À la croisée du croisement

La poésie de Sylvain Dodier et les créations... (Annick Sauvé)

Agrandir

La poésie de Sylvain Dodier et les créations visuelles de Luc Pallegoix se croisent dans l'espace numéro un de l'Atelier Auckland.

Annick Sauvé

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Saint-Isidore-de-Clifton) Un croisement. S'il faut mettre un mot, un seul, sur ce qu'une première visite à l'Atelier Auckland évoque, on ira pour le croisement. Celui entre la galerie d'art et la retraite champêtre, entre la page blanche et l'atelier de création prolifique, entre des sentiers qui se perdent dans la nature et des murs où s'entretiennent oeuvres d'art et douce poésie, entre le silence matinal et les conversations sans fin qui débutent à l'apéro.

Un croisement surtout entre l'artiste et le poète, entre Pallegoix et Dodier, entre Lulu et Sylvain, entre la passion de l'un et de l'autre pour l'art, pour la vie, pour l'art de vivre et pour les gens animés du vif désir d'en faire partie.

Histoire de célébrer leur dixième année de cohabitation dans le St-Isidore-de-Clifton natal de Sylvain Dodier, son mari et lui ont enfin inauguré la première saison de l'Atelier Auckland telle qu'ils la rêvaient et la préparaient depuis quelques années déjà. L'Atelier sera à la fois une galerie, une résidence d'artiste et d'auteur, un lieu de ressourcement et une petite auberge munie d'un permis d'alcool pour égayer l'heure de l'apéro dans l'un des jardins.

« On aime bien répéter qu'on ne travaille pas à la maison, mais qu'on habite plutôt sur notre lieu de travail », souligne Luc Pallegoix, attablé dans l'un de ces jardins, à deux pas de son coin de création lové dans l'espace numéro un de l'Atelier Auckland, un espace aussi blanc et immaculé que l'espace numéro deux et que celui réservé aux artistes en résidence, aménagé à l'étage, au haut de l'escalier prenant sa source dans le coin du poète et auteur Dodier.

« L'ensemble des bâtiments, des jardins et de la terre qui se prolonge derrière les champs est à la fois un espace de vie et de création, il n'y a pas de séparation parce que la création fait partie de nos vies », précise encore Sylvain Dodier, qui redonne ainsi vie à la propriété familiale qui a abrité à une autre époque l'épicerie, la quincaillerie et l'abattoir du village en plus d'inclure une ferme. La mère et la soeur de Sylvain Dodier habitent d'ailleurs dans une autre partie de la maison.

« Ça ajoute une autre dimension, note-t-il. Parfois, des artistes européens débarquent pour un moment et finissent par passer beaucoup de temps chez ma mère pour cuisiner et goûter la bouffe traditionnelle. Ça ajoute une autre dimension au séjour. »

R.I.P. complexe d'usurpateur

Séjour personnalisé selon le profil et les aspirations des visiteurs, qu'ils soient artistes établis en quête de ressourcement ou aspirants à l'éclosion créatrice. « On a un certain don pour faire sortir les gens d'eux-mêmes et leur enlever le complexe d'usurpateur qui peut les engluer pendant des années », fait valoir Pallegoix.

Ancien producteur de spectacles pour la troupe de danse contemporaine française Pernette, Luc Pallegoix s'est lancé dans la création artistique numérique il y a quelques années avant de se laisser inspirer par son environnement et créer ses premiers montages photo Queer as Deer. C'est pour illustrer les poèmes pour enfants de Sylvain dans le magazine J@ime...express qu'il s'était d'abord lancé en arts visuels.

Aujourd'hui encore, les images de l'un et de l'autre cohabitent, tantôt en photos, tantôt en mots, cette fois-ci les deux à la fois sur les murs des espaces blanchis.

« L'idée de partage d'un endroit culturel nous habite depuis longtemps puisqu'on vient tous deux du monde du spectacle, notent encore les deux créateurs. On aime créer, mais aussi être en contact avec d'autres artistes, avec le public, avec des gens qui passent et d'autres qui s'arrêtent pour un bref moment ou un long séjour. Il y a lieu et place pour la rencontre, l'échange, les discussions autour de longues tablées. Et cette interaction très respectueuse des besoins de chacun devient nécessairement une source d'inspiration. »

Vous voules y aller ?

Atelier Auckland

Galerie ouverte les vendredis et samedis de 13 h à 21 h et les dimanches de 13 h à 17 h

Résidence artistique sur réservation

Atelierauckland.com

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer