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Un spectacle à mi-chemin pour Louis Champagne

Le comédien Louis Champagne a fait hier soir,... (Spectre Média, Julien Chamberland)

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Le comédien Louis Champagne a fait hier soir, au Vieux Clocher de Magog, le baptême de scène de son premier spectacle d'humour en solo, intitulé Champagne pour tous. Vêtu d'un tuxedo, chantant et dansant, inspirant beaucoup de sympathie, l'acteur devra toutefois redonner plusieurs quarts de tour à sa prestation avant sa rentrée automnale.

Spectre Média, Julien Chamberland

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<p>Steve Bergeron</p>
Steve Bergeron
La Tribune

(Magog) CRITIQUE / Louis Champagne est un gars éminemment sympathique, un excellent acteur, un metteur en scène qui a fait ses preuves. Mais son premier spectacle solo Champagne pour tous, qu'il rodait hier soir au Vieux Clocher de Magog en première mondiale, n'est pas encore prêt.

On répondra que, justement, c'est un rodage. Mais, d'expérience, la plupart des prestations humoristiques qui font leur baptême de scène rue Merry Nord ont une longueur d'avance.

On ne s'en réjouit évidemment pas. Ce gros nounours est trop charismatique pour souhaiter qu'il se casse la gueule. Mais Louis Champagne devra assurément retourner sur son métier avant de se lancer tête première dans la tournée qui l'attend à l'automne. Peut-être même retourner demander des trucs à ses anciens élèves de l'École nationale de l'humour...

Voire aller chercher un regard extérieur, car il s'en est mis pas mal sur les épaules, le Louis, à assumer lui-même texte et mise en scène de son premier essai comme humoriste. C'est risquer gros (sans jeu de mots).

Symptômes classiques

Faisons abstraction de la normale mnervosité, très palpable hier soir, mais classique dans ses symptômes : quelques trous de mémoire, débit rapide, manque de respiration, peur des silences qui empêchent de bien asseoir le ton et les intentions.

Louis Champagne oubliait aussi régulièrement qu'il tenait un micro dans les mains, et comme il est très expressif et très physique, plusieurs envolées gestuelles ont été accompagnées d'une perte sonore. Microcasque fortement suggéré.

Mais il reste surtout à bien établir le contact avec le public et à assujettir le personnage de scène. Ce qui, heureusement, n'a cessé de s'améliorer au fil de la soirée, la deuxième partie étant nettement meilleure que la première.

En fait, c'est quand Louis Champagne a commencé à se laisser aller, notamment en improvisant davantage, que la magie a enfin opéré et que la connexion avec l'auditoire s'est véritablement concrétisée. On pouvait enfin parler de connivence.

C'est ce qui faisait le plus défaut dans les premières minutes, le comédien ayant choisi des thèmes tournant fortement autour de lui. Pas par égocentrisme, mais sujets et situations étaient souvent trop pointus, ou alors les exagérations s'avéraient trop intellectuelles, trop poussées pour que le public s'y identifie ou fasse un lien avec sa propre vie (exemple : l'hélicoptère TVA ou les vodkas Smirnoff dans les CPE).

Il y a ainsi plusieurs excellentes idées de départ qui s'égarent en cours de route, comme si notre homme avait cherché trop loin. Il faut dénicher davantage de dénominateurs communs, par exemple sa blague sur le Dr Barrette, qui a fait l'unanimité.

Point G et poulet

Attention aussi aux incohérences et aux redites. Un jeune Louis un peu niais dans une soirée échangiste ne peut pas, juste avant, faire une blague sur le point G. Une seule comparaison entre une personne maigre et un poulet désossé, c'est suffisant dans le même spectacle.

Par contre, le segment associant un caractère psychologique à un type d'alcool est un excellent filon, déjà très abouti. La salle a immédiatement embarqué, encouragée par la façon dont l'humoriste a récupéré ses gaffes et ses échecs par l'improvisation.

L'autre moment fort, ce sont ses 50 nuances de gros, pas seulement parce qu'il est question de sexualité explicite (on ne peut vraiment pas dire qu'il abuse du sujet), mais parce que l'autodérision (toujours très payante en humour) y est plus dense. À conserver.

Finalement, il doit arriver à bien cerner Louis Champagne, le personnage de scène. Car même s'il s'agit de stand up comic et que l'artiste a voulu ainsi goûter au plaisir d'ôter ses habits d'acteur, l'élément jeu reste capital. Le Louis-José Houde sur scène, même s'il ne se déguise pas en personnages, n'est pas pour autant le même Louis-José Houde qui marche dans la rue.

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