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Le folkloriste Jean-Paul Guimond reçoit un bel hommage

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Le folkloriste Jean-Paul Guimond est une référence dans la musique traditionnelle, une bibliothèque musicale et surtout un personnage qui accepte généreusement de partager ses connaissances. Récemment, le citoyen de Wotton était l'invité d'honneur du festival Chants de Vielles où il y a reçu la médaille de l'Assemblée nationale.

La Tribune, Yvan Provencher

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Yvan Provencher
La Tribune

(Wotton) À 83 ans, le folkloriste Jean-Paul Guimond, honorable citoyen de Wotton, n'a ni perdu la verve qui le caractérise ni sa mémoire extraordinaire d'un répertoire d'au moins un millier de chansons de la tradition musicale québécoise.

« Avec un peu d'efforts, j'arrive à me rappeler pratiquement toutes les paroles! »

Le premier juillet dernier, il était l'invité d'honneur du festival Chants de vielles de Saint-Antoine-sur-Richelieu. Ce festival, qui en était à sa 12e édition, met à l'honneur la musique folklorique, traditionnelle et acoustique d'artistes d'ici et d'ailleurs.

Cet hommage lui a été rendu en lever de rideau. La scène principale du festival, sur laquelle il a d'ailleurs interprété une chanson, portera désormais son nom. Différents artistes y ont aussi interprété ses airs.

Un moment très marquant pour lui lors de cette soirée fut la remise de la médaille de l'Assemblée nationale.

Jean-Paul Guimond avait également été de la première édition du festival et s'y est produit à maintes reprises.

Bibliothèque musicale

Nicolas Boulerice, président du festival antonien et membre du groupe Le Vent du Nord, s'est dit honoré que Jean-Paul Guimond ait accepté de participer à l'événement. « Il est une référence dans la musique traditionnelle, une bibliothèque musicale et surtout un personnage qui accepte généreusement de partager ses connaissances. Cette générosité, nous voulons que, cette fois, elle lui revienne par cet hommage que nous lui avons préparé. »

Plusieurs chanteurs et groupes folkloriques ont fait appel à ses connaissances pour alimenter leurs répertoires. Le Rêve du diable, La Volée d'Castors, les Cousins Branchaud, Le Vent du Nord, Michel Faubert, Hommages aux aînés et La Bottine souriante l'ont visité et ont bénéficié de ses trésors musicaux. Il est une véritable source d'inspiration pour ces folkloristes.

« Je fus d'abord reconnu dès les années 1960 comme gigueur et joueur de musique à bouche avec les Frères Grenier, mais c'est Yves Lambert, que j'ai rencontré à Québec en 1992, qui, avec La Bottine souriante, a donné un nouvel élan à ma carrière.

Chaque fois qu'il venait à la salle Maurice-O'Bready, à Sherbrooke, il demandait si j'étais dans la salle et m'invitait sur scène à faire une vieille chanson du patrimoine. »

Le groupe lui doit entre autres les chansons Le démon sort de l'enfer et C'était une pauvre vieille/qui vendait du bon foin.

Réparateur de chansons

En 2000, Yves Lambert l'a emmené aux Francofolies à Montréal avec La Bottine souriante, puis en France pour des tournées, raconte humblement l'octogénaire.

En 2005, Jean-Paul Guimond a reçu le trophée Aldor, baptisé à la mémoire de l'harmoniciste Aldor Morin (1921-1998), un folkloriste réputé qui a fait sa marque avec la Famille Soucy. Ce prix honore le travail des plus grands folkloristes du Québec. « C'est pour moi un honneur et un souvenir précieux que je conserve », mentionne le folkloriste qui a été précédé, comme lauréat de ce prix, par La Bottine souriante, Yves Lambert, Gilles Vigneault et les Charbonniers de l'enfer.

Sa mémoire exceptionnelle des chansons, il la tient de ses parents. « Tous les deux avaient de très bonnes mémoires. Mon père, Hormidas, chantait en entrant à la maison, et ma mère, Alice, lui répondait. Il fredonnait dans l'étable en travaillant pour réviser et bien mémoriser ses chansons. Comme j'y travaillais avec lui, j'ai pu graduellement y puiser mon répertoire. Il participait aussi à des soirées du voisinage, chantait sans texte écrit, tout était dans sa tête. J'en profitais pour enrichir mon catalogue avec les chansons des voisins dont les airs me revenaient rapidement et facilement par la suite. »

Comme les chansons s'apprenaient de bouche à oreille, souvent les versions se modifiaient au fil du temps. « C'est ainsi que je suis devenu réparateur de chansons, corrigeant parfois les mots ou insérant une rime plus harmonieuse », confie-t-il.

Ce qu'il souhaite aujourd'hui? Que cet héritage soit conservé.

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