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Déficience intellectuelle ou interlligence différente?

Sophie Chabot a créé l'exposition Di ou id?... (La Tribune, Yanick Poisson)

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Sophie Chabot a créé l'exposition Di ou id? avec l'aide de dix personnes atteintes de déficience intellectuelle.

La Tribune, Yanick Poisson

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Yanick Poisson
La Tribune

(Princeville) Infirmière de formation et artiste de passion, la Plessisvilloise Sophie Chabot a choisi de combiner art et psychologie en travaillant avec une dizaine de déficients intellectuels. Elle en présente le fruit, l'exposition Di ou id?, à la bibliothèque de Princeville, jusqu'au 16 avril.

« Ce projet émane du désir d'unir mon côté humaniste et mon côté créatif. J'ai guidé mes participants étape par étape. Ils ont tracé des lignes et des cercles, fait des formes. Je leur ai laissé une grande latitude pour ce qui est des couleurs. Le résultat est franchement intéressant », estime-t-elle.

L'artiste a sélectionné les meilleures oeuvres, qu'elle a numérisées pour ensuite les séparer en plusieurs couches. Elle a fait imprimer chacune des couches sur des acétates et a joué avec les teintes et les orientations afin de créer des pièces uniques.

« Une qualité très présente chez les personnes que j'ai côtoyées est la transparence. Transparence dans l'expression de qui ils sont et, également, dans l'expression de leurs émotions. Avec eux, il n'y a que peu d'inhibition, peu de filtres. Ces notions de transparence et de filtre se sont imposées à moi et sont au coeur de ma création ici », ajoute-t-elle.

En tout, Sophie Chabot a supervisé une dizaine d'ateliers de création au cours desquels ses artistes en herbe de l'Association des personnes handicapées de L'Érable ont créé une soixantaine d'oeuvres d'acrylique et d'argile. Certains ont surpris par leur talent et l'authenticité de leurs oeuvres.

L'artiste a tenté de pousser son initiative un peu plus loin en amenant ses protégés à réfléchir sur leur situation et à exprimer comment ils vivent leur différence dans le monde. Elle s'est toutefois aperçue que les troubles qui envahissent le développement de ces personnes sont encore plus contraignants qu'elle l'anticipait.

Une deuxième phase : les Impatients?

Toutes les oeuvres exposées à la bibliothèque de Princeville ont été mises en vente afin d'amasser les sommes nécessaires à une éventuelle deuxième phase. Pour mener à bien le projet initial, Mme Chabot a bénéficié d'une bourse de 15 000 $ du Conseil des arts et des lettres du Québec.

L'artiste planche également sur le projet de créer une cellule des Impatients dans la région victoriavilloise. L'initiative est en cours d'écriture et le nerf de la guerre sera, bien entendu, le financement.

« Je travaille là-dessus. Ce serait vraiment l'aboutissement ultime, un rêve qui se réalise. J'ai vécu une expérience fort enrichissante avec ces gens. Ils sont accueillants et chaleureux, leurs accolades et leurs sourires vont me manquer », dit-elle, précisant que son expérience l'avait conduite à « marrainer » une personne démunie.

En marge de l'exposition, Sophie Chabot a créé une mosaïque inachevée, afin de permettre aux visiteurs d'inscrire cette facette de leur personnalité qui les rend différents à leur façon. Du trouble obsessif à la dépendance, en passant par certains traits de caractère, l'artiste suggère que tous ont une intelligence différente.

Après Princeville, l'exposition se déplacera au Musée Laurier de Victoriaville, puis à la galerie d'art de Culture Centre-du-Québec à Nicolet.

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