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Des aînés se racontent... Sans scrupule

Comédien, auteur et metteur en scène, Nathaniel Allaire-Sévigny... (Photo Spectre Média, Frédéric Côté)

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Comédien, auteur et metteur en scène, Nathaniel Allaire-Sévigny anime des ateliers de théâtre auprès des aînés. Avec eux et à partir de leur vision du monde, il a bâti la création Sans scrupule, présentée samedi au Centre des arts de la scène Jean-Besré.

Photo Spectre Média, Frédéric Côté

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Karine Tremblay
La Tribune

Ils sont huit, ils ont 58 ans ou bien 70. Et ils ont des choses à dire. Le Théâtre des Petites Lanternes a donc pensé leur prêter le micro, la plume et la scène. En partenariat avec Sercovie, la compagnie théâtrale sherbrookoise offre depuis deux ans des ateliers aux aînés, où les participants se racontent et se dévoilent un peu, beaucoup, très sincèrement.

Comédien, auteur et metteur en scène diplômé en enseignement de l'École supérieure de théâtre de l'UQAM, Nathaniel Allaire-Sévigny les accompagne depuis le début. « Très vite, à peu près tous mes préjugés sont tombés. Même quand on est quelqu'un d'ouvert, on finit par se faire des constructions sociales. Le groupe à qui j'enseigne est aux antipodes des clichés normalement associés aux gens plus âgés. Il est composé de gens accomplis, actifs et engagés dans leur milieu. Ils s'intéressent à plein de choses, ils sont des vecteurs de changements sociaux. »

En un mot, ils sont inspirants.

« Ils m'ont apporté beaucoup. Ils m'ont rassuré, en fait. À leur contact, j'ai réalisé que ça pouvait être le fun de vieillir. Que ça pouvait bien se faire. »

Au fil des ateliers hebdomadaires, il a recueilli leurs témoignages, leurs histoires, leur parole. Avec cette matière riche, il a tricoté la création Sans scrupule, que présente cet après-midi la petite troupe de théâtre amateur.

« L'atelier-laboratoire s'intitule ainsi parce qu'ils ont embarqué dans ce projet en osant nommer les choses, en disant tout. »

Aînés en danger

En huit tableaux, la pièce explore avec humour, profondeur et émotion les préoccupations qui ont émergé en cours de création. Sexualité, legs, vie active, famille, environnement : le spectre est large. Et les idées reçues n'ont pas leur place.

« Ils ont su se mettre en danger. Parce qu'il faut cultiver un certain goût du risque pour se lancer dans le théâtre quand on n'en a jamais fait auparavant, comme certains », dit celui qui affectionne ce type de théâtre engagé et citoyen.

« Je ne peux pas concevoir l'art isolément. En théâtre, on dit qu'il faut parler aux gens. En théâtre social, on avance plutôt qu'il faut laisser parler les gens. »

Et il faut leur tendre l'oreille.

« Le pouvoir gris, c'est une force vive. Je crois beaucoup à l'apport des aînés à la société. Ils ont tout un bagage d'expériences, souvent doublé d'une grande sagesse. Il savent faire ce petit pas de recul avant de porter un jugement, par exemple. Collectivement, on gagnerait à leur faire plus de place. »

Lui qui enseigne aussi depuis neuf ans à l'école secondaire La Ruche de Magog a d'ailleurs favorisé la rencontre entre ses deux générations d'élèves, que séparent quatre ou cinq décennies.

« Ça a donné de beaux échanges. Les élèves sont venus voir la pièce l'an passé. Ils reviennent assister à cette nouvelle création. Et ils ont hâte. Après la représentation, il y a un échange, un dialogue.»

Celui-ci est aussi ouvert au public.

Vous voulez y aller?

Sans scrupule

Samedi, 14 h

Centre Jean-Besré

Entrée : 10$

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