Deux regards, une exposition

Suzanne Pressé, coordonnatrice des expositions et de l'animation... (Spectre Média, Jessica Garneau)

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Suzanne Pressé, coordonnatrice des expositions et de l'animation à la Galerie d'art du Centre culturel de l'Université de Sherbrooke, et Nathalie Watteyne, directrice du Centre Anne-Hébert et commissaire de l'exposition, ont hâte de faire découvrir aux visiteurs les archives littéraires d'Anne Hébert et les toiles d'Hector Saint-Denys Garneaux qu'elles ont réunies dans l'exposition La détermination d'un regard.

Spectre Média, Jessica Garneau

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(Sherbrooke) La littérature et l'art se croiseront le temps d'un été à la Galerie d'art du Centre culturel de l'Université de Sherbrooke , où des archives littéraires d'Anne Hébert et des tableaux d'Hector de Saint-Denys Garneau seront réunis dans l'exposition intitulée La détermination d'un regard.

Si un mariage entre ces deux artistes québécois a été créé, ce n'est pas seulement parce qu'ils sont parents, mais surtout parce qu'Anne Hébert a grandement été influencée par la vision d'Hector Saint-Denys Garneau, son petit-cousin.

« Saint-Denys Garneau est la seule personne dont Anne Hébert revendique l'influence durable, c'est-à-dire qu'elle dit avoir été inspirée par plusieurs, mais tout particulièrement par lui », explique Nathalie Watteyne, directrice du Centre Anne-Hébert de l'UdeS et commissaire de l'exposition.

Tout au long de son enfance, Anne Hébert passait ses étés à Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier, un petit village situé à 40 kilomètres de Québec, en compagnie de Saint-Denys Garneau. De quatre ans son aîné, celui-ci lui faisait découvrir les livres de grands écrivains européens tels que Ramuz, Eluard et Reverdy.

 « Anne Hébert disait souvent que son petit-cousin lui avait appris la lumière, qu'il lui avait appris à voir », mentionne Mme Watteyne.

Voyage dans le temps

Coïncidant avec le centenaire de la naissance d'Anne Hébert et le 20e anniversaire du Centre Anne-Hébert de l'UdeS, l'exposition rassemble plusieurs documents de l'ensemble de la carrière de cette grande dame de la littérature québécoise.

Les visiteurs pourront notamment y voir des cahiers d'écriture dans lesquels Hébert a griffonné ses plus grands poèmes, des médailles qui lui ont été décernées, quelques-unes des 900 photos d'elle que possède le Centre Anne-Hébert ainsi que des lettres envoyées à son frère et ses parents, où elle se confie à propos de ses écrits - « j'ai un trac fou, comme si c'était la première fois », rédige-t-elle en 1990 alors qu'elle s'apprête à publier son recueil de poésie Le Jour n'a d'égal que la nuit.

Parmi les pièces les plus captivantes, on retrouve le bureau de l'écrivaine, sur lequel sont posées sa machine à écrire bleu poudre et sa petite lampe Ikea.

« Toute sa vie, elle s'est promenée partout avec sa machine à écrire, raconte Nathalie Watteyne. À un moment donné, son neveu lui a proposé d'aller lui chercher un ordinateur, mais elle a refusé! »

Les trois versions manuscrites et les deux versions tapuscrites du célèbre roman Kamouraska, dont le titre initial était La mort conduit le traîneau, valent aussi le détour.

Double parcours

Les nombreuses archives littéraires d'Anne Hébert seront entourées par les toiles au caractère tourmenté d'Hector Saint-Denys Garneau, l'exposition proposant ainsi un double parcours aux visiteurs.

Issu d'une famille bien nantie, Saint-Denys Garneau a vécu presque toute sa vie en ermite, s'isolant dans le manoir familial pour peindre et écrire.

« Ses tableaux sont majoritairement constitués de paysages de Sainte-Catherine, avec beaucoup d'arbres, note Mme Watteyne. D'ailleurs, dans l'unique recueil de poèmes qu'il a publié, Regards et jeux dans l'espace, on constate qu'il accorde aussi une place importante à la nature dans sa poésie. »

Cet artiste mélancolique, décédé d'une crise cardiaque au jeune âge de 31 ans, ne signait aucune de ses toiles, si bien qu'on ne peut qu'en estimer le nombre, une quarantaine selon Mme Watteyne. La Galerie d'art de l'UdeS est parvenue à en rapatrier 32, en provenance de plusieurs collections privées et publiques.

« Saint-Denys Garneau était un bohème, souligne-t-elle. Il n'avait pas ce désir d'être reconnu par sa peinture. Il a voulu faire connaître ses poèmes, mais dès qu'il a publié son unique recueil en 1937, il a commencé à aller acheter les exemplaires en librairie parce qu'il était insatisfait : il ne voulait plus que les gens le lisent. Il était très exigeant envers lui-même. »

Le vernissage de l'exposition aura lieu le 7 juin, dès 17 h, dans le cadre du colloque international Anne Hébert, le centenaire, se tenant à Sherbrooke et à Montréal les 7, 8 et 9 juin.

Vous voulez y aller ?

La détermination d'un regard

Archives littéraires d'Anne Hébert et oeuvres d'art d'Hector de Saint-Denys Garneau

Galerie d'art du Centre culturel de l'Université de Sherbrooke

Du 7 juin au 7 août

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