Horloger littéraire

Le récent album Tempête sur la savane écrit... (Spectre Média, Jessica Garneau)

Agrandir

Le récent album Tempête sur la savane écrit par l'auteur jeunesse européen Michaël Escoffier et publié par la nouvelle maison d'édition sherbrookoise D'Eux connaît un franc succès. Trois mois à peine après sa sortie, le livre grand format (joliment illustré par Manon Gauthier) était renvoyé sous presse.

Spectre Média, Jessica Garneau

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Karine Tremblay
La Tribune

(Sherbrooke) Le jeu de mots est facile, mais évocateur : on peut parler d'un livre qui roule tempête. Trois mois après son lancement, Tempête sur la savane était déjà renvoyé sous presse. Premier titre publié par la nouvelle maison d'édition sherbrookoise D'eux, signé Michaël Escoffier (textes) et Manon Gauthier (illustrations), l'album grand format s'est vite taillé une place de choix dans le coeur des jeunes lecteurs. Et dans leur bibliothèque.

Peut-être parce qu'il y a cette fantaisie à tout crin dans le récit. Ces éclats de drôlerie qui ponctuent les pages et qui dynamisent la lecture. Cette double lecture qui amuse autant les petits que les plus grands. Peut-être parce que Michaël Escoffier a le tour et le bon ton pour rejoindre les enfants... ainsi que leurs parents.

« Je suis mon premier lecteur alors j'écris d'abord des histoires qui m'amusent qui me plaisent. J'aime allier l'humour et la profondeur. Tempête est peut-être mon texte le plus abouti, celui qui me tient le plus à coeur. J'en ai eu l'idée lors d'une visite dans une classe à Kiev, alors que je faisais un atelier bâti sur les jeux de mots. L'idée de cacher une histoire dans une autre est quelque chose qui m'enthousiasme. Et j'aime le fait de jouer graphiquement avec le texte, de donner des pistes de lecture. Grands comme petits, on prend plaisir à tirer les différents tiroirs de l'histoire », dit le prolifique auteur jeunesse qui compte plus d'une cinquantaine de titres sur sa feuille de route.

Si ses livres trouvent un écho fort et reçoivent un bel accueil au Québec, ils rayonnent aussi ailleurs puisqu'ils sont traduits en différentes langues. Le rigolo anti-abécédaire Sans le A a d'ailleurs été lancé en anglais sous le titre Take Away the A. Le principe est simple, mais savoureux : lorsqu'on enlève une lettre, le mot devient autre, tout le sens change. Et les éclats de rire s'invitent. À preuve, le A de carotte. Si on l'enlève, devinez un peu devant quel mot on se retrouve?

Régler comme un cadran

Illustré par Kris Di Giacomo, l'original ouvrage a ici remporté le Prix des libraires catégorie Jeunesse (5-11 ans) hors Québec en 2013. Un prix pesant pour l'auteur européen qui n'avait pas lu tant d'albums pour enfants lui-même avant de se lancer dans ce sillon littéraire.

« Le fait de ne pas en avoir parcouru beaucoup, justement, a peut-être fait en sorte que je n'avais pas une idée très arrêtée de ce qu'est un album jeunesse avant de commencer à en écrire moi-même », dit le papa de deux enfants.

Du coup, il n'avait pas de limites, pas de freins, pas d'a priori. Mais il y avait tous les possibles. Et l'envie de s'adresser à tous les publics.

« Quand j'écris, je pense aussi à l'adulte qui va lire le livre à son enfant. J'essaie de nourrir mes histoires de choses qui vont parler à tout le monde, qui vont susciter différentes lectures, aussi. Peut-être parce que je trouve toujours les questions plus intéressantes que les réponses, j'évite les propos trop moralisateurs. Et il n'y a pas de secret : je travaille et retravaille énormément les textes. Pendant longtemps, j'ai écrit des chansons. Je soigne beaucoup la musicalité et la rythmique des textes. Quand j'écris une histoire, je la lis à voix haute, parce qu'elle sera lue à l'enfant par un adulte. Je joue avec les virgules et les mots, je retranche, je bouge les phrases : c'est très réglé, très mécanique. C'est de l'horlogerie, en fait. »

De l'horlogerie qui n'existe pas sans image.

« Pour moi, un livre, c'est une rencontre. Je ne fais pas de livres sans illustrations. J'aime que le texte et l'image se répondent. Il faut que leur fusion soit assez forte, que leur dialogue s'ouvre sur un autre univers, qu'il nourrisse l'imaginaire. »

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer