FATIMA : Mère courage

Nesrine (Zita Hanrot), l'aînée de Fatima (Soria Zeroual),... (FilmOption International)

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Nesrine (Zita Hanrot), l'aînée de Fatima (Soria Zeroual), ressent une énorme peur de l'échec après que sa mère eut vendu ses bijoux pour payer ses études en médecine.

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Le SoleilÉric Moreault 3/5

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(Québec) Drame, réalisé par Philippe Faucon
Avec Soria Zeroual, Zita Hanrot et Kenza Noah Aïche.

Fatima s'inscrit dans la veine du réalisme social à la Ken Loach : sans artifice, naturaliste, humaniste et avec un parti pris pour les laissés pour compte. Dans ce cas-ci, ces immigrants sans histoire prêts à tous les efforts pour s'intégrer à leur société d'accueil. La chose a plutôt bien réussi à Philippe Faucon : le Louis-Delluc 2015, remis au meilleur film français de l'année, ainsi que le César du meilleur film et celui de la meilleure adaptation récoltés en février dernier. C'est mérité.

Fatima, c'est d'abord l'histoire d'un choc culturel. De l'Algérie à Lyon, il y a un monde pour Fatima (Soria Zeroual), une quadragénaire qui fait des ménages pour maintenir à flot sa famille monoparentale. Mais c'est surtout un choc générationnel entre cette mère courage et ses deux filles déjà Françaises à bien des égards.

Tout le monde peut s'identifier aux espoirs de Fatima de léguer une vie meilleure à Nesrine (Zita Hanrot), 18 ans, qui entreprend ses études en médecine, et à Souad (Kenza Noah Aïche), 15 ans, adolescente en révolte qui a honte de sa mère et la méprise.

Tout va trop vite pour Fatima, qui est aussi handicapée par sa faible capacité à parler français, une forme d'incommunicabilité qui se répercute sur les relations qu'elle entretient avec sa progéniture. Cette femme fière et digne regrette son manque d'éducation qui l'empêche d'exprimer sa pensée. En arrêt maladie, elle prend la plume pour leur dire, avec ses mots, en arabe, ce qu'elle a sur le coeur.

Dynamique malsaine

Le film, basé sur deux récits de Fatima Elayoubi, va s'attarder à cette dynamique malsaine et à ses répercussions sur chacun des personnages. La détresse de Fatima, la hargne de Souad, mais aussi l'énorme peur de l'échec que vit Nesrine après que sa mère eut vendu ses bijoux pour payer ses études...

En résulte un long métrage terriblement réaliste et poignant que Faucon (La désintégration) filme la plupart du temps en plans fixes, proches mais pas trop, s'effaçant devant le propos pour mieux diriger ses actrices.

Résultat : Zita Hanrot a décroché le César du meilleur espoir féminin et Soria Zeroual a obtenu une nomination pour le César de la meilleure actrice. Pas mal pour une non professionnelle qui était en compétition avec Deneuve et Huppert. Vrai qu'elle joue pratiquement son propre rôle. N'empêche.

Fatima est un long métrage intimiste qui respire la vie, qui parle de solidarité, d'amour filial, de persévérance dans l'adversité et qui, surtout, évite les clichés habituels sur l'immigration. Une oeuvre sincère et pleine d'humanité qui se concentre sur l'essentiel. Bref, un film qui fait du bien.

Vous voulez y aller?

Jeudi 7 avril, 18 h 30, Maison du cinéma

Dimanche 10 avril (Ciné-brunch), 10 h, Le Parvis

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