D'abord pour la beauté

Ce qui fait la force du Théâtre de... (La Voix de l'Est, Julie Catudal)

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Ce qui fait la force du Théâtre de la Dame de coeur d'Upton, c'est son amphithéâtre extérieur couvert, niché dans un écrin de verdure. Une fois la nuit tombée, le décor, les marionnettes géantes et les arbres en arrière-scène brillent de tous leurs feux. L'effet est encore plus saisissant lorsque les personnages - dont de gigantesques oiseaux échassiers - fendent la foule ou la survolent.

La Voix de l'Est, Julie Catudal

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Isabel Authier
Isabel Authier
La Tribune

(UPTON) Primo, une confidence nécessaire : malgré quelques visites sur le site au cours des dernières années, on n'avait jamais assisté à un spectacle du Théâtre de la Dame de coeur. Difficile, donc, de se livrer au jeu des comparaisons. Aisé et agréable, cependant, d'aborder la nouvelle production estivale du théâtre d'Upton avec un regard vierge. Et de plonger tête première dans l'univers fabuleux des Géants de l'étang.

Dès les premières minutes, le vieux sage de l'endroit nous prévient que la journée ne sera pas de tout repos dans l'étang, au fond duquel les spectateurs reposent littéralement.

Il n'a pas tort. À travers une fable un peu échevelée, le public est invité à suivre les péripéties de trois chenilles colorées qui cherchent à devenir papillons sans perdre leur temps dans un vulgaire cocon.

Dans leur quête, les trois sympathiques insectes rencontrent des fourmis hyper réalistes, dont la reine (« Oh My God! ») a été enlevée par un triste sire grossier, obèse et rempli de mauvaises intentions. Depuis que ce dernier - hautement divertissant, soit dit en passant - règne sur l'étang, rien ne va plus. Même les poissons sont devenus des « poisons » voraces et sans scrupule. Sans parler des grenouilles transformées en beat box!

Détail amusant, plusieurs habitants de ce monde aquatique ont un accent ou une façon bien à eux de s'exprimer. À part un ou deux dont la voix est moins audible, cette touche ajoute une dimension supplémentaire aux personnages.

Au-delà de l'histoire

Appuyés par des éclairages magnifiques, la musique d'ambiance d'Alain Blais et quelques projections audiovisuelles efficaces, Les Géants de l'étang arrivent à captiver l'assistance sans trop de difficulté.

L'immense scène en demi-lune permet d'ailleurs de déployer l'action dans tous les sens durant 80 minutes. Pour ne rien manquer, les spectateurs n'ont alors qu'à faire pivoter leur siège muni, comme toujours, de bretelles chauffantes.

Les adultes remarqueront sans doute quelques faiblesses sur le plan des dialogues et du récit. Mais n'oublions pas que les productions de la Dame de coeur s'adressent à un public familial. Pour apprécier pleinement le spectacle, mieux vaut laisser ses références d'adultes au vestiaire et faire toute la place à son coeur d'enfant.

Cela dit, quelques clins d'oeil subtils feront le bonheur des plus grands.

Mais ce qui fait la force du Théâtre d'Upton, c'est bien évidemment son amphithéâtre extérieur couvert, niché dans un écrin de verdure. Ce lieu unique sert totalement le spectacle, en créant une ambiance hors du commun. Une fois la nuit tombée, le décor, les marionnettes géantes et les arbres en arrière-scène brillent de tous leurs feux.

L'effet est encore plus saisissant lorsque les personnages - dont de gigantesques oiseaux échassiers - fendent la foule ou la survolent. Cette nouveauté fait toute la différence et permet surtout d'apprécier le travail athlétique des marionnettistes qui se cachent sous chaque bestiole géante.

Bref, Les Géants de l'étang, c'est ça : une histoire un peu mal ficelée, mais une tonne de bonnes idées, un travail de moine et surtout un sens inné de la beauté.

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