S'ouvrir au monde et se découvrir

Virginie Paul et Marie Talaïa partagent depuis leur... (Spectre Média, Frédéric Côté)

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Virginie Paul et Marie Talaïa partagent depuis leur entrée au programme Arts, lettres et communication du Cégep de Sherbrooke une même passion pour la littérature et la culture.

Spectre Média, Frédéric Côté

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(Sherbrooke) Virginie s'est pointée au cégep il y a deux ans avec en poche son horaire en sciences de la nature. Elle allait se préparer pour ses études universitaires, sans trop savoir ce que ça allait être. De la médecine, des sciences, de la chimie... Qui sait? C'est le cégep, on se cherche toujours un peu. Puis elle atterrit dans le cours Littérature et imaginaire. Déclic total.

« Mes yeux se sont ouverts, j'ai vraiment tripé », lance-t-elle dans un de ces sourires heureux qu'on voit trop peu souvent, avant d'ajouter qu'il a tout de même fallu annoncer son changement de programme à sa mère, conseillère en orientation, pour qui ce fut un certain déchirement.

Vrai que pour la majorité, conseillers en orientation ou pas, le passage par les arts, lettres et communication n'apparaît pas comme une route très claire vers une profession tout aussi claire.

« Le programme ouvre pourtant tout autant de portes que les autres, tout en ajoutant au bagage culturel et à la créativité, ce qui ne sera pas négligeable, peu importe la voie qu'on emprunte ensuite », fait valoir le coordonnateur du programme Arts, lettres et communication au Cégep de Sherbrooke, Guillaume Lallier.

Il souligne d'ailleurs que le tiers de ses finissants prendra la route des arts et lettres, un autre tiers celui des sciences humaines. Les autres choisiront l'éducation, le droit, les sciences appliquées ou autre chose encore.

En fait, ce que rappelle ici Guillaume Lallier, c'est que la culture et la créativité ne devraient pas être - et ne sont pas - l'apanage des artistes et des écrivains, mais s'avèrent tout aussi utiles aux chercheurs, entrepreneurs, chefs d'entreprises, éducateurs, politiciens, intervenants et tutti quanti qui feront bénéficier cette belle société qu'est la nôtre de leur vision enrichie et de leurs outils décuplés.

Ce sera le cas de Marie Talaïa, inscrite l'automne prochain en développement international à l'Université de Montréal. Marie, c'est la fille qui prévoit travailler pour l'UNESCO, ajouter sa voix à celles des porteurs de changement, et qui fait déjà pas mal entendre la sienne au quotidien. Elle est entre autres inscrite au cours d'engagement communautaire qui l'amène à rencontrer des élèves du secondaire.

« Je me sers souvent de l'exemple de Virginie pour leur dire qu'il n'est jamais trop tard pour apprendre, se cultiver, ouvrir ses horizons, lance-t-elle avec conviction. Les jeunes sont tellement poussés à choisir tout, tout de suite et maintenant, alors qu'on est en droit de se découvrir, d'explorer pour trouver ce qui nous passionne. La culture permet de se découvrir. En fait, la culture, c'est la vie. »

Et le bonheur, ajoutera Virginie. « Dès mon entrée au programme d'arts, lettres et communication, j'ai été tellement plus heureuse. La littérature, les arts, ça ouvre tout un univers », précise celle qui n'avait eu que peu de contacts avec la culture pendant ses études secondaires.

« Je n'aimais pas tant le français ni la lecture, je n'étais jamais allée au théâtre et mes goûts en cinéma se limitaient aux trucs populaires comme Harry Potter, raconte Virginie. Ici, je goûte à tout, du cinéma de répertoire à l'histoire de l'art. Les profs sont passionnés, il y a plein d'activités, les cours sont enrichissants et intéressants.

« J'ai appris tellement de choses surprenantes que je ne connaissais absolument pas et qui m'amènent à voir la vie différemment », poursuit-elle sous l'oeil approbateur de Marie.

Celle-ci en profite pour ajouter que « ces apprentissages culturels vont [lui] servir dans [sa] vie personnelle. Ça aura une influence incroyable. Dans la vie, il y a le travail, mais il y a tout le reste aussi. La culture donne à tout ça une tout autre perspective, une ouverture nécessaire sur le monde ».

Et malgré les efforts de plusieurs directions d'écoles et enseignants du primaire et du secondaire, les étudiants font souvent leur entrée au cégep avec un bagage culturel déficient.

« Plus les jeunes sont en lien rapidement avec la culture, plus leurs connaissances et leur ouverture sont importantes lorsqu'ils arrivent, note Guillaume Lallier. Mais on a encore des surprises, des jeunes qui arrivent ici sans connaître des choses de base comme la Crise d'octobre ou les écrivains québécois les plus importants.

« On espère toujours que la culture prenne davantage de place dans l'éducation des jeunes, fait valoir Guillaume Lallier. Et de notre côté, on s'est donné un programme attirant et stimulant pour les accueillir. On espère que les jeunes en profitent. »

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