Une histoire de pêche longue de même

Pour son nouveau spectacle La cité des géants,... (Spectre Média, Julien Chamberland)

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Pour son nouveau spectacle La cité des géants, Steve Roy livre avec fougue un conte fantastique truffé d'expressions savoureuses. L'exagération est évidemment au rendez-vous, assortie d'un humour à la fois audacieux et accessible.

Spectre Média, Julien Chamberland

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Ève Bonin
La Tribune

(Coaticook) CRITIQUE / A-t-on besoin de revenir sur l'énergie fabuleuse qui anime Steve Roy? On l'entend livrer son bulletin météo à la radio en se rendant au bureau d'accueil touristique de Coaticook pour son nouveau spectacle La cité des géants, une heure à peine avant l'avant-première. Il est arrivé tout sourire et manifestement en pleine forme sur les lieux de son deuxième quart de travail du jour, et a réussi à maintenir l'intérêt d'un public déjà un peu vanné par trois heures d'activité de réseautage, et ce, pour une histoire de pêche des plus excentriques.

La promo parle de l'histoire de la formation de la Gorge de Coaticook, mais il ne faudrait pas s'attendre à un exposé historique. On suggère plutôt de s'installer confortablement dans le recoin imaginaire de la chaloupe et d'apprécier le spectacle pour ce qu'il est vraiment : un conte fantastique truffé d'expressions savoureuses et de clins d'oeil à notre territoire, livré avec fougue par un artiste qui n'a rien à envier aux plus grands raconteux d'histoires de pêche. L'exagération est évidemment au rendez-vous, assortie d'un humour à la fois audacieux et accessible.

L'imaginaire du public est fortement sollicité pour arriver à suivre les péripéties du Capitaine Henri et de sa belle sirène, le conteur nous menant en bateau avec le soutien de projections visuelles et d'extraits sonores efficaces mais utilisés avec parcimonie. C'est là qu'on constate tout le talent de Steve Roy, habile magicien des mots, maître du rythme et performeur en osmose avec son public qu'il garde dans son filet tout au long d'un récit pour le moins déroutant.

Le conteur colore son histoire de concepts amusants dans une langue fleurie qui fait honneur au langage populaire. Ses femmes-mouches, son poisson « pas de queue » et ses êtres déracineurs d'arbres composent un univers poétique et ludique où s'installent tranquillement les pièces d'un casse-tête qui aboutira sur la formation de la Cité des géants, une allégorie sur l'histoire de Coaticook et de sa gorge.

Steve Roy n'hésite d'ailleurs pas à ponctuer son récit de clins d'oeil à quelques classiques de la région. Sa représentation de l'indomptable Géant Pratt, menaçant régulièrement la quiétude de la Cité avec ses frasques dévastatrices, est particulièrement réussie et provoque les rires du public heureux de trouver des repères familiers dans l'histoire.

On serait porté à dire d'emblée que le spectacle est « sans prétention », mais Steve Roy se permet une finale éditoriale des plus épiques, musique enlevante et gestuelle passionnée à l'appui, pour inviter la population à embrasser son imaginaire « le temps d'y croire » et à entrevoir son territoire avec la perspective grandiose des géants. On ressort le coeur réjoui par cette escapade imaginaire franchement sympathique, dans la nature généreuse du parc qui semble avoir gagné un petit supplément de magie au passage.

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