Raconter ceux qui nous ont précédés

La Sherbrookoise Nathalie Lagassé lance aujourd'hui un premier... (Spectre Média, Julien Chamberland)

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La Sherbrookoise Nathalie Lagassé lance aujourd'hui un premier roman, Tel était leur destin, inspiré du parcours de ses ancêtres.

Spectre Média, Julien Chamberland

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Karine Tremblay
La Tribune

(SHERBROOKE) Nathalie Lagassé rêvait depuis longtemps de réaliser son arbre généalogique et d'écrire un roman. « Dès l'adolescence, je lisais beaucoup. Je me disais qu'un jour, moi aussi j'écrirais. J'avais également cette envie de savoir quels étaient mes ancêtres », explique la Sherbrookoise.

Un projet à la fois : elle s'est d'abord mise en quête de ses origines lointaines. Rapidement, elle a été happée par ses recherches. Au bout d'un an, elle avait pas mal dessiné toutes les branches à son arbre. Et c'est là qu'elle a réalisé qu'elle tenait son sujet de roman.

« J'avais déjà essayé de commencer des récits, mais après quatre ou cinq pages, je n'avançais plus. Lorsque j'ai eu cette idée de raconter le parcours de mon ancêtre patronymique, je savais que j'avais une bonne histoire et que j'avais aussi le fruit de mes recherches pour nourrir ma trame. La grande majorité des faits que je rapporte sont véridiques, mais j'ai quand même romancé un peu l'histoire. »

André Mignier, le héros du livre Tel était leur destin, lancé mardi, est donc son ancêtre éloigné. Il a quitté l'Île de Ré en 1664 après avoir joint l'armée.

« Le nom du bateau qu'il a pris, les escales qu'il a faites, sa date d'arrivée en Nouvelle France : tous ces détails sont vrais et documentés. Les actes notariés ont été conservés, et il y en avait beaucoup à l'époque. On trouve vraiment plein d'infos lorsqu'on cherche en généalogie. On réalise aussi à quel point on a tous des racines communes, à quel point nos ancêtres se croisent. Les mêmes noms reviennent dans le même arbre. C'est normal : ce sont quelque 15 000 Français qui sont arrivés ici et qui sont à l'origine de la population d'aujourd'hui. »

Pour bâtir son récit, l'auteure a d'abord construit un tableau chronologique sur lequel elle a inscrit le fruit de ses nombreuses recherches. Elle a ensuite comblé les vides en usant de son imagination. Dans tout l'exercice, elle a inventé seulement trois personnages. Les autres ont tous réellement existé, à commencer par Marie Jacques, veuve qui a débarqué dans le paysage de l'Amérique en tant que Fille du Roy avant d'épouser André Mignier, avec qui elle a eu six enfants.

« J'ai imaginé que ces deux-là s'étaient aimés avant, je leur ai inventé une histoire d'amour qui commence en Europe. Mon souci, c'était toujours que tout soit plausible. »

Nathalie Lagassé a travaillé pendant quatre ans sur sa brique historique.

« Je me levais à cinq heures du matin pour écrire, je passais mes fins de semaine sur mon manuscrit », dit celle qui était auparavant gestionnaire dans une institution financière. Le passage des chiffres aux lettres a été pour elle plus qu'heureux : un deuxième tome est déjà écrit, en partie. Deux autres pourraient suivre.

« J'adore écrire. Et visiter le passé, c'est fascinant. Ça nous enseigne l'humilité, je dirais. Parce qu'il n'y avait rien d'instantané, rien de gagné pour nos ancêtres. Ceux qui s'en venaient ici, souvent, c'est qu'ils n'avaient plus rien à perdre. Ils traversaient l'océan en rêvant d'horizons meilleurs, mais ils ne savaient pas trop ce qu'ils trouveraient. La vie était bonne pour eux sur ces nouvelles terres, la religion n'avait encore pas trop d'emprise. Les nouveaux colons bûchaient fort, mais ils amélioraient leur sort. Ils passaient toute leur vie à bâtir un meilleur avenir pour leurs enfants. »

Vous voulez y aller?

Lancement mardi 5 avril, de 17 à 19 h, à la Biblairie GGC

Tel était leur destin

Nathalie Lagassé

Hurtubise

432 p

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