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Sophie Jeukens : faire La gueule à la beauté

Sophie Jeukens monte sur scène le vendredi 22... (Spectre, Jessica Garneau)

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Sophie Jeukens monte sur scène le vendredi 22 avril pour offrir son spectacle poétique La gueule à la beauté.

Spectre, Jessica Garneau

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(SHERBROOKE) D'abord oublier la rime. La rime, l'alexandrin, le ton empesé où les mots s'enfargent les uns les autres, entraînant le lecteur dans leur chute.

Oublier tout ça, puis retrouver Sophie Jeukens et sa poésie au coin de la rue, dans l'intimité du Tremplin dans ce cas précis, là où la poète sherbrookoise fait vendredi La gueule à la beauté, « une heure et dix de poésie bien accotée avec en fin de compte un message clair et limpide », se réjouit l'artiste des mots, qui voulait s'assurer, avant de se retrouver sur scène, que « les gens puissent se raccrocher ».

« La poésie, c'est très large, il y a là plusieurs formes de textes, mais les ancrages sont très concrets. »

Parce que dans La gueule à la beauté, Sophie Jeukens parle avant tout de la vie. De ce qu'on attend d'elle, des idéaux véhiculés et qui se frayent un chemin jusque dans les cerveaux les moins conditionnés, de l'amour jamais si simple, de ce qu'on devient et de tous ces deuils de ce qu'on ne sera pas.

Pause.

Sophie Jeukens est-elle devenue ce qu'elle souhaitait devenir?

Non.

« Ma vie ne ressemble en rien à ce que je pensais qu'elle allait être quand j'étais enfant », confie la jeune trentenaire en se rappelant son enfance hyper protégée, quelque chose tout près de la censure. « Quand je suis arrivée dans le vrai monde, j'ai eu un choc. »

Elle rêvait d'être écrivain, mais dans une définition quasi inexistante de l'écrivain, où il n'a pas à écrire un roman chaque année, un best-seller bien entendu, afin de prétendre à la vie d'écrivain vivant de sa plume.

Déçue? « Même pas, parce que j'ai réalisé que ça n'existait pas, mais aussi parce qu'il s'est présenté des occasions pour d'autres choses tout aussi enrichissantes », explique la directrice artistique de la Maison des arts de la parole de Sherbrooke.

Parce que les occasions, mais parce que la poésie aussi. Celle qu'elle écrit, qu'elle dit, qu'elle lit surtout, essentielle à la vie.

« Je suis parfois longtemps sans rien écrire et je ne ressens pas le manque d'écrire, sans doute parce que la scène et le travail viennent combler le besoin de création, raconte Sophie Jeukens. Par contre, je ne pourrais pas vivre sans poésie. J'en lis beaucoup, tout le temps, tout. C'est ma façon de vivre et de comprendre le monde dans lequel je vis, de partager les relations humaines. Je trouve dans la poésie ce que je ne trouve pas nécessairement dans les conversations du quotidien. »

Sans structures castrantes

Mais la poésie de Sophie Jeukens, on l'a déjà dit, est sans rime, sans structures castrantes, sans lourdeur dans le langage.

« Je n'avais pas eu de contact avec la poésie avant le cégep, et c'est parce que j'étais en littérature que j'ai eu ce premier contact », se rappelle-t-elle aussi vivement que ses premières impressions mitigées devant les mots choisis, les traditions solides, les auteurs du corpus nettement plus français que québécois.

« Ça ne m'a pas parlé. Mais j'ai vite rencontré des poètes plus près de nous, qui vivaient dans le même monde que nous, qui parlaient notre langage, avaient une autre façon d'utiliser les mots, d'exprimer les choses, de créer des images et de les relier ensuite pour dire des choses sur le monde qu'on n'a pas l'occasion de dire dans le quotidien. »

Ses images ont été portées par le slam, école de poésie et de la scène par laquelle elle s'est ensuite laissé entraîner vers le spoken word. Sophie Jeukens a en effet l'art d'écrire, son recueil Kérosène a fait belle vitrine aux éditions Fond'tonne l'automne dernier, mais elle a aussi l'art et l'envie de dire, et de faire La gueule à la beauté.

Vous voulez y aller?

La gueule à la beauté

Sophie Jeukens

Vendredi 22 avril, 20h

Salle le Tremplin

Entrée: 10$

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