

aussi à être le grand patron de Petitclerc et Petitclerc. Or, la chanteuse du trio (Laurie Blanchette) est aussi stagiaire au bureau d'avocats et a bien l'intention de se taper le patron! Comme si cette intrigante n'était pas assez, Pascale est aux prises avec une grossesse non désirée.

Ainsi les histoires personnelles se mélangent aux histoires professionnelles, ce qui donne un schéma scénaristique, ma foi, assez complexe, notamment au moment de camper les personnages. Il faut une grande attention et un certain temps avant de bien identifier qui est qui. On comprend l'auteur Kevin Houle d'avoir voulu une intrigue bien ficelée et pas trop nunuche, et c'est le cas, mais on est au théâtre d'été, il faut simplifier un peu. Surtout qu'on est dans un univers avec lequel le commun des mortels n'est pas familiarisé et qu'il n'y a qu'un seul décor (on ne peut pas donc pas se fier à différents lieux pour distinguer les personnages).

Un regard extérieur quant à l'efficacité des punchs serait aussi le bienvenu, car plusieurs tombent à plat ou suscitent simplement le sourire. Pourtant, il y a de très bons gags, et il n'y a rien à redire sur le jeu des acteurs, tous vraiment excellents (surtout Émilie Josset, une délicieuse capricieuse, et Fred-Éric Salvail, un attendrissant bum).

Il reste aussi un peu de défrichage à faire avec le personnage d'Émilie (Émilie Allard), l'adjointe de Pascale. Son zézaiement était-il nécessaire? Il fait perdre plusieurs répliques, notamment le moment où l'on apprend le nom peu habituel de la diva, Josset (on entend « Zozszet »). Son juron (« sirop d'poteau ») nous ramène aux années Guy Fournier. Quant à son rap, les paroles sont souvent incompréhensibles (la chorégraphie dans le noir était toutefois la plus réussie de la soirée).

Justement, des chorégraphies, le metteur en scène Olivier Loubry en a mis beaucoup. Il pourrait en retrancher une ou deux, mais toutes sont très bien exécutées et contribuent au plaisir des sens, avec le fabuleux travail d'éclairage. Avouons-le, il y avait longtemps qu'il n'y avait pas eu autant d'action à la Marjolaine.

Vous voulez y aller

Backstage

Les vendredis et samedis, du 29 juillet au 3 septembre

Également les mercredis et jeudis, du 27 juillet au 18 août

Théâtre la Marjolaine, 20 h

Entrée : de 10 $ à 40 $

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