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Christine Pageault : trou noir vers la lumière

Grâce à son séjour d'artiste en résidence à... (Spectre Média, Jessica Garneau)

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Grâce à son séjour d'artiste en résidence à Coaticook, la conteuse et aventurière en transformation textile Christine Pageault a exploré l'univers de la marionnette et du théâtre d'ombres. Elle livre aujourd'hui le résultat de son travail de recherche et d'introspection avec le spectacle Trou noir.

Spectre Média, Jessica Garneau

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(Coaticook) Lorsqu'elle a ouvert la porte de l'atelier d'artiste en résidence de Coaticook, Christine Pageault a laissé sur le seuil ses personnages bigarrés de conteuse jeunesse pour entreprendre un voyage initiatique au coeur de la marionnette. Du moins, le croyait-elle.

Originaire de Poitiers en France, Christine a immigré au Québec en 2000 avec sa jeune famille. Elle demeure maintenant à Sherbrooke. Artiste autodidacte, elle fait ses premiers pas dans le conte en 2007 auprès de différentes clientèles, dont le jeune public, son créneau de prédilection, ainsi que le public adulte. Les contes coquins, des contes destinés aux 18 ans et plus, s'ajoutent à son répertoire en 2012.

« Ce que j'aime du conte, c'est qu'on n'a besoin de rien pour emmener les gens dans un monde imaginaire, confie Christine. Je voulais donc profiter de la résidence à Coaticook pour explorer la marionnette, en me donnant le défi supplémentaire de créer un spectacle sans mots. »

Intitulé Trou noir, le spectacle en devenir aborde le thème du deuil chez l'enfant. Un thème qui l'habite depuis longtemps. « Je raconte mon histoire, confie Christine. J'ai perdu mon père lorsque j'avais onze ans sans être accompagnée dans mon deuil, car ma mère était complètement ailleurs. J'ai donc vécu dans une grande solitude pendant longtemps. Cette petite fille dans mon spectacle vit encore en moi. Je suis la maman de ma marionnette, à la fois l'adulte et la petite fille qui a grandi. »

« La perte d'un parent, c'est dramatique, mais ce qui fait toute la différence, c'est le soutien du parent survivant et de l'entourage immédiat. Lorsque j'ai commencé mon exploration, je ne connaissais donc pas encore le dénouement de mon spectacle. Comment fait la petite fille pour s'en sortir? Il fallait que je trouve une issue, une fin. À travers les phases du deuil, j'ai trouvé quelque chose que la petite fille a eu, que moi, je n'ai pas eu. Je lui donne une chance, à elle. »

Explorer le monde des ombres

À défaut de mots, Christine a fait appel à Sandra Tremblay, artiste peintre sherbrookoise, afin de façonner un nouveau langage constitué d'images et de symboliques visuelles. Celle-ci lui suggère alors d'ajouter une autre dimension à son univers : le théâtre d'ombres. Des silhouettes éclairées à contre-jour qui s'animent en arrière-plan et servent à illustrer l'imaginaire du personnage.

« Avec le choc de la mort de son père et le fait qu'elle soit doublement abandonnée parce que sa mère n'est d'aucun réconfort, la petite fille se réfugie dans son monde intérieur », explique Christine.

Les spectateurs auront d'ailleurs le privilège de faire la connaissance de Sandra Tremblay, puisqu'elle collabore au spectacle à titre d'accessoiriste. On doit la mise en scène à Francine Péloquin, artiste multidisciplinaire d'Ulverton.

« J'avoue qu'au début, d'avoir trois mois et demi devant moi m'a fait un peu peur, mais me voici déjà arrivée à la fin sans avoir réussi à faire tout ce que je voulais faire. D'avoir un espace destiné à la création, c'est génial! »

Aventurière du textile

Coaticook aura le plaisir de l'accueillir à nouveau l'été prochain, cette fois-ci pour des ateliers de création en arts textiles qu'elle offrira à l'école d'été Vacances Arts Nature, soit Transformation créative de vêtements (1er au 4 août) et Créations artistiques en tissu (5 au 7 août).

« Dans mes ateliers, on a droit de faire tout ce qu'on veut, il n'y a pas d'erreurs, lance Christine avec un grand sourire. Le tissu est un médium qui permet et qui révèle tellement de choses. »

Vous voulez y aller?

Trou noir

Christine Pageault

Samedi 30 avril, 14 h

Atelier de l'artiste en résidence de Coaticook (3e étage de la Bibliothèque Françoise-Maurice)

Entrée gratuite

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