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Entrevue pour la mémoire avec Martin Leclerc

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Aujourd'hui retraité, Martin Leclerc vient de mettre la touche finale à son premier film comme réalisateur, Le 186 pour la mémoire, un documentaire suivant, de janvier à juin 2014, les travaux de restauration de la Maison Félix-Leclerc, à Vaudreuil-Dorion, qu'il a habitée de 1956 à 1967 avec son illustre père.

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<p>Steve Bergeron</p>
Steve Bergeron
La Tribune

(Sherbrooke) Fils aîné de Félix Leclerc et de sa première épouse Andrée Vien, Martin Leclerc a essentiellement gagné sa vie comme caméraman et directeur photo au cinéma. Il a notamment travaillé avec Pierre Perreault. C'est aussi lui qui a croqué les images sur le Sedna IV de Jean Lemire pour les documentaires Mission Arctique et Mission Antarctique. Aujourd'hui retraité, il vient de mettre la touche finale à son premier film comme réalisateur, Le 186 pour la mémoire, un documentaire suivant, de janvier à juin 2014, les travaux de restauration de la Maison Félix-Leclerc, à Vaudreuil-Dorion, qu'il a habitée de 1956 à 1967 avec son illustre père. Il sera ce soir même à Sherbrooke, à la Maison du cinéma, pour présenter son film au Festival Cinéma du monde.

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Martin Leclerc

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Comment avez-vous trouvé de passer de caméraman à réalisateur?

J'ai adoré ça! Au début, je n'étais pas certain. Mais quand j'ai vu que le projet de restauration allait vraiment se concrétiser [la maison a été rachetée par un comité de sauvegarde en 2006, classée monument historique en 2009 puis rénovée au coût de 2 millions $], j'ai vu que c'était sérieux et je me suis dit que je devais faire quelque chose. Après tout, c'est une maison que j'ai habitée pendant une quinzaine d'années. Je vis encore tout près aujourd'hui. Je ne voyais personne d'autre que moi pour faire ce film.

Est-ce que ce fut difficile pour vous? C'est une maison où vous avez été heureux mais aussi celle du moment où votre père est parti...

J'ai fait la paix avec cette partie de ma vie. C'est sûr que j'ai été fâché contre mon père après son départ. Après que nous avons eu quitté la maison, je suis revenu vivre assez vite dans le secteur. Je passais près de la maison à vélo, sachant que d'autres gens l'habitaient, et ça me choquait. Mais très vite, mon père et moi avons commencé à entretenir une correspondance. J'ai compris aussi que cela n'avait pas toujours été facile pour lui à cause de la consommation d'alcool de ma mère. Avec le recul, j'ai déduit qu'il était évident qu'il partirait un jour et qu'il irait vivre à l'île d'Orléans.

Votre demi-soeur Nathalie Leclerc écrivait en 2013 son désaccord avec ce projet, notamment parce que votre père aurait voulu oublier cette partie de sa vie...

Je trouve dommage qu'elle ait écrit ça, peut-être s'est-elle exprimée trop vite, parce que, moi, je ne vois que de bons souvenirs. Cette maison était souvent pleine de monde, de grands artistes y sont venus comme Jacques Brel, Raymond Devos, Michel Legrand...

Pourquoi avoir tourné le film en grande partie en noir et blanc?

C'est une façon de distinguer le passé du présent et de faire le lien avec les images d'archives. Par exemple, quand Janine Sutto évoque une chanson de mon père qui l'a beaucoup touchée, je fais suivre ses paroles d'un extrait du film Félix Leclerc, troubadour [tourné par Claude Jutra en 1958], dans lequel mon père chante la même chanson avec Monique Leyrac.

Avez-vous été rémunéré pour faire ce film?

J'ai tout fait bénévolement. Seule la caméra m'a été offerte. Ce n'était pas la meilleure qualité, mais comme elle avait un petit micro intégré et qu'elle n'était pas très lourde, cela me permettait d'être indépendant. Cela aurait été impossible de tourner avec un preneur de son au milieu des rénovations, avec tout le bruit ambiant. C'est mon ami André Desrochers qui s'est offert pour faire le montage avec moi, en collaboration avec la station de télé locale. L'Office national du film est arrivé en fin de parcours, pour la finition. Et ma fille Mélanie s'est chargée des dessins.

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