Un chef à la vision éclectique

Véritable mordu de musique, Hubert Tanguay-Labrosse, chef de... (Spectre Média, René Marquis)

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Véritable mordu de musique, Hubert Tanguay-Labrosse, chef de l'Orchestre symphonique des jeunes de Sherbrooke (OSJS) depuis l'an dernier, affectionne particulièrement le mélange des genres.

Spectre Média, René Marquis

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(Sherbrooke) De la musique, Hubert Tanguay-Labrosse en mange. À la fois directeur musical de sa propre compagnie de production, clarinettiste pour l'Orchestre symphonique de Sherbrooke et chef des orchestres symphoniques des jeunes de Sherbrooke (OSJS) et de Joliette (OSJJ), le maestro consacre tout son temps à sa passion.

C'est alors qu'il terminait ses études en musique à la prestigieuse école Juilliard de New York que le jeune clarinettiste s'est tourné vers la direction d'orchestre.

« Là-bas, je voyais des gens qui avaient des carrières de solistes et de chambristes, ce que je m'étais imaginé faire étant plus jeune, et j'ai réalisé que ce n'était peut-être pas pour moi finalement, raconte-t-il. J'avais envie d'avoir une carrière plus diversifiée. »

Il rentre donc au pays et entreprend une maîtrise en direction d'orchestre au Conservatoire de musique de Montréal. Depuis un an, Hubert Tanguay-Labrosse a pris la baguette de chef à la tête de l'OSJS et de l'OSJJ.

« J'étais déjà habitué à travailler avec des jeunes, parce que cela fait six ans que je dirige des choeurs d'enfants l'été, au camp musical Père Lindsay, souligne-t-il. Je m'entends très bien avec les jeunes, j'ai de la facilité à tisser des liens avec eux. »

En 2008, lorsque son prédécesseur Julien Proulx avait pris les rênes de l'OSJS, l'orchestre peinait à recruter un nombre suffisant de musiciens. Un problème auquel Hubert Tanguay-Labrosse n'a pas eu à faire face, puisque l'orchestre comptait une quarantaine de jeunes au moment où il a pris la relève.

« Tous les orchestres de jeunes ont des phases, étant donné que souvent, des groupes d'amis vont partir ou arriver en même temps, constate-t-il. J'ai été chanceux : quand je suis arrivé, il y avait un bon groupe d'anciens qui étaient assez solides et qui tiraient les autres vers le haut. »

« Ça fait partie du défi de diriger un orchestre de jeunes : c'est très changeant. Chaque année, il y a des nouveaux, il y a certaines sections qui sont plus fortes et d'autres, plus faibles. Il faut choisir le répertoire en conséquence. »

Rap symphonique

Grâce à son nouveau rôle, le clarinettiste de formation espère pouvoir transmettre le plaisir de jouer à la relève qu'il accompagne.

« Pour moi, ce qui est important, c'est d'établir un bon rapport avec les jeunes, que l'on s'amuse ensemble en faisant de la musique. Mais mon but, c'est aussi qu'ils deviennent plus engagés dans le groupe et plus attentifs à ce qui se passe autour d'eux musicalement, et pas seulement à la partie qu'ils jouent. »

Hubert Tanguay-Labrosse a plusieurs projets en tête pour l'OSJS. Il souhaite notamment poursuivre les échanges avec d'autres orchestres, qui permettent aux musiciens « d'apprendre les uns des autres ».

« J'aimerais aussi faire un concert de style plus populaire l'an prochain, dit-il. Personnellement, je suis intéressé par le rap, donc on fera peut-être un rap symphonique avec un artiste. J'ai l'impression que ça pousserait les jeunes à inviter leurs collègues qui connaissent moins la musique classique. »

Ce mélange des genres, le maestro en raffole. C'est d'ailleurs l'une des raisons qui l'a poussé à fonder, en 2013, la compagnie de production montréalaise BOP (pour ballet, opéra, pantomime) avec quelques-uns de ses amis.

« En musique classique, les institutions sont vieilles et il y a donc beaucoup de codes à respecter [...], mais avec BOP, on ne se restreint pas aux balises établies et on développe notre propre vision de la musique. »

Par exemple, dans le prochain spectacle monté par son équipe et lui, intitulé Le vin herbé, la musique classique rencontrera la danse, les arts martiaux, les rap battles et la haute couture. Rien de moins!

Dernier concert de la saison

Pour le troisième et dernier concert de la 42e saison de l'OSJS, Hubert Tanguay-Labrosse a notamment retenu certaines oeuvres de Schubert ainsi que la première partie de la Symphonie en trois mouvements de Stravinsky.

« C'est une pièce très rythmique, avec beaucoup d'esprit, dit-il. C'est un gros défi pour l'orchestre. »

Marie-Anne Monette, l'une des trois lauréates du concours de concertos de l'OSJS, interprétera pour sa part le Concerto pour piano de Schumann.

Comme le veut la tradition, les jeunes musiciens seront rejoints pour quelques morceaux par l'Orchestre de la relève, composé d'enfants de 8 à 13 ans qui aspirent à faire partie de l'OSJS.

Vous voulez y aller?

Orchestre symphonique des jeunes de Sherbrooke

Soliste : Marie Anne-Monette, piano

Dimanche 15 mai, 14 h

Théâtre Centennial

Entrée : 15 $ et 25 $ (étudiants : 5 $ et 10 $)

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