Comme un beau show de boucane

Conquis dès les toutes premières notes, les quelque... (Spectre média, Marie-Lou Béland)

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Conquis dès les toutes premières notes, les quelque 700 spectateurs présents au Théâtre Granada, samedi soir, étaient manifestement heureux de retrouver les soeurs Boulay. En grande forme, celles-ci ont livré un tour de chant impeccable, mariant les succès de leur premier album aux chansons de leur plus récente galette, 4488 de l'Amour.

Spectre média, Marie-Lou Béland

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Karine Tremblay
La Tribune

(Sherbrooke) CRITIQUE / J'ai vraiment découvert les soeurs Boulay en spectacle il y a deux ans, pendant leur première tournée. J'aimais déjà leur musique, Le poids des confettis jouait abondamment chez moi. Mais c'est en les voyant sur scène que j'ai eu le véritable coup de coeur pour leur répertoire et leur univers à nul autre pareil. Parce qu'elles avaient cette aisance sur scène, cette rafraîchissante façon de jaser de tout sans pudeur, cette manière de faire de la musique avec grand talent, sans se prendre au sérieux.

Pour être très franche, j'avais peur que la magie n'opère pas autant pour leur deuxième effort sur planches. Que la spontanéité des débuts cède sa place à un univers plus léché, trop lissé. Les deux frangines ont vite fait fondre mes appréhensions, samedi soir, devant un Théâtre Granada rempli de 700 fans. Le mot n'est pas choisi au hasard : c'était vraiment une salle de fans, conquis dès les premières notes et en mode délire contrôlé dès la deuxième chanson. C'était manifeste : les soeurs n'avaient pas grand effort à déployer pour conquérir les coeurs.

Elles n'ont quand même rien ménagé. Et c'est toute la beauté de l'affaire. C'est aussi ce qui fait le spectacle d'exception, celui dont on se souvient comme d'un moment de formidable complicité entre des artistes et leur public enthousiaste. Très enthousiaste, d'ailleurs. À commencer par ce Sam, joliment rebaptisé Sésame, interpellé à quelques reprises pendant la soirée et finalement invité à venir jouer du pipeau à l'avant sur la très amusante T'es ben mieux d'les ouvrir tes yeux. Un beau moment, comme il y en a eu plusieurs autres. Notamment parce que les deux musiciennes natives de New Richmond sont aussi fortes dans la livraison de leurs chansons que dans la présentation de celles-ci. Elles savent mettre le public dans leur poche en racontant une anecdote et puis une autre avec ce ton légèrement décalé, à la fois drôle et franc, qui fait tout leur charme.

« C'est que Steph a développé pendant la première tournée ce que j'ai appelé la " tourette à Steph ". Elle a perdu son filtre quelque part en chemin, on ne l'a jamais retrouvé.

Ça fait qu'elle dit des affaires qui génèrent des malaises. Par exemple en spectacle. Alors si vous vivez un malaise pendant la soirée, dites-vous bien qu'il est partagé... par moi », a révélé Mélanie.  

Succès d'avant et de maintenant

Accompagnées la moitié du temps par le talentueux multi-instrumentiste Gabriel Gratton, les deux chanteuses ont intercalé plusieurs succès de leur premier disque (Lola en confiture, Cul-de-sac, Par le chignon du cou, Ôte-moi mon linge, Mappemonde et Des shooters de fort sur ton bras, toutes joliment revisitées) à la plupart des chansons qui figurent sur leur galette 4488 de l'Amour. Le public, enflammé, a joué les choeurs de fortune plus souvent qu'à son tour et sans se faire prier. Si bien qu'au rappel, il a eu droit à une inédite composition.

Faut-il le souligner, le tour de chant était savamment mis en scène. Les voix joliment fondues des soeurettes, toujours aussi harmonieuses, glissaient sur des arrangements où la guitare, le ukulélé, les percussions et le clavier avaient beau jeu. C'était souvent comme un beau show de boucane, mais c'était parfois doux comme une berceuse (Prière, De la noirceur naît la beauté).

Tout ça dans un décor tout simple, mais tout beau, fait de maisons suspendues comme autant de cabanes d'oiseaux perchées à différentes hauteurs. Sur le grand drapé blanc tendu derrière, les projections occasionnelles ajoutaient une finesse et une joliesse à l'ensemble. Les jeux d'éclairage, superbes et bien pensés, auraient cependant pu être un iota plus dosés. L'effet de doux stroboscope créé par les multiples ampoules attachées n'était pas agaçant, mais il aurait gagné en impact s'il avait été un peu moins utilisé. C'est affaire de goût, sans doute. Reste que, au propre comme au figuré, le show a été brillant et la soirée, lumineuse.   

Solide première partie

En amorce de cette soirée A1, une mention spéciale, aussi, à la talentueuse Safia Nolin qui a offert une belle brochette de chansons « un ti-peu tristes », à la fois planantes et introspectives, en première partie.

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