Deux heures dans la famille de Bia

La chanteuse d'origine brésilienne Bïa a rempli de... (Spectre média, Marie-Lou Béland)

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La chanteuse d'origine brésilienne Bïa a rempli de son charisme et de sa chaleur la petite salle de l'auberge La Caravane de Hatley samedi soir, à l'aide des chansons de son album Navegar, lequel a gagné l'an dernier le Félix du meilleur album de musique du monde.

Spectre média, Marie-Lou Béland

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<p>Steve Bergeron</p>
Steve Bergeron
La Tribune

(Hatley) Si trois fées s'étaient penchées sur le berceau de Bïa pour lui faire chacune un présent, ce seraient le charisme, la simplicité et l'émerveillement. Ce qui expliquerait pourquoi la chanteuse n'a qu'à mettre le pied sur une scène pour que les auditoires tombent sous son charme.

C'est arrivé encore samedi soir, à La Caravane, cet écrin d'intimité installé à la sortie de North Hatley. De la place, il y en a pour à peine une cinquantaine de personnes attablées. Ça fait peu de gens à envoûter, direz-vous? Mais l'envoûtement était total dès la première seconde. Bïa n'a eu qu'à entrer dans la pièce, puis à entamer une chanson a cappella au milieu de tous. Le sort était jeté pour le reste de la soirée.

Le secret de la belle Carioca, à part sa voix magnifique? Sous son apparente légèreté de vivre, une grande profondeur (Bïa chante dans au moins cinq langues différentes et connaît les grands poètes de chacune), son riche bagage de citoyenne du monde, sa fascination devant les choses simples de la vie, un talent de conteuse hors pair et un humour surprise.

Vous auriez dû d'ailleurs l'entendre raconter sa relation amoureuse avec un navigateur (deux années où elle a « beaucoup vomi » parce qu'elle n'avait pas le pied marin) et son apprentissage du français, la « langue idéale pour se disputer », qu'elle s'est empressée d'apprendre pour clouer le bec à son querelleur de petit ami.

On soupçonne d'ailleurs le spectacle de s'appuyer sur une mise en scène calculée au quart de tour (attentionnée, Bïa prend la parole avant chaque chanson, traduisant ce que son auditoire va entendre en portugais, espagnol ou italien), mais tout passe naturellement.

Parfaite réduction

La gagnante du Félix de l'album de musique du monde en 2015 avait évidemment apporté les chansons de ce sixième opus baptisé Navegar, accompagnée seulement de sa guitare et de la violoncelliste Sheila Hannigan. Et malgré l'abondance de sonorités sur le disque, cette réduction en duo était juste parfaite.

Il faut dire que la Caravane est un lieu familial, un condensé de chaises qui craquent, de plancher inégal, de bruits de chaudron dans la cuisine. On entend même le bruit de la chasse d'eau quand le silence est trop religieux. Bref, rien pour trop se prendre au sérieux ni pour encombrer les lieux.

Bïa a aussi intercalé dans le programme plusieurs chansons de ses précédents albums : Coeur vagabond, Foi a flor, Jardim (sa version portugaise du Jardin d'hiver de Henri Salvador), sans oublier Los peces de sa défunte amie Lhasa de Sela en guise de rappel.

Elle a surtout amené un invité surprise, Isaac Neto, qui a interprété deux chansons, dont le duo Agradecimento, qu'ils ont enregistré ensemble sur l'album d'Isaac.

Et on est presque jaloux de lui. Parce qu'il fait partie de la grande famille de Bïa pendant plus que deux heures, lui.

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