Deuxième souffle avec Frédéric Giroux

Pas facile, quand on a fait partie d'un grand groupe musical comme Mes Aïeux,... (Spectre Média, Maxime Picard)

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Spectre Média, Maxime Picard

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<p>Steve Bergeron</p>
Steve Bergeron
La Tribune

(Sherbrooke) Pas facile, quand on a fait partie d'un grand groupe musical comme Mes Aïeux, de se lancer en solo, surtout lorsqu'on n'en était pas la voix principale. Mais le désir d'« extirper sa propre couleur et de l'exposer », de passer d'une prise de parole collective à un propos personnel s'est révélé impératif pour Frédéric Giroux, celui qui a apposé sa signature sur environ la moitié des musiques du sextuor. Avec l'actuelle pause de Mes Aïeux (après 18 ans de bourlingue, 6 albums, 700 000 exemplaires vendus et 11 Félix), les planètes n'auraient pu être mieux alignées pour se jeter à l'eau. Tel un Deuxième souffle... qui est finalement devenu le titre de l'album paru la semaine dernière.

As-tu dû vaincre certaines appréhensions avant de te lancer?

Je l'avoue d'emblée : c'est un défi personnel. Je navigue à travers mes peurs, mais c'est aussi, pour moi, une façon de me révéler à moi-même. Je le fais donc d'une façon volontaire et engagée. Il y avait aussi le défi de dévoiler des choses plus personnelles... et celui d'écrire. C'est pour ça que j'ai eu besoin d'aller chercher Daniel Beaumont. J'avais besoin d'un regard extérieur sur mes textes. Finalement, Daniel m'en a écrit quatre, et c'est presque du sur-mesure. Il est capable de vraiment saisir la personne devant lui.

Dans la première moitié de l'album, l'homme qui chante semble vraiment craindre de ne pas être à la hauteur, comme dans Je suis mal parti et Juste une autre chanson d'amour...

Je doute beaucoup dans la vie et je n'ai pas essayé de la cacher. Je ne voulais pas jouer de game. Cet album est justement né parce que j'ai décidé de me faire confiance, de croire que la vie allait me donner des réponses. Ce désir d'authenticité a donné une musique très dépouillée par rapport à Mes Aïeux, où tout le monde apportait tout son stock. J'ai été heureux en groupe, je m'estime chanceux d'avoir vécu un tel parcours avec une si belle gang. Mais là, j'avais envie que ça respire et que l'on sente ma présence. Les pièces ont été enregistrées live et n'ont pas été trop retouchées.

Tu parles de la quête du bonheur, de l'instant présent à saisir, du deuil, de la fuite aussi, pour se retrouver avec soi-même... Puis arrive Les rapaces, qui tranche avec tout le reste.

C'est une chanson de colère (rires), née d'un événement précis. Le bâtiment adjacent à ma maison a été vendu, démoli et transformé en immeuble à appartements. Durant les travaux, ma cour a été endommagée, ma clôture, arrachée, et même la structure de ma maison a été atteinte. Je n'ai pas eu le choix de poursuivre et, pour la première fois, j'ai rencontré des gens qui se foutent complètement de toi, et ça, en te regardant dans les yeux. Pour quelqu'un comme moi, qui donne toujours la chance au coureur, c'est difficile à imaginer. Cette chanson est ma réponse. Ça parle des gens sans scrupules. Le processus judiciaire n'est pas encore terminé (que c'est long!) mais je vais avoir gain de cause.

Ta chanson T'es belle à voir aller est dédiée à ta fille Charlotte, qui a 12 ans et qui est atteinte de fibrose kystique...

Quand tu as autour de toi une personne qui vit avec de telles contraintes, mais qui se bat et qui fait quand même sa vie, tu relativises beaucoup tes petits défis quotidiens. Mais comme je n'ai pas nommé ma fille dans le texte, le texte pourrait aussi s'appliquer à bien des femmes qui s'en mettent beaucoup sur les épaules, mais qui excellent dans la logistique d'une maison et d'une famille.

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