Au-delà de la langue et des frontières

Depuis la sortie de son premier album entièrement... (Archives La Presse, André Pichette)

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Depuis la sortie de son premier album entièrement en anglais, le duo Radio Radio, formé de Jacques Doucet et de Gabriel Malenfant, accroche un nouveau public.

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(Sherbrooke) Au moment de l'entrevue, Jacques Doucet est passager du véhicule qui mène les gars de Radio Radio à Québec pour leur prestation au Festival d'été, il en profite pour jongler un peu avec le refrain d'une chanson qui aborderait l'incongruité de certaines subventions et de nominations pour des prix dans le domaine de la musique.

« On se retrouve dans un système de comptabilisation des mots quand on applique pour une subvention ou qu'on est mis en nomination dans des galas, c'est souvent incompréhensible. Si t'as plus que tant de mots en anglais ou en français, ça te prive d'entrer dans certaines catégories. On est limité par la langue. C'est sur quoi je travaille en ce moment, un refrain anglais-français qui parle de ça. »

Et la langue est souvent au centre de la vie de Radio Radio. Parce que le chiac de leurs Maritimes se retrouve trop souvent à leur goût au centre des discussions, parce que leurs cinq premiers albums en français, parce que le dernier en liste, Light the Sky paru en février, rappe en anglais de la première à la dernière plage.

« Pour l'écriture des chansons, contrairement à plusieurs artistes qui abordent certains thèmes plus facilement dans une langue que dans l'autre, je ne vois pas tant de différence entre l'anglais et le français, explique Doucet. Pas pour la base de l'écriture anyway. Ce sont d'autres jeux de mots, y a pas de différence. Mais c'est encore plus facile pour moi d'écrire en français avec des insertions anglophones ici et là.

« Le but en bout de piste, c'est d'arriver avec une bonne toune »,

reprend la moitié de Radio Radio, qui poursuit le projet avec Gabriel Malenfant depuis le départ d'Alexandre Bilodeau.

« Le départ d'Alexandre change des choses plus au niveau de la production. Sur scène, on était déjà que deux depuis trois ans, remarque Doucet. Y a eu un changement de son, de production et de langue pour l'album anglophone, mais c'était prévu. C'est une autre étape dans le processus d'évolution du groupe. Mais sur scène, c'est encore notre énergie, notre désir de dire les choses à notre façon. L'ancien public est encore là, certains décrochent, d'autres raccrochent, d'autres encore sont des nouveaux, mais je pense que c'est comme ça pour chaque band. »

Conquête de l'Ouest 

N'empêche que, quand les gars de Radio Radio sont récemment retournés dans l'Ouest canadien où ils avaient déjà donné quelques spectacles, ils ont été ravis de l'accueil réservé à leur bilinguisme. « On avait déjà un public francophone qui nous connaissait et nous suivait, mais là on a accroché pas mal d'anglos en plus. C'était le fun de faire découvrir un show dans les deux langues, cool de voir les gens interagir et triper. »

D'autant plus agréable que les gars de Radio Radio ne cachent pas leur désir de conquérir le monde, à commencer par le Canada anglais et les États-Unis, pour y partager leur soif de party, leur énergie, leur son et leurs textes multidegrés. Est-ce pour ça qu'on est passé à la langue de Shakespeare? « Oui et non, parce qu'il y a toujours possibilité de développer un autre marché même en français. On a qu'à penser à Stromae qui est de plus en plus connu aux États-Unis même s'il chante en français. Il y a toujours des exceptions. »

On ne se surprendra pas que Radio Radio en fasse partie. En attendant, let's party.

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