Eh bien... jazzez maintenant!

Lorraine Desmarais... (La Presse, archives)

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Lorraine Desmarais

La Presse, archives

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<p>Steve Bergeron</p>
Steve Bergeron
La Tribune

(Sherbrooke) Tout a commencé par une peine d'amour. Un coeur brisé que Lorraine Desmarais a tenté de soigner avec un des remèdes les plus courants : se changer les idées. Or, à deux pas de chez elle, une école donnait des cours de tango argentin. Quoi de mieux, pour oublier une flamme éteinte, que de s'abandonner au feu de la danse?

« Quand je voyais des danseurs de tango, je me disais toujours qu'il fallait que j'essaie ça un jour. Non seulement j'ai toujours trouvé ça très beau et sensuel, mais c'est une musique tellement expressive! » raconte la pianiste jazz aux 32 ans de métier, qui a aussi été attirée par l'appel de l'inconnu.

« Nous, les musiciens, nous nous servons davantage de nos bras. Les jambes ne sont pas très actives. J'ai donc décidé de me lancer et ça m'a vraiment fait du bien, sur les plans tant psychologique que musical, car j'ai découvert le vieux tango argentin des années 1930, puis le nuevo tango... »

Son aventure dans l'univers de Piazzolla a duré environ quatre ans. « J'ai arrêté parce que c'est quand même très difficile, même si j'ai adoré l'expérience. Finalement, j'ai sublimé tout ça dans l'écriture de la musique. Car je pense être meilleure compositrice que danseuse », raconte-t-elle en riant.

À quelque chose malheur est bon, dit l'adage, et la conséquence heureuse de sa rupture amoureuse, elle la tient aujourd'hui entre ses mains : un nouvel album (son douzième) intitulé Danses Danzas Dances, où non seulement elle s'est propulsée dans une exploration jazzée des danses traditionnelles d'Amérique latine, mais a prolongé son « dansant » plaisir en incluant la valse, le reggae, le boléro, le triple swing et même notre reel d'origine irlandaise. Qui plus est, avec un big band de quinze musiciens.

« J'ai commencé par une habanera, une façon pour moi de faire un clin d'oeil à Bizet, puis un tango, ensuite une milonga, qui est une sorte de danse rappelant la gigue et le rigodon. C'est sans doute pour ça que la suivante a été le reel traditionnel québécois. Et ça s'est poursuivi ensuite comme un effet domino. »

L'idée maîtresse, lors de l'écriture, était de garder les couleurs typiques (qu'elles soient rythmiques, mélodiques ou harmoniques) de chacune de ces danses, sans entraver la grande liberté du jazz.

« Les gens reconnaîtront le style, mais il y aussi tout ce qui est alentour. Parfois, même, cela devient une sorte de caricature humoristique. Par exemple, insérer un temps de plus dans une mesure. Ce serait tout un tour à jouer à un danseur! Il aurait l'impression d'avoir oublié un pas! Cela donne donc des oeuvres qui ne se dansent pas... mais je réserve quand même quelques surprises dans les concerts », annonce-t-elle, sans en révéler davantage.

Plaisir plutôt que service

Surtout, Lorraine Desmarais s'est employée à écrire des oeuvres qui mettraient chacun de ses quinze musiciens en valeur et respecteraient leur style. Parce qu'elle les connaît tous très bien, qu'ils se connaissent tous entre eux également, et que de les réunir en big band, ce n'était pas tant un service à leur demander qu'un grand plaisir à leur offrir. La plupart d'entre eux avaient déjà une bonne expérience de grand ensemble derrière la cravate.

Pour la pianiste, il s'agissait d'un deuxième album pour big band. Lorraine Desmarais a justement pu apprécier l'expérience acquise depuis ce premier effort.

« Disons que le premier disque était un exercice pour me faire le crayon [elle avait quand même remporté un Félix en 2009 pour Lorraine Desmarais Big Band]. Cinq, six ans plus tard, je me sentais beaucoup plus à l'aise. Ce ne sont donc plus des arrangements pour big band, mais de véritables compositions pour cet ensemble. Je ne voulais pas refaire In the Mood ni réécrire Goodman, mais avoir un son moderne et actuel, m'éloigner de la salle de bal », insiste-t-elle.

L'album a été enregistré en quatre séances de douze heures. « Les répétitions étaient fantastiques. C'est un projet qui m'a allumée de A à Z, de la première à la dernière note. J'ai maintenant hâte de présenter ça au public, parce que la danse, c'est intemporel et universel. »

Son passage au Domaine Forget en juin vient justement d'être annoncé. Et il serait quand même étonnant que le Festival de jazz de Montréal ne lui trouve pas une petite place dans son édition de 2016...

Vous voulez écouter?

Danses Danzas Dances

Lorraine Desmaris Big Band

Jazz et musique du monde

Scherzo

Jazz à l'OSS

Le public sherbrookois n'aura pas à attendre longtemps avant de revoir Lorraine Desmarais sur scène : la musicienne a accepté d'être la tête d'affiche de la Soirée-bénéfice jazz de l'Orchestre symphonique de Sherbrooke.

Non, elle n'apportera pas tout son big band. Plutôt son indéfectible trio, composé du batteur Camil Bélisle et du contrebassiste Frédéric Alarie.

« J'ai accepté l'invitation parce que je connais plusieurs musiciens et organisateurs de l'OSS [n'oublions pas qu'elle a aussi été porte-parole du Festival des harmonies], mais aussi parce que leur activité-bénéfice est un véritable concert. C'est beaucoup plus intéressant! Je ne suis pas là seulement pour jouer une musique d'ambiance pendant le souper. Nous allons interpréter des pièces du plus récent album en trio, Couleurs de lune, mêlées avec des classiques du jazz, par exemple quelques pièces de Brubeck et de Gershwin, pour les néophytes. Bref, un beau mix de créations jazz et de relectures de classiques du jazz », résume-t-elle.

Vous voulez y aller?

Soirée-bénéfice jazz

Au profit de l'Orchestre symphonique de Sherbrooke

Vendredi 27 mai, 17 h (souper spectacle) et 20 h (spectacle seulement)

Théâtre Granada

Entrée : 150 $ (souper spectacle) ou 42 $ (spectacle seulement)

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