D'un extrême à l'autre

Devon Portielje, Dylan Phillips, Isaac Symonds et Conner... (Archives La Presse, Patrick Sansfaçon)

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Devon Portielje, Dylan Phillips, Isaac Symonds et Conner Molander du groupe Half Moon Run ont connu une ascension constante depuis la parution de leur premier album, Dark Eye, en 2012.

Archives La Presse, Patrick Sansfaçon

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(Québec) Entre le sommet d'une montagne norvégienne et les coulisses d'un mythique festival anglais au moment même où les électeurs britanniques se prononçaient en faveur du Brexit, la dernière tournée européenne de Half Moon Run en a fait voir de toutes les couleurs à ses membres. Elle semble bien loin l'époque où ces Québécois d'adoption s'étaient produits dans une cabine d'essayage en échange d'une paire de pantalons!

Au téléphone, le multi-instrumentiste Conner Molander rigole en racontant l'anecdote, qui remonte aux débuts de son groupe. « Avant de lancer notre premier album, on a fait plein de prestations un peu étranges, lance-t-il. On a déjà fait une prestation acoustique dans un magasin en échange d'une paire de jeans! Ils nous ont fait jouer dans une salle d'essayage, entassés les uns sur les autres. C'était pas mal bizarre... »

Certes insolite, ce type d'engagements appartient bel et bien au passé pour Half Moon Run, qui a connu une ascension constante depuis la parution en 2012 de son premier album, Dark Eyes. Formé à Montréal par des musiciens originaires d'Ontario et de Colombie-Britannique, le groupe brode un mélange d'indie-rock, de pop et de folk qui a trouvé des oreilles des États-Unis à l'Australie, avec de multiples escales aux quatre coins de l'Europe.

« Quand j'étais plus jeune, avant de faire partie du groupe, je me souviens d'avoir réfléchi aux parties du monde que j'aimerais visiter, confie Conner Molander. Maintenant, j'ai vu plus de pays que ce que j'aurais même pu mettre sur ma liste la plus ambitieuse. On est allés dans tellement d'endroits incroyables! L'Islande, la Norvège, l'Australie... Ce sont des destinations qui ne sont pas nécessairement faciles à atteindre ou qui coûtent cher. Je me considère chanceux d'avoir pu m'y rendre à plusieurs reprises. »

Mais si les voyages nourrissent, ils ne sont pas non plus de tout repos. Ayant passé le plus clair de leur temps dans leurs valises après le lancement de leur premier disque, Molander et ses confrères Devon Portielje, Dylan Phillips et Isaac Symonds s'étaient promis pour le deuxième chapitre (Sun Leads Me On, paru en octobre) de s'imposer une cadence un peu moins éreintante.

« Maintenant, on voyage la plupart du temps en bus et on a plus de gens dans notre équipe pour nous aider », évoque Conner Molander, qui cite un horaire de tournée - et de party! - allégé parmi les facteurs permettant de garder l'équilibre. « Boire moins d'alcool, être plus actifs physiquement, tout ça aide », confirme le musicien de 25 ans.

La nécessaire question politique

Le 23 juin dernier, Half Moon Run se trouvait en Angleterre alors qu'une majorité de Britanniques ont voté pour quitter l'Union européenne. Un référendum historique qui a laissé Conner Molander songeur.

« On était sur le site de Glastonbury pendant que ça se passait. Tout le monde à qui j'en ai parlé était plutôt contrarié par le résultat. Je ne vois pas ça comme une chose positive que le Royaume-Uni quitte l'Union européenne. Je n'ai pas l'impression que les raisons qui ont poussé les gens à voter pour sortir de l'Europe ont été tellement réfléchies. Notre directeur de tournée est Écossais et l'un de nos techniciens est Anglais. Disons que ç'a provoqué plusieurs discussions dans plusieurs perspectives », raconte le musicien, qui dit s'intéresser à la chose politique davantage par nécessité que par intérêt profond.

« Je ne trouve pas que la politique en elle-même est un sujet très stimulant, affirme-t-il. Mais par défaut, il faut s'y attarder si on se préoccupe de notre avenir ou de l'environnement. Et ça, ça m'intéresse. Et je pense que ça devrait intéresser tout le monde. Il y a tellement de choses qui sont hors de notre contrôle et qui vont affecter notre futur et celui de nos enfants. Il faut avoir l'oeil sur le paysage politique pour au moins se préparer à ce qui nous attend. »

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