Le Québec dans le coeur

Melissa Etheridge.... (Fournie)

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Melissa Etheridge.

Fournie

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<p>Steve Bergeron</p>
Steve Bergeron
La Tribune

(Sherbrooke) On peut quand même bomber le torse un peu : si Melissa Etheridge sera à la Fête du lac des Nations le 23 juillet, ce n'est pas parce qu'elle a daigné faire un coude entre Montréal et Québec. La célèbre auteure-compositrice-interprète de 55 ans prendra avion et passeport uniquement pour le public du parc Jacques-Cartier.

« Vous êtes très spéciaux ! » lance-t-elle à l'autre bout du fil, en Indiana, alors qu'elle se prépare à monter sur scène, au coeur d'une tournée qui l'emmène aux quatre coins des États-Unis.

Mais faut-il vraiment s'étonner de cette attention particulière? Le public québécois a toujours occupé une place à part dans le coeur de la chanteuse originaire du Kansas. Sa participation à la finale de La voix en 2015, son invitation aux finalistes pour l'accompagner sur scène, son choix de la firme montréalaise Rudsak pour ses vêtements de scène et ceux de ses musiciens ne sont pas de simples hasards.

« Je dirais que le Québec m'a étreinte dès le début et maintenant, c'est à mon tour de l'étreindre », dit celle qui a découvert il y a un an et demi, grâce à l'émission Who Do You Think You Are (l'équivalent américain de Qui êtes-vous?), qu'elle avait des racines québécoises dans sa branche paternelle.

« Un de mes ancêtres, il y a cinq générations, vivait à Québec. J'ai trouvé ça formidable, car j'ai toujours eu une telle connexion avec les Québécois, depuis mes débuts ! Mes premiers hits, mon premier grand spectacle où je pouvais compter les spectateurs par milliers, c'était ici ! Comme s'il restait peut-être une empreinte de ça dans le sang », dit-elle.

Melissa Etheridge est ainsi venue visiter, en plein hiver, les archives de l'archevêché de Québec, sur les traces de son sextisaïeul François Janis, aubergiste de métier qui habitait la rue du Cul-de-sac, au début du XVIIIe siècle.

Elle a ensuite suivi le parcours de son fils Nicolas, celui qui a immigré aux États-Unis, faisant la traite de fourrures, s'installant en Illinois puis au Missouri. Elle a même découvert qu'il avait des esclaves et a pu visiter son ancienne maison, la plus vieille du Missouri toujours debout.

Pulse

Autre privilège : Melissa s'amène à Sherbrooke avec un spectacle différent de celui présenté l'an dernier. Montréal, Québec et Moncton l'avaient alors reçue en solo, accompagnée de multiples instruments. Elle créait ainsi des boucles lui permettant d'additionner les pistes et de recréer l'ambiance d'un groupe complet. Elle interprétait les chansons de son plus récent album This Is M.E., ainsi que ses incontournables.

Le nouveau spectacle, avec groupe complet, sera toutefois consacré à ses plus grands succès. À la différence qu'il y a depuis un mois une chanson supplémentaire : Pulse, qu'elle a écrite tout de suite après la fusillade d'Orlando et qui s'est même retrouvée sur l'internet le mardi suivant la tragédie survenue aux petites heures du dimanche 12 juin.

« Comme tout le monde, lorsque j'ai appris la nouvelle, j'ai été terriblement attristée. C'était trop gros, trop lourd ! Mais j'ai simplement fait ce que je fais d'habitude lorsque je suis submergée par les émotions : j'ai pris ma guitare et je me suis mise à écrire. Les mots sont venus et quelques instants plus tard, j'avais une chanson. J'ai réuni mon groupe et nous avons tout mis en place en studio. »

Pulse, du même nom que le bar où est survenue la tragédie, n'est pas une chanson d'abattement mais d'espoir et de ralliement.

« C'est notre travail, à nous les artistes, de prendre les émotions humaines (la douleur, la souffrance, l'espoir, les désirs) et de créer quelque chose de tangible, de contrebalancer la noirceur. »

« J'ai voulu que Pulse soit une source de réconfort, d'abord pour moi, mais aussi pour tout le monde.

J'ai par la suite senti une grande vague d'amour, une envie débordante de dire "assez, c'est assez !", qu'il est maintenant temps de passer par-dessus nos différences et de réaliser que nous allons vivre ensemble et que cela nous apportera une grande puissance. À partir de cette horrible tragédie, nous pouvons avancer beaucoup plus vite, faire en une année des progrès qui nous en auraient pris normalement dix. »

Un corps en équilibre

Lorsqu'on lui parle de son engagement, notamment envers la cause LGBTQ, l'environnement ou la légalisation du cannabis à des fins médicales, Melissa Etheridge rectifie : « Je ne considère pas cela comme un engagement : je parle simplement des choses qui sont dans ma vie. Par exemple, c'est parce que j'ai eu un cancer que j'ai pris connaissance de l'importance de notre environnement. Ce sont des choses auxquelles je crois profondément. »

Un cancer dont elle a guéri il y a maintenant onze ans. La chanteuse est aujourd'hui convaincue que les sources de la maladie sont intérieures et non extérieures.

« J'ai compris à quoi tenait la santé et d'où vient le cancer. Je crois aujourd'hui que l'important est de garder son corps en équilibre, physiquement et émotivement, et ça tient à plusieurs petites choses simples chaque jour de notre vie : contrôler le stress, manger sainement, bien dormir... Donc, non, je ne pense jamais à une possible récidive, je n'ai plus peur de cette maladie, car je contrôle ce qui pourrait la faire revenir. »

Ayant recouru au cannabis durant ses traitements de chimiothérapie, Melissa Etheridge est non seulement une partisane de l'usage de cette plante à des fins médicales, mais elle a même commencé à produire et à commercialiser son vin de cannabis, ce qui est légal en Californie.

« J'ai moi-même constaté les incroyables bénéfices du cannabis, mais je ne veux pas que ce soit considéré comme criminel ni enfreindre les règles. Nous aimerions vendre notre vin au Canada, mais nous n'avons pas encore l'autorisation du gouvernement fédéral. C'est un long processus, mais chaque jour, nous nous approchons de notre but. Et nous allons y arriver ! »

Quelques chansons...

Like the Way I Do

« La chanson qui ne m'a jamais laissé tomber ! Je la garde souvent pour la fin du spectacle, et c'est toujours la célébration, surtout au Québec. La réaction est tout simplement indescriptible ! »

2001

Une chanson de l'album Never Enough, paru en 1992, dans laquelle elle s'inquiétait pour l'avenir, avec un refrain disant : « Réveillez-moi quand nous frapperons 2001 ! » Soit l'année du fameux 11 septembre... « Au début des années 1990, je lisais beaucoup de choses sur la façon dont nous passerions au nouveau millénaire, et j'avais ce sentiment qu'en 2001, nous aurions une sorte de réveil, une prise de conscience sur une nouvelle façon de vivre ou de comprendre la vie. Et je pense nous avons reçu une gifle au visage. J'ai fait wow ! C'était très profond ! Je crois que l'histoire regardera 2001 comme un important pivot pour l'humanité. »

Nowhere to Go

« Une chanson qui parle de ma propre histoire, celle d'avoir grandi au Kansas, de vivre les premières amours, de ne pas comprendre qui j'étais, de sentir que personne ne vous comprend non plus, d'être obligées de se rendre dans des lieux abandonnés pour être seules. Mais lorsque j'écris une chanson d'amour, je m'efforce toujours pour qu'elle soit la plus universelle possible, qu'elle puisse s'appliquer à n'importe quel type de relation amoureuse. Cela m'a toujours beaucoup importé. »

Discographie (albums originaux)

1988    Melissa Etheridge

1989    Brave and Crazy

1992    Never Enough

1993    Yes I Am

1995    Your Little Secret

1999    Breakdown

2001    Skin

2004    Lucky

2007    The Awakening

2008    A New Thought for Christmas

2010    Fearless Love

2012    4th Street Feeling

2014    This is M.E.

Vous voulez y aller ?

Melissa Etheridge

Samedi 23 juillet, 22 h 30

Fête du lac des Nations

Entrée : 16 $ (passeport jusqu'au 17 juillet : 40 $)

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