Baigner dans la musique

Louis-Armand Bombardier, fondateur de la boîte de développement... (Spectre Média, René Marquis)

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Louis-Armand Bombardier, fondateur de la boîte de développement culturel L-A Be et du Studio B-12, et Éric Rathé, réalisateur maison et directeur technique.

Spectre Média, René Marquis

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<p>Steve Bergeron</p>
Steve Bergeron
La Tribune

(Valcourt) C'est un secret de moins en moins bien gardé. Surtout depuis le mois dernier, parce que Michel Rivard, Luc de Larochellière, Mara Tremblay, Éric Goulet, Gilles Bélanger et les Mountain Daisies ont lancé l'album Sept jours en mai, fruit d'une retraite de création intensive... à Valcourt, en mai 2015. Pendant une semaine, dans cette immense maison transformée en cocon d'écriture et d'enregistrement, ils ont réussi à pondre 21 chansons, dont 14 se retrouvent sur le disque. En mangeant et dormant sur place, ils pouvaient se couper totalement des préoccupations quotidiennes pour se concentrer uniquement sur la musique.

Un secret qui s'évente, disions-nous donc. Et ça fait bien l'affaire de Louis-Armand Bombardier, celui qui a ouvert le Studio B-12 il y a trois ans et espère voir un nombre croissant d'artistes y séjourner.

« J'avais en tête le mythique Studio d'André Perry à Morin-Heights, aujourd'hui malheureusement à l'abandon. Je pensais à un lieu accueillant, inspirant, près de la nature, qui a cette espèce de magie, où l'espace est énorme et où les musiciens peuvent se retrouver tous ensemble, mais aussi s'isoler, en petits groupes ou individuellement. »

Pour être énorme, c'est énorme. Construite à la fin des années 1960 par le père de Louis A., JR André Bombardier (lui-même fils du célèbre inventeur Joseph-Armand Bombardier), la maison dessinée par l'architecte Jacques de Blois compte neuf chambres à coucher qui peuvent accueillir quinze personnes. Devenue résidence secondaire lorsque les parents de Louis A. se sont séparés et que le siège social de la compagnie s'est déplacé à Montréal, la maison, difficile à vendre à cause de sa valeur et de son éloignement, était inoccupée depuis plusieurs années.

Parallèlement, Louis A., qui a fondé en 2001 la boîte de développement culturel L-A Be (pour Let Artists Be), cherchait une sorte de prolongement à son entreprise, vouée à faire entendre et connaître de nouvelles voix artistiques, grâce à la production d'albums et de spectacles.

Dans cette famille où l'on jase plus souvent d'affaires, Louis A. est un peu l'exception qui confirme la règle (si on fait abstraction de la créativité du grand-père).

« Jeune, j'ai eu mon band rock, j'écrivais de la poésie, j'avais même commencé des études de chant classique. Le décès de ma mère m'a causé un grand choc et j'ai tout abandonné. Après m'être cherché pendant un moment (Brel et Charlebois m'accompagnaient quand même partout), j'ai fait un cours d'ingénieur du son, mais je me suis finalement retrouvé en gérance. J'ai travaillé pour Nick Carbone, à l'époque de Gabrielle Destroismaisons », dit celui qui s'occupe notamment aujourd'hui de Jérôme Couture, Renée Wilkin et Jonathan Painchaud.

Comme au temps de Led Zepp...

Quand même bien camouflé en retrait de la rue Saint-Joseph sur une terre de 19 acres, de l'autre côté d'un mignon petit pont couvert enjambant le Brandy Creek, le B-12, avec son architecture rappelant des blocs disposés côte à côte ou les uns par-dessus les autres, permet une grande variété d'acoustiques, grâce à son mélange d'espaces ouverts ou fermés.

« Toutes les pièces ont une sonorité différente. Par exemple, on peut placer la batterie tout en bas, montre Louis A. depuis la mezzanine, et placer les micros ici sur la passerelle, ce qui permet de créer cet écho typique des années Led Zeppelin. »

Du recouvrement de bois a quand même été ajouté au plancher et sur quelques murs pour améliorer le son. La maison a par ailleurs gardé une partie de son cachet des années 1960, même si on voit que les années 1980 sont aussi passées par là, la moquette moelleuse ayant supplanté les tapis à poils longs.

« Les Lost Fingers sont récemment venus enregistrer un album de Noël et ils avaient amené John Jorgenson [célèbre guitariste américain] pour le réaliser. Il a dit que nous avions vraiment une vraie perle comme studio. Moi, quand les artistes sont contents, je le suis. »

Le B-12 continue aussi d'enrichir sa collection d'instruments, le plus récent achat étant le Hammond B3 du défunt Studio Victor, fermé l'automne dernier.

Les artistes qui viennent au B-12 peuvent aussi compter sur la présence d'Éric Rathé, ancien Léopold Z, qui habite les lieux et agit comme directeur technique et réalisateur maison.

Mais Louis A. a encore plusieurs idées pour rendre le Studio B-12 encore plus vivant. « L'École nationale de la chanson de Granby songe à tenir des classes de perfectionnement ici. Cela pourrait aussi devenir un lieu de résidence artistique. Je rêve de transformer le hangar en petite salle de spectacles pour la communauté. J'aimerais en fait que le projet puisse être positif pour Valcourt. La ville va moins bien depuis le départ du siège social de Bombardier et je fais partie des gens d'affaires qui veulent la revitaliser, l'aider à retrouver son attractivité. »

Pourquoi B-12?

Non, le B-12 ne tire pas son nom d'une boule de bingo. C'est plutôt le nom que portait la première autoneige créée par Joseph-Armand Bombardier, dans les années 1940. Elle fut longtemps le porte-étendard de l'entreprise et en a assuré la prospérité. Pour Louis-Armand, c'était le nom tout désigné.

Ils sont passés dans le B-12...

Les soeurs Boulay

Betty Bonifassi

Misteur Valaire

The Lost Fingers

The Blue Seeds

Émilie et Ogden

Klô Pelgag

Les Chiens

Les Hôtesses d'Hilaire

Brigitte Saint-Aubin

Érik West-Millette

David Giguère (pour le

tournage du clip Aimer aimer)

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