• La Tribune > 
  • Arts 
  • > Un plongeon au coeur des années 1970 avec Nathalie Petrowski 

Un plongeon au coeur des années 1970 avec Nathalie Petrowski

Nathalie Petrowski... (La Tribune, Jean-François Gagnon)

Agrandir

Nathalie Petrowski

La Tribune, Jean-François Gagnon

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Magog) Plus de vingt ans se sont écoulés entre Maman Last Call (1995), le second roman de Nathalie Petrowski (porté au grand écran par François Bouvier en 2005), et son tout dernier, Un été à No Damn Good, paru il y a un mois. Rien ne garantissait des retrouvailles heureuses, mais la romancière, scénariste et journaliste se trouve en pleine possession de ses moyens. Le style imagé qu'elle déploie dans sa nouvelle oeuvre épice un récit ponctué de moments tendres, drôles et dramatiques.

« Je pensais avoir abandonné ce type d'écriture. Puis ce projet a germé et je l'ai mené à terme », résume celle qui raconte avoir entrouvert la porte à un opus 3 alors qu'elle travaillait sur Portraits retouchés, un recueil de portraits initialement publiés dans La Presse et portant sa signature.

« Ils me sont arrivés avec plein de textes que j'avais faits au fil des ans. La pile était très épaisse. Ça m'a amenée à réaliser que, si je le voulais, je pouvais refaire du roman », mentionne-t-elle.

Nathalie Petrowski a pu ainsi découvrir que son écriture s'était transformée avec les années. « Je constate que j'ai évolué en tant que romancière. J'ai fait de la scénarisation et ça m'a appris à construire des maisons, des scénarios autrement dit. Mon premier roman, par exemple [Il restera toujours le Nebraska, 1990], je ne savais pas comment le raconter ni le bâtir. »

La vie et l'histoire

Se situant à mi-chemin entre la fiction et l'autoportrait, Un été à No Damn Good transporte le lecteur dans le quartier Notre-Dame-de-Grâce (NDG), à Montréal, au début des années 1970. La jeune Nora, une adolescente d'origine française, découvre peu à peu le monde qui l'entoure en compagnie de deux fidèles amies, les soeurs Élise et Marie-T. Chevrier.

D'entrée de jeu, on plonge tête première dans l'univers des années 1970, marqué par le décès prématuré de plusieurs grands noms du rock, dont une des idoles de Nora.

Cette dernière est arrivée depuis quelque temps seulement dans le quartier NDG. Pour elle, la vie de famille n'est pas facile. Ses parents ont des différends fréquents et leur union ne semble plus tenir qu'à un fil. Ses visites chez les Chevrier, une famille québécoise d'apparence typique, l'aide à conserver son équilibre.

Et puis il y a Jeannot, le ténébreux grand frère d'Élise et Marie-T. Grattant la guitare à ses heures, il ne laisse pas l'adolescente de 14 ans indifférente. Tout le contraire, en fait.

Même si l'histoire de Nora et de son entourage semble occuper toute la place, le roman est résolument imprégné de la frénésie de l'après-Révolution tranquille. Les femmes s'efforcent de poursuivre leur émancipation, le nationalisme québécois se développe et le tumulte engendré par la Crise d'octobre ne s'est pas encore totalement apaisé.

« Je ne suis pas sociologue, mais la sociologie et l'histoire m'intéressent, souligne Nathalie Petrowski à ce sujet. C'était important pour moi de raconter à la fois ce que Nora vit et ce qui s'est passé à cette époque sur le plan historique. La Crise d'octobre, par exemple, a été un événement qui a vraiment marqué les Québécois. »

Nathalie et Nora

En lisant Un été à No Damn Good, difficile de ne pas s'imaginer que le personnage principal est en fait Nathalie Petrowski elle-même.

« J'ai fait exprès, en écrivant ce roman, pour que ce soit ambigu, pour que les gens ne sachent pas trop s'il s'agit de moi ou pas. Ce qui est certain, c'est que je me suis inspirée de nombreux souvenirs personnels lors de l'écriture », confie l'écrivaine.

Au départ, Nathalie Petrowski avait l'intention d'écrire une véritable autofiction. Mais elle s'est ravisée au bout d'un court moment. « Je me suis vite aperçue que la vérité n'est pas intéressante toute seule. D'ailleurs, un souvenir, il n'y a aucune vérité là-dedans. Des personnes qui vivent un même événement ont souvent des souvenirs différents de ce qui s'est passé. »

Quoi qu'il en soit, les deux soeurs Chevrier ainsi que leur frère Jeannot, trois personnages incontournables du roman, ont véritablement croisé la vie de la romancière dans les années 1970. Ils n'appartenaient toutefois pas à une seule famille. Leur nom a aussi été changé.

Résidence à Banff

Absent de son premier livre, l'humour est omniprésent dans Maman Last Call et dans Un été à No Damn Good. « J'aime bien la sonorité de l'ironie et de la dérision », lance-t-elle.

Pour coucher l'histoire de Nora sur papier, Nathalie Petrowski s'est rendue à Banff en Alberta, où elle a profité d'une résidence pour artistes. Elle sentait qu'elle avait besoin de s'éloigner de la maison pour concrétiser son projet de livre.

La romancière est tellement satisfaite de l'expérience vécue qu'elle réfléchit à l'opportunité d'écrire une suite, entre son travail de journaliste et sa carrière de scénariste. « J'ai beaucoup d'énergie. L'écriture m'aide à la canaliser. En plus, j'ai des tas de choses à raconter. »

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer