RACHID TAHA AU SHERBLUES & FOLK

La présence suffit

La seule présence sur scène du chanteur algérien... (Spectre média, Julien Chamberland)

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La seule présence sur scène du chanteur algérien Rachid Taha suffit à chauffer la salle et animer la fête.

Spectre média, Julien Chamberland

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(SHERBROOKE) Il y a de ces légendes qui n'ont qu'à se pointer sur scène pour que la soirée prenne instantanément des airs de fête mémorable. Et c'est tout à fait le pouvoir de Rachid Taha, qui passait par Sherbrooke dimanche afin de rocker la casbah en clôture du Sherblues & Folk, tout ça dans un Granada grouillant de vie.

En vérité, on avait par grands moments réellement l'impression que Taha ne faisait que se pointer, un peu en mimiques, beaucoup en mouvements et en appels à la fête, cherchant davantage à s'amuser qu'à interpréter ses dernières chansons et ses grands classiques. Il pouvait heureusement compter sur l'envie de célébrer d'un public conquis d'avance et sur l'incroyable brochette de musiciens qui entourent le chanteur algérien et donnent tout le ton et le rythme au spectacle. Notons entre autres le travail au clavier de Kenzi Bourras et au mandoluth de Hakim Hamadouche.

Les premières notes de Djamila avaient à peine été lancées par l'omniprésent Hamadouche qu'une première vague de danseurs a déferlé devant de la scène dans un même déhanchement. Lunettes de soleil sur le nez et sourire aux lèvres, le Rachid Taha bien aimé est arrivé en se cherchant un peu, mettant quelques chansons encore avant de trouver son propre rythme. Musiciens, danseurs et fêtards l'ont patiemment attendu, dansant, chantant, tapant des mains et claquant des doigts en se louvoyant.

Une seconde vague est d'ailleurs venue ajouter aux flots de danseurs sur Meftuh, une autre encore sur Ben Sahra. Mais c'est presque en fin de spectacle, lors de l'interprétation consécutive de Ya Rayah et de Rock the Casbah que le tout Granada s'est fait aller sans retenue aucune. Taha donne peu de sa voix, mais sa présence suffit, encore une fois.

Succès sur toute la ligne

On avait tout de même espérer une meilleure vente de billets pour ce show de clôture, le seul spectacle payant du Sherblues & Folk. Le parterre était bien occupé, mais le balcon fermé.

« Il est très connu à Montréal et Québec, moins à Sherbrooke. On voulait frapper un grand coup pour la clotûre, les autres noms qu'on avait en tête n'ont pas fonctionné. Il faut toujours trouver quelqu'un qui sort du circuit pour que ça vaille le coup », expliquait hier le directeur général du Granada et organisateur de l'événement, Alain de Lafontaine.

Le passage au Granada de Taha venait conclure cinq soirs de Sherblues & Folk coiffés d'une totale réussite, et ce malgré la pluie qui a fait mine de s'inviter à quelques reprises. Au final, seules les prestations de Jason Bajada et de Whisky Legs, toutes deux prévues au carré Strathcona, ont été déplacées vers les Loubards et le Boquébière pour éviter la pluie.

« C'est le seul site où il n'y a aucun toit de scène pour protéger les artistes et leur équipement, on n'a pas pris de chance », explique Alain de Lafontaine.

Ce dernier estime à quelque 23 000 personnes le nombre d'amateurs de musique et de festivals qui ont profité des spectacles présentés sur la scène extérieure de Wellington Sud et dans les petites salles partenaires. La soirée d'ouverture de mercredi, celle-là présentée place de la Cité avec le groupe trifluvien Bears of Legend, a été l'une des plus courues avec celle de vendredi où Mike Sawatski et les Colocs étaient en ville.

« Un excellent show où la plupart des musiciens sauf le chanteur avaient joué à un moment ou un autre avec les Colocs, fait remarquer Alain de Lafontaine. Il y avait environ 5000 personnes, ç'a été un moment fort. »

« Le son est meilleur sur Wellington qu'à la place de la Cité », fait par ailleurs remarquer la tête dirigeante de l'événement, qui songe à déplacer le show d'ouverture sur la rue pour la prochaine édition en 2017.

De Lafontaine et son équipe espèrent aussi pour la prochaine édition renouer avec une subvention du fédéral pour combler la part de Patrimoine Canada qui n'a pas contribué au rendez-vous cette année, tandis que Destination Sherbrooke avait aussi diminué son apport financier. C'est grâce à une subvention de la Ville de Sherbrooke de 57 000 $ que le Sherblues & Folk peut présenter gratuitement une aussi large partie de sa programmation.

« Il faudrait peut-être envisager une petite contribution des visiteurs comme c'est le cas au Festival des traditions du monde, mais c'est plus difficile comme ça en plein centre-ville avec les partenaires et les commerçants », fait remarquer Alain de Lafontaine.

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