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Entrevue Retour à Sherbrooke avec Robert Langevin

Voilà quatorze ans que Robert Langevin n'avait pas été invité par l'Orchestre... (La Tribune, archives)

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<p>Steve Bergeron</p>
Steve Bergeron
La Tribune

(Sherbrooke) Voilà quatorze ans que Robert Langevin n'avait pas été invité par l'Orchestre symphonique de Sherbrooke. La dernière fois, c'était en janvier 2002. Le flûtiste d'origine sherbrookoise, nommé 18 mois plus tôt flûte solo au New York Philharmonic, avait alors interprété un concerto de Carl Phillip Emanuel Bach, en plus d'avoir été reçu comme invité d'honneur à l'hôtel de ville. L'OSS a pris conscience de cette trop longue absence et réinvité l'illustre musicien à interpréter un concerto de Jacques Ibert pour son dernier concert de la saison, lequel mettra aussi en évidence la Symphonie no 4 de Gustav Mahler, avec la participation de la soprano Marianne Lambert.

Presque seize ans après votre nomination à New York (soit votre plus longue période au sein du même orchestre), votre poste vous satisfait-il toujours autant?

Le répertoire orchestral est tellement vaste qu'on n'arrive pas à en faire le tour dans une seule carrière. Il y a encore plusieurs oeuvres que je souhaite jouer avant de prendre ma retraite. Mais comme c'est moi qui s'occupe des affectations dans ma section, je peux me réserver les créations ou les oeuvres que je n'ai encore jamais jouées, ou alors répartir les interprétations avec ma collègue qui partage le poste avec moi (par exemple lorsque nous avons fait le même programme lors de cinq tournées consécutives). Tout ça me protège de la routine. J'ai donc encore le plaisir de jouer des oeuvres pour la première fois.

Que peut-on dire du Concerto pour flûte de Jacques Ibert?

Ce concerto et celui de Nielsen sont les deux concertos majeurs pour la flûte au XXe siècle. C'est une pièce que tous les flûtistes travaillent lors de leurs études (Kurt Masur m'avait d'ailleurs demandé de la préparer pour mon audition au Philharmonic), mais que le public n'a pas la chance d'entendre souvent aux concerts. Elle a été écrite en 1934. On est donc dans le néoromantisme, dans cette tradition française de recourir aux couleurs de l'instrument. Le deuxième mouvement, selon moi le plus réussi, est non seulement très beau, mais aussi touchant, car Ibert l'aurait écrit toute de suite après le décès de sa mère. Le premier et le dernier mouvement sont plus virtuoses.

Le célèbre maestro Lorin Maazel, qui vous a dirigé de 2002 à 2009 à New York, s'est éteint il y a deux ans. Comment sa direction vous a-t-elle marqué?

En fait, Lorin Maazel m'a d'abord engagé à l'Orchestre symphonique de Pittsburgh. Mes trois premières années là-bas ont coïncidé avec ses trois dernières. J'ai été très heureux de le retrouver à New York. Il m'aura donc dirigé pendant dix saisons. Sa mort est vraiment une grande perte pour le monde musical. C'était vraiment un des grands chefs d'une génération dont il reste peu de représentants. Comme il a commencé à diriger des orchestres dès l'enfance (dont le New York Philharmonic à l'âge de 12 ans), il a acquis plus tôt une maturité et une expérience que, généralement, on ne voit pas chez les chefs avant 60 ans. Il savait exactement ce qu'il voulait, il avait une oreille incroyable, il pouvait lire une partition jamais jouée et entendre la musique dans sa tête et, surtout, il pouvait se mettre dans la peau des musiciens. Il n'imposait jamais de tempi impossibles à jouer. Kurt Masur, décédé en décembre, Pierre Boulez, disparu en janvier, et Colin Davis sont d'autres grands qui nous ont récemment quittés.

Comment s'annonce votre été?

Comme d'habitude, l'orchestre fera deux résidences artistiques, une à Shanghai et l'autre au Colorado. Entre les deux, je ferai mon séjour annuel au Festival Orford. Et je prépare, pour décembre prochain, un concerto de Mozart. Notre chef invité ce soir-là sera Bernard Labadie, des Violons du Roy. J'ai très hâte de travailler avec lui.

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