Finale haute en couleur pour l'OSS

Le flûtiste émérite Robert Langevin a rejoint l'Orchestre... (Spectre média, Maxime Picard)

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Le flûtiste émérite Robert Langevin a rejoint l'Orchestre symphonique de Sherbrooke samedi soir pour le Grand concert de clôture de la saison. Sa virtuosité, qu'il a démontrée en exécutant avec une adresse magistrale le Concerto pour flûte d'Ibert, a bouleversé le public.

Spectre média, Maxime Picard

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(Sherbrooke) La saison 2015-2016 de l'Orchestre symphonique de Sherbrooke (OSS) s'est terminée en beauté samedi soir avec le traditionnel Grand concert de clôture. Pour l'occasion, le chef Stéphane Laforest et ses musiciens accueillaient le flûtiste émérite Robert Langevin ainsi que la soprano colorature Marianne Lambert, qui ont tous deux subjugué le public par leur virtuosité.

Le concert Majestueux Mahler a débuté en force avec une suite instrumentale arrangée spécialement pour l'événement par Andrew P. MacDonald, compositeur et professeur de musique à l'Université Bishop's.

En 2011, MacDonald a composé un opéra à partir de la pièce de théâtre Mary's Wedding pour le Pacific Opera de Victoria. À la demande du maestro Stéphane Laforest, le compositeur canadien a transformé les parties chantées de cet opéra en parties instrumentales, afin de créer la fantaisie Mary's Wedding Suite, jouée pour la première fois samedi.

L'OSS a interprété avec brio cette pièce inédite et hors du commun où se côtoient tragédie et douceur. Les sons des violons se faisaient tantôt inquiétants, tantôt apaisants. À certains moments, la mélodie intense, voire violente, a même fait sursauter quelques spectateurs.

À la fin du morceau, Andrew P. MacDonald lui-même est monté sur scène pour saluer la foule. Son ami Stéphane Laforest l'a accueilli chaleureusement, mentionnant au passage qu'il considérait important de « jouer aussi des compositeurs vivants ».

D'illustres invités

L'orchestre a ensuite été rejoint par Robert Langevin, que le chef de l'OSS a présenté comme « le Wayne Gretzky de la flûte », allant jusqu'à le qualifier du « meilleur joueur de flûte de tous les temps ».

Natif de Sherbrooke, Robert Langevin a joint les rangs de l'OSS à 14 ans. Il occupe aujourd'hui le poste de première flûte au sein de l'un des orchestres les plus prestigieux au monde, l'Orchestre philharmonique de New York. « C'est très valorisant pour nous qu'il ait accepté de revenir jouer ici », a souligné M. Laforest.

Le Concerto pour flûte de Jacques Ibert, l'un des concertos les plus appréciés et le plus souvent interprété du répertoire de cet instrument, était la pièce toute désignée pour que le flûtiste invité démontre l'étendue de son prodigieux talent aux spectateurs.

Robert Langevin a joué le premier mouvement, un redoutable allegro qui ne manque pas de défis techniques, en enchaînant les suites rapides de notes virevoltantes avec une aisance déconcertante. Seul le froncement de ses sourcils trahissait parfois son effort.

Le public a ensuite été transporté dans un univers lyrique à l'atmosphère sereine, avec un andante élégiaque au charme incontestable, qui s'est terminé sur une note de flûte presque éternelle.

Vers la fin du troisième et dernier mouvement, un allegro scherzando au caractère théâtral, Robert Langevin a exécuté un délicieux solo de flûte, dont certaines prouesses techniques inattendues ont provoqué des chuchotements admiratifs du public. Une longue ovation a suivi cette performance éblouissante.

Finale

Pour clore la soirée, Stéphane Laforest a mis la barre haut à ses musiciens en mettant au programme la Symphonie n° 4 du compositeur autrichien Gustav Mahler. Les musiciens ont une fois de plus su faire honneur à cette pièce à la fois humoristique et naïve.

Dans le superbe troisième mouvement, le chef semblait plus passionné que jamais, brandissant sa baguette avec intensité en tressautant. Près de la scène, on pouvait même l'entendre prendre de vives inspirations avant de pointer frénétiquement certaines sections de l'orchestre.

La jeune soprano colorature Marianne Lambert, resplendissante dans sa longue robe mauve, a prêté sa voix limpide au lied du quatrième mouvement. C'est tout sourire qu'elle a entonné ce chant éthéré dans lequel un enfant dépeint le paradis. Elle était notamment accompagnée d'une harpe cristalline, qui rehaussait magnifiquement son timbre de voix tour à tour voilé et puissant.

Mis à part la chaleur qui régnait à la salle Maurice-O'Bready, c'est à une soirée exceptionnelle qu'ont eu droit les mélomanes venus entendre l'OSS. Un dernier concert qui annonce une nouvelle saison très prometteuse.

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