L'amour, toujours

Francis Cabrel sera en spectacle à la salle... (Le Soleil, Yan Doublet)

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Francis Cabrel sera en spectacle à la salle Maurice-O'Bready de Sherbrooke le lundi 2 mai prochain.

Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) Lorsqu'il visite le Québec, Francis Cabrel aime particulièrement son passage dans la capitale. Cette relation particulière remonte tout au début de sa carrière. La première fois qu'il est venu au Québec, rapporte-t-il, il y avait déjà plus de monde pour l'entendre à Québec qu'à Montréal.

« Québec ressemble un peu à Montpellier, à Marseille. Il y a la même ferveur que dans le sud-est de la France », raconte celui qui aime bien déambuler dans les rues du Petit-Champlain. Un décor qui ne ressemble en rien à sa ville de résidence, Astaffort, une campagne gersoise où les maisons de pierres côtoient les fermes. Nous avons rencontré l'artiste français, aussi propriétaire du vignoble Le domaine du Boiron, lors de son passage en août dernier.

Vous avez vendu près de 21 millions d'albums dans votre carrière. Arrivez-vous tout de même à vivre de façon anonyme dans votre village d'Astaffort?

Oui, parce que je suis né là, donc les gens m'ont toujours vu : petit, moyen, grand et vieux maintenant (rires)! Je suis un des leurs. Je suis quelqu'un du village. Ça me convient bien. Quand je reviens de Paris ou de tournée, je redeviens un villageois dans son village.

Vous vivez sur une ferme?

Oui, une sorte de maison avec tous les animaux de la basse-cour, des oeufs... J'essaie de vivre le plus près de la nature.

Vous avez même été conseiller municipal de 1989 à 2004. Qu'appréciez-vous de ce coin de pays?

Le hasard a fait que je suis né dans ce coin de France qui est super joli, mignon, la météo est bonne, toute ma famille est là depuis 1920. Ce sont des gens qui arrivaient d'Italie après la crise économique. Toute la région est peuplée d'Italiens. J'ai peut-être 25 cousins, cousines, oncles et

tantes dans les villages autour.

Vous avez fait paraître en avril 2015 votre 13e album studio, intitulé In extremis. Êtes-vous heureux de l'accueil qu'il a reçu?

Je suis très satisfait. J'étais inquiet, mais les retours sont plutôt bons.

Pourquoi étiez-vous inquiet? Vous aviez peur que les gens vous aient oublié?

Oublié, non, parce que j'ai testé leur patience avec mes périodes de cinq ans de silence. Mais j'avais peur de décevoir. Comme chaque fois. Comme sur scène. J'ai toujours peur d'oublier mes paroles, de mal chanter.

Vous avez commencé le métier en 1974, il y a plus de 40 ans. Qu'est-ce qui vous motive à continuer?

C'est la passion. J'aime beaucoup jouer de la guitare, chanter, être bien accompagné. J'ai la chance d'avoir un super groupe. J'aime faire mon intéressant avec une guitare comme quand j'avais 15 ans (rires)!

Vous parlez beaucoup d'amour dans vos chansons. Que diriez-vous de celui que vous portez à Bob Dylan?

C'est une passion sans limites. C'est le modèle absolu. Pour la profondeur du répertoire, l'attitude de celui qui chante, la voix, le détachement, la poésie. De ma première chanson jusqu'à aujourd'hui, je n'ai écouté que Bob Dylan.

Il demeure votre modèle.

Tout-à-fait, sauf que moi, je parle aux médias (rires). Il y a le talent en différence et l'attitude par rapport aux médias. Il fait partie de gens qui ont révolutionné leur époque. Il faisait des chansons de 6 ou 12 minutes à l'époque où les Beatles faisaient 2 minutes 10. Il y a beaucoup de hardiesse en lui.

Vous aimez les guitares. Combien en possédez-vous?

Officiellement 50 parmi lesquelles une guitare québécoise de chez Boucher (boutique de Berthier-sur-Mer). Sinon, je collectionne surtout les guitares de jazz des années 1950. Des vieilles et de très très belles pièces. C'est quasiment de l'art. J'aime l'histoire qu'elles véhiculent, la musique qu'elles ont dû jouer dans les maisons des jazzmen et des bluesmen, j'aime le son qu'elles ont, leur couleur fanée...

Parlez-nous de votre amour de la scène.

Vous voulez dire la peur de la scène? L'amour, ça vient après. Il faut d'abord arriver jusqu'au micro. Bien sûr, j'aime beaucoup ça, mais il y a d'abord un tas de peurs à franchir, dans cet espace entre derrière le rideau et le micro. Une fois qu'on est arrivé, ça va mieux.

Vous accordez beaucoup d'importance à la langue française. Qu'est-ce qui vous séduit chez elle?

Elle est formidable. Elle est riche. Elle a des milliers de nuances. Les dictionnaires sont remplis de mots fabuleux, pas assez utilisés pour certains. On n'a pas besoin d'aller chercher des expressions anglaises un peu par paresse ou par snobisme. On envoie des mots anglais par-ci par-là, mais moi, je pense que c'est plus dangereux qu'autre chose.

Vous voulez y aller?

Francis Cabrel

Lundi 2 mai, 20 h

Salle Maurice-O'Bready

Entrée : 75 $

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