Attention : show sournois

L'humoriste Simon Leblanc passera le reste de la... (Archives La Tribune, Frédéric Côté)

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L'humoriste Simon Leblanc passera le reste de la semaine au Vieux Clocher de Magog, avec son spectacle Tout court.

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<p>Steve Bergeron</p>
Steve Bergeron
La Tribune

(Magog) Le phénomène Simon Leblanc n'est pas surfait. Inconnu du commun des mortels il y a un an encore, ce grand blond aux yeux bleus a, c'est le cas de le dire, un show sournois. Sous des airs innocents, derrière un rire nerveux qui pourrait taper sur les nerfs et faire anticiper le pire, l'humoriste à la voix haut perchée se révèle être un fameux tireur d'élite.

Bon, il faut le reconnaître, le Gaspésien joue en partie sur des terrains où il est plus facile de marquer. Comprendre ici scatologie, sexe et vulgarité, sur lesquels s'appuie un bon tiers de la soirée. Mais parce que l'humoriste a un fort sens de l'autodérision, joue avec les tournures textuelles incongrues dans des contextes donnés, et réussit, avec force mimiques, à recréer des images fortes, le spectacle Tout court est une renversante réussite, qui passe dans le temps de le dire.

Aussi parce que la prestation est livrée en un seul souffle et dans un honorable dénuement. Une heure quinze sans entracte, sans aucun élément de décor ni d'éclairage, pas même une musique d'introduction. Du stand up comic à l'état plus que pur, du presque monologue même, tant la première partie, où les différents thèmes s'imbriquent parfaitement les uns aux autres, passe comme un seul et même numéro.

En revanche, Simon Leblanc possède un merveilleux outil : son corps, qu'il utilisera à merveille pour illustrer les situations impossibles et complètement débiles dans lesquelles il se fourre. Une bonne partie des rires viendront ainsi de cette grande charpente qui se tord et se plie de la façon la moins élégante qui soit, de cette bouche qui se déforme dans tous les sens, de ces grands yeux bleus dans lequel on s'engouffre lorsqu'ils s'écarquillent.

L'Olivier de la découverte de l'année 2014 mise aussi beaucoup sur le bruitage, presque digne d'un roi du beatbox... et sur la surprise : plusieurs de ces imitations sonores arrivent sèchement et très fort, faisant sursauter une partie de la salle. Avis aux coeurs sensibles.

Fond de macabre

On pourrait croire, au début, que Tout court sera une prestation très interactive, car l'humoriste communique beaucoup avec la salle dans les cinq premières minutes. Mais c'est une astuce pour tranquillement emmener son auditoire dans son petit monde, où il le tiendra prisonnier sans réelle échappatoire.

Ses thèmes les plus forts : la chaudière de plastique, le séjour à l'urgence, les caisses libre-service, la première expérience de surf, la messe. Même s'il est bien construit, le passage sur l'abattage des poules n'est pas pour tous, car il garde quand même un fond de macabre.

À la fin, Simon Leblanc rodera, en guise de rappel, un numéro sur la coloscopie et ses préparatifs (lesquels, on s'en doute, se déroulent bien en dessous de la ceinture), mais il faut croire qu'il a visé juste, si on se fie à la réaction délirante du public.

C'est probablement ce mélange de proximité avec le quotidien et d'aventures complètement déjantées qui font que Leblanc a ainsi trouvé sa place. Même si quelques blagues ont une portée plus sociale, on ressort surtout de Tout court avec le sentiment d'avoir vaincu quelques petits et grands drames de la vie. Parce que, grâce à Sim, ils ont valu une risée le temps d'une soirée.

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