Du grand Raymond Bouchard

Dans Représailles, Raymond Bouchard incarne un homme à... (Photo fournie, Mathieu Rivard)

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Dans Représailles, Raymond Bouchard incarne un homme à femmes et incorrigible macho confronté à ses mensonges par son épouse (Gabrielle Mathieu). Si l'acteur livre une prestation juste et hilarante, il faut dire qu'il bénéficie d'un personnage en or, qui, en plus de dire des énormités, se retrouve dans de très humiliantes situations lorsque sa femme décide de lui faire payer ses infidélités.

Photo fournie, Mathieu Rivard

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<p>Steve Bergeron</p>
Steve Bergeron
La Tribune

(KINGSEY FALLS) On s'était ennuyé de voir Raymond Bouchard sur les planches. Et on se rappelle vite pourquoi après avoir vu Représailles, la nouvelle production du Théâtre des Grands Chênes de Kingsey Falls.

C'est simple : Raymond Bouchard est un acteur complet, qui excelle autant à jouer les grandes tragédies que les comédies légères, dont ce texte de l'auteur français Éric Assous. Sans vouloir porter ombrage au reste de la distribution, le comédien est pour beaucoup dans la réussite du spectacle.

Il faut dire qu'il a un personnage en or : son Francis est un incorrigible homme à femmes et un détestable macho dont les belles années tirent à leur fin. Ayant découvert la vérité, son épouse Rose (Gabrielle Mathieu) décide enfin de le confronter à ses mensonges et de les lui faire payer. Francis risque donc de voir toute sa vie s'écrouler et, on le devine, sera prêt aux pires humiliations pour éviter cet effondrement. Ce qui le placera dans de très inconfortables situations et lui fera dire de scandaleuses énormités... au grand plaisir de l'auditoire.

Représailles repose ainsi en grande partie sur les tentatives de Francis de se dépatouiller, mais comme ses secrets sont dévoilés les uns après les autres, il en bégaiera un coup. Et Raymond Bouchard n'a pas grand effort de composition à fournir pour y arriver. Il n'a qu'à être sur la bonne note, livrer la bonne mimique, ce qu'il réussit à tout coup, aidé, pour ce faire, par des personnages (et de formidables partenaires de jeu) qui semblent avoir été créés uniquement pour le mettre en valeur. De véritables tremplins qui le propulsent en avant.

Hilarante rupture

Représailles s'ouvre le jour même du mariage de Mélissa (Sylvianne Rivest-Beauséjour), la fille unique de Francis et Rose. Une journée qui ne devrait être que du bonheur... si cela n'avait été de cette mystérieuse femme avec qui Francis a passé toute la soirée... Pour Rose, c'est le comble! Lui avouant qu'elle sait tout (du moins le pense-t-elle), elle l'oblige à rompre avec sa maîtresse. Ce qui sera fait (dans une des scènes les plus drôles de la soirée)... jusqu'à ce qu'un autre secret soit malencontreusement révélé.

Le texte d'Éric Assous est ainsi habilement construit comme une série de poupées russes, chaque révélation en apportant une autre, ce qui donne un spectacle assez rythmé. Le metteur en scène André-Marie Coudou a d'ailleurs respecté cette mécanique calculée avec précision. Seule la fin du premier acte se révèle un peu stagnante.

Et même si le spectacle est généralement drôle, il reste quand même l'impression générale que tout ce beau monde aurait pu se permettre une couche de plus. Peut-être le metteur en scène a-t-il voulu, dans sa direction d'acteur, ne pas tomber dans le vaudeville extrême, reproche souvent adressé au théâtre d'été (parfois à raison), mais on est dans une comédie française. On aurait pardonné à Rose d'être un peu plus hystérique et détestable, à Mélissa, de succomber davantage à la névrose, à Julien (personnage homosexuel interprété par Jean-Bernard Hébert), d'être un peu plus stéréotypé (surtout que l'on fait référence à lui comme une éventuelle « tante »).

Gabrielle Mathieu, qui a eu énormément de texte à apprendre, a aussi la lourde tâche de jouer la straightwoman de son funny mari. Pas facile d'en dégager le côté humoristique, quoique plusieurs répliques soient bien envoyées. Les apparitions de Myriam Poirier, qui joue les multiples maîtresses, sont toujours flamboyantes. Bizarrerie : le personnage de Charles Manson (Jean-Léon Rondeau), dont la très brève (et quasi extraterrestre) apparition laisse interloquer. On rit en se demandant ce qui vient de se passer, surtout que le personnage ne réapparaît pas.

Le Théâtre des Grands Chênes étant aussi une salle avec un certain écho, attention de bien projeter vers l'avant, sinon on perd des répliques.

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