Quand «amateur» rime avec «vigueur»

Yoland Roy... (La Tribune archives, René Marquis)

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Yoland Roy

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<p>Steve Bergeron</p>
Steve Bergeron
La Tribune

(Sherbrooke) La saison 2015-2016 passera sûrement à l'histoire comme une des plus prolifiques en théâtre amateur à Sherbrooke. Ce sont une dizaine de productions différentes qui se sont succédé cette année à la salle du Parvis et au Centre culturel Pierre-Gobeil, auxquelles il faut ajouter les six productions du Printemps du Double Signe qui reviennent année après année. C'est sans compter les activités du Théâtre Renaissance de Magog, des Scéneux de Coaticook, de la Première Scène de Marston, des Cabotins de Thetford Mines... Et pendant que les théâtres d'été professionnels redoublent d'imagination pour garder la tête hors de l'eau, Sherbrooke accueillera non pas une, mais deux productions amateurs cet été (voir textes en pages W6 et W7). À l'occasion du 4e Festival du théâtre amateur de Victoriaville, qui s'ouvre aujourd'hui, nous vous offrons une petite incursion dans cet univers particulier, qui se fait de plus en plus remarquer par ses passionnés et qui arrive à attirer un public grandissant, malgré ses moyens souvent rudimentaires.

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Richard Vachon

La Tribune archives, René Marquis

Voilà quatre années de suite que les habitués du Centre culturel Pierre-Gobeil peuvent s'abonner à une saison de théâtre amateur. Non seulement Artdramus, la troupe en résidence du CCPG, y présente une création annuellement, mais elle offre à des troupes de l'extérieur de venir s'y produire.

Ainsi, l'hiver dernier, les troupes Quapla de Victoriaville et Frasqc de Saguenay sont venues donner quelques représentations rue du Haut-Bois.

« Dans le cas de Saguenay, la compagnie n'avait pu donner que deux représentations chez elle », illustre Yoland Roy, directeur artistique d'Artdramus.

« En créant un passeport théâtre, non seulement nous voulons permettre aux compagnies amateurs de jouer davantage, mais nous voulons aussi rendre le théâtre accessible à la population », ajoute celui qui est aussi directeur général de la Fédération québécoise de théâtre amateur (FQTA).

L'engouement actuel du théâtre amateur, Yoland Roy l'attribue à plusieurs facteurs. « D'abord, les municipalités offrent davantage d'infrastructures appropriées, comme le CCPG et le Parvis. On note aussi que les troupes ont une façon de travailler de plus en plus rigoureuse, à toutes les étapes. Cela hausse la qualité de la production et c'est le spectateur qui en bénéficie. »

Par exemple, plusieurs compagnies prévoient un budget pour engager un metteur en scène professionnel. Elles peuvent aussi se permettre un plus grand nombre de comédiens ou de plus gros décors, étant donné que personne n'est rémunéré. Mais monter une pièce de théâtre quand on n'a aucune subvention (au plus, peut-être quelques commanditaires) demeure chaque fois un petit miracle, insiste-t-il.

À la FQTA, Yoland Roy note une légère hausse du nombre de compagnies membres, mais pas d'explosion. Ce qui ne l'étonne pas, l'arrivée de nouvelles troupes étant souvent contrebalancée par la disparition de quelques autres.

« C'est un peu normal qu'un certain essoufflement s'installe devant l'immensité de la tâche. Parfois, les gens ont besoin de prendre une pause. Souvent, ces troupes reposent sur une personne clé. Il suffit que cette dernière se retire pour que le groupe cesse ses activités s'il n'y a pas de relève. »

Selon la FQTA, la moyenne d'âge des gens qui pratiquent le théâtre amateur est de 42 ans.

Énergie dans la promotion

On pourrait presque dire que la salle sherbrookoise du Parvis est devenue la nouvelle Mecque du théâtre amateur. En 2015-2016, elle a accueilli six pièces différentes. Dans deux semaines, le théâtre d'été y sera de retour pour une troisième année de suite. Deux autres productions sont en préparation pour l'automne, sans compter une troupe française qui fera halte en septembre.

Cette offre abondante, c'est évidemment le directeur général et artistique Richard Vachon qui est en majoritairement responsable. Avec une formation en production théâtrale, il avait déjà une sensibilité personnelle à cette forme d'art.

« C'est un langage que je possède, je peux donc donner un coup de main pour diriger les comédiens ou motiver les troupes », commente celui qui, en 2014, a fait le pari de présenter une pièce de théâtre d'été avec la troupe Skêne Machine, Toc! Toc!, laquelle a fait salle comble pendant presque toute la saison, supplémentaires à l'appui.

«L'avantage de présenter du théâtre amateur, c'est l'engagement des participants. Ceux-ci mettent énormément d'énergie dans la promotion pour attirer les spectateurs, étant donné qu'ils donnent plusieurs représentations dans la même salle.

 « Contrairement, par exemple, à un groupe musical, qui a besoin de moins de répétitions et se promène d'une salle à l'autre », explique Richard Vachon. « Au théâtre, il se développe un fort esprit d'équipe. »

Oui, présenter du théâtre d'été au Parvis était un risque à courir. « Mais le pire qui pouvait arriver, c'était que le public ne soit pas au rendez-vous. On aurait simplement abdiqué en cours de saison. Ma philosophie, c'est de dire aux comédiens de s'amuser. Si c'est le cas, le public s'amusera aussi. »

La saison 2015-2016 passera sûrement à... (La Tribune archives, Jessica Garneau) - image 3.0

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La Tribune archives, Jessica Garneau

Une forme de réalisation

Impossible de jaser de théâtre amateur à Sherbrooke sans parler des ateliers de théâtre du Double Signe, qui, depuis les débuts de la compagnie en 1985, ont permis à des centaines d'amateurs de goûter aux planches. Certains sont devenus acteurs professionnels par la suite, mais d'autres ont fondé leur propre troupe amateur, qui a vécu plus ou moins longtemps.

Lilie Bergeron, directrice du Double Signe, n'a pas fait le décompte des « rejetons » au fil des ans, mais elle ne peut que constater l'intérêt constant pour les ateliers du Double Signe qui, depuis une décennie, présentent six productions printanières réunissant entre 70 et 85 comédiens amateurs. Encore cette année, un peu moins de 3500 personnes ont acheté des billets pour la trentaine de représentations.

« On n'a jamais besoin de relancer les participants en automne pour qu'ils se réinscrivent. Plusieurs prennent même une semaine de vacances au travail lorsque arrive la semaine des représentations », souligne celle qui voit d'un très bon oeil la présentation de théâtre d'été par des troupes d'amateurs et n'y perçoit aucunement une forme de compétition.

« Ça fait juste plus de monde qui va au théâtre. Ça démontre que cet art est contagieux, emballant, touchant. Ceux et celles qui en font goûtent à une forme de réalisation. »

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