Bien dans la maison de Catherine

Le fait d'être enceinte jusqu'aux yeux n'a pas... (Spectre média, Julien Chamberland)

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Le fait d'être enceinte jusqu'aux yeux n'a pas empêché Catherine Major de livrer une magnifique prestation.

Spectre média, Julien Chamberland

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<p>Steve Bergeron</p>
Steve Bergeron
La Tribune

(Sherbrooke) Tendresse et intensité. Douceur et force. Eau et feu. C'est à peu près ça, la « Maison du monde » de Catherine Major. Celle que la chanteuse a couchée sur son opus 4 paru en septembre. Un univers où se côtoient les caresses, les câlins et la langueur, mais aussi la passion, la fougue et les emportements. Un univers où l'on se sent inévitablement bien.
CRITIQUE / Un peu moins de 300 personnes (assistance un peu décevante, avouons-le, devant la qualité de l'oeuvre) ont monté dans ce bateau berçant. D'autant plus berçant que la belle Catherine est enceinte jusqu'aux yeux. L'artiste a vu une inévitable coïncidence dans cette grossesse amorcée en même temps que la naissance d'un album inspiré par l'enfance, la maternité et la féminité...

« C'est ça, en fait, la maison du monde, et je ne pourrais l'exprimer mieux qu'enceinte », a résumé la musicienne, qui a gardé toute la sensualité qu'on lui connaît, mettant ses formes en évidence, le ventre à moitié découvert.

Retour au piano

Qui dit naissance dit retour aux sources, et c'est ce qu'a fait Catherine Major, en « s'embauchant » pour faire elle-même sa première partie, en piano solo. Une façon pour elle de ne pas complètement délaisser son instrument de prédilection, qu'elle n'a pas placé au centre de son dernier disque.

Une manière aussi de rapporter les chansons de ses albums précédents (Sahara, Le piano ivre, Tape dans ton dos), en refaisant au passage l'introduction d'Ourse, la rendant ascendante, elle dont les mélodies sont très souvent descendantes. Catherine donne même le coup d'envoi de la soirée avec un peu de Bach, étape quasi obligée pour quiconque apprend le piano.

On ne peut qu'applaudir ce petit coup de génie ouaté (on ne voit pas ça souvent, des chanteurs qui font leur propre première partie), qui crée une proximité immédiate. Seul bémol : les excellents arrangements de Jean Massicotte sur la chanson-titre manquaient à l'appel. En revanche, la musicienne est capable de beaucoup de force d'interprétation lorsqu'un crescendo est nécessaire.

Hommage aux petits papillons

Ces accents d'intensité reviendront régulièrement dans le concert (Vivante, Sable mouvant...), ce qui donnera une soirée en grande partie appuyée sur les contrastes, souvent rapprochés mais jamais brusques.

Au programme principal, Catherine Major, postée derrière un clavier, sera rejointe par Martin Lavallée (« celui qui fait tout ») et Maxime Halde-Audet (« celui qui fait tout le reste »), deux multi-instrumentistes de grand talent. À trois, ils ont réussi à recréer la plupart des ambiances musicales de cet album à moyenne teneur en bidouillage (seule la trompette manquait à l'appel), mais le trio a la plupart du temps joué en direct, s'aidant de très peu de boucles ou de bandes préenregistrées.

Cela a aussi donné des couleurs inattendues, tel le pedal steel rendant Nos délicats encore plus country. Ainsi flanquée d'une telle paire d'as, Catherine Major a bénéficié de quelques moments où elle n'avait qu'à chanter et tenir le micro, ce qui lui permettait de mieux contrôler sa voix.

Catherine Major ne manque jamais d'humour, avouant au public sa jalousie de les voir boire du vin, se moquant de ses trous de mémoire, tournant les petits pépins techniques en dérision, racontant une anecdote savoureuse sur la rime qui ne fonctionnait pas dans le texte offert par Richard Desjardins (Black Jack).

Cette chanson a d'ailleurs suscité parmi les plus fortes acclamations de la salle, de même que cette nouvelle pièce sur forme sonate (Le feu), passion liquide commandée par le violoniste sherbrookois Philippe Dunnigan. L'auditoire aurait quand même pu être bien plus généreux en applaudissements.

Il faut saluer le travail d'éclairage de Jean-François Couture, surtout le petit éclair de génie d'avoir suspendu plein de petites « lucioles » au-dessus de la scène. Un immanquable clin d'oeil à la chanson La luciole, en hommage aux « petits papillons » qui n'ont pas eu la chance de prendre leur envol...

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