Embrasser Laure... et l'écriture

Kiev Renaud a récemment lancé Je n'ai jamais... (Spectre Média, Jessica Garneau)

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Kiev Renaud a récemment lancé Je n'ai jamais embrassé Laure, publié chez Leméac, un roman rencontre entre les personnages de ses nouvelles.

Spectre Média, Jessica Garneau

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C'était en 2009, deux ans après avoir remporté Sors de ta bulle! (concours littéraire sherbrookois pour les jeunes du secondaire) et publié Princesses en culottes courtes, son premier roman issu de nouvelles. Kiev Renaud affirmait alors, du haut de ses 18 ans encore un peu contestataires, qu'elle ne se considérait pas comme une écrivaine. « Parce que je m'amuse. Ce n'est pas ce que je veux faire de ma vie. Je suis certaine de ça. »

Au lendemain du lancement de Je n'ai jamais embrassé Laure, son second roman construit tel un casse-tête dont elle dispose minutieusement les pièces, Kiev Renaud est heureusement moins catégorique, nettement plus nuancée.

« Je continue pour le fun, mais toujours sans la pression d'avoir à gagner ma vie. Mais oui, je suis certaine d'être écrivaine dans la mesure où c'est un mode de perception du monde, une façon d'être. Ce n'est pas un choix de carrière », expose Kiev Renaud, en admettant un passé tout en contestation que l'on devine encore en latence.

Et parce qu'elle ne ressent pas l'obligation d'écrire, parce qu'elle le fait dans la solitude et le plaisir, Kiev Renaud écrit beaucoup, réécrit et réécrit plus encore. Avant de lancer chez Leméac les 88 pages dans lesquelles repose Je n'ai jamais embrassé Laure, l'auteure sherbrookoise en a rédigé environ 400 à force de peaufinage et de polissage.

« Je retravaille et je retranche beaucoup, je suis assez extrême dans les détails, confie l'auteure de 24 ans. Tout est à sa place et je ne garde que ce qui compte, l'essentiel. C'est beaucoup de travail, mais ça m'a permis d'aboutir à un livre dont je suis fière. »

Tableaux indépendants

Un livre où l'on retrouve Laure, Florence et quelques personnages auxquels Kiev Renaud avait déjà donné vie au cours des trois dernières années, au fil de nouvelles publiées en revues littéraires ou en recueil, parmi lesquels Et couvertes de satin, qui lui a valu en 2015 le Prix international du jeune écrivain de langue française. Un livre sur l'ambiguïté des relations, douces, complexes, multiples, sur le rapport à soi et aux autres, sur la féminité, sur l'attraction des interdits et la peur du danger qui se bousculent chez Laure, chez Florence, chez Cassandre. 

« Chaque histoire fonctionne séparément, mais aussi dans un ensemble, explique Kiev Renaud. J'ai attribué sa voix à chaque personnage, chacune a son point de vue, son histoire qui contribue à l'histoire. »

Parce que Kiev Renaud ne travaille jamais de façon linéaire, mais bien par tableaux indépendants qui viendront ou non s'imbriquer les uns dans les autres et qui auront la liberté de vivre sans attache, un peu à l'image de l'auteure.

Entre les séances de dédicaces et les entrevues liées à son dernier roman, la doctorante en littérature s'attaque, pour sa thèse, au portrait de la beauté chez Duras, Leduc et Millet, se prépare aussi à soumettre sa contribution au collectif de nouvelles érotiques dirigé par Stéphane Dompierre, poursuit l'écriture sensuelle, précise, presque photographique qui la caractérise.

Cette écriture dont elle ne vit pas, mais qui la fait vivre.

À LIRE

Je n'ai jamais embrassé Laure

Leméac

88 pages

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