Les astuces du théâtre d'été

Alain Monast... (Tirée d'Internet)

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Alain Monast

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Yanick Poisson
La Tribune

(Victoriaville) Ce n'est un secret pour personne : les moments de gloire des théâtres d'été sont chose du passé, supplantés par les festivals et une programmation plus soutenue des grands diffuseurs. L'art n'est pas mort pour autant. On compte actuellement un peu plus d'une dizaine de théâtres d'été traditionnels, qui tirent bien leur épingle du jeu. On a qu'à penser à la Maison des arts de Drummondville qui, après 20 années de Gilles Latulippe, a su se renouveler l'an dernier pour offrir un produit qui a extrêmement plu au public.

« De 40 ou 50 membres au cours des années 1980, nous sommes passés à 15 ou 20 », illustre le directeur général de l'Association des producteurs de théâtre privé du Québec, Alain Monast. « Seuls les mieux implantés et les mieux organisés ont été en mesure de survivre. »

Les diffuseurs ont également accru leur offre théâtrale, ce qui permet aux pièces de théâtre d'été de partir en tournée une fois l'automne et l'hiver venus. On a qu'à penser au Dîner de cons, créée en été 2014 au Théâtre Hector-Charland de L'Assomption, et qui a ensuite fait fureur dans la majorité des salles de la province.

Plusieurs propriétaires de théâtres d'été ont d'ailleurs choisi de limiter le nombre de représentations au sein de leur établissement, greffant plutôt une tournée provinciale à leur calendrier.

Pas au noir, mais...

Mais le théâtre amateur est-il en train de gruger du terrain au théâtre professionnel? Sans avoir été témoin de cette recrudescence, Alain Monast estime qu'elle peut s'expliquer par des conditions de pratique professionnelle de plus en plus strictes. Il est effectivement plus onéreux que jamais de produire un spectacle professionnel.

« On doit se soumettre aux conditions des travailleurs. Si on doit faire un trajet d'une région à une autre, on doit payer les frais de déplacement, ainsi qu'un per diem. Cette situation limite l'offre et ouvre la porte à des organismes qui n'ont pas à composer avec ces frais », explique le gestionnaire.

La popularité croissante du théâtre amateur fait en sorte que sa qualité s'améliore et on sent qu'elle commence à agacer l'industrie. M. Monast s'est surpris à utiliser les termes « travail au noir » avant de se raviser. Il estime tout de même qu'un bras de fer s'amorcera le jour où le mouvement amateur attirera d'importantes foules et coupera l'herbe sous le pied des professionnels.

« Je n'appellerais jamais ça du travail au noir, mais c'est un peu dans le même esprit. S'il vient à se substituer au théâtre professionnel, il faudra faire quelque chose pour que ce soit équitable pour tous », dit-il.

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